Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Rosh Hachana, la couture entre deux années et le temps

Pourquoi Rosh Hachana précède Kippour : les dix jours hors du temps, l'écoute du chofar et la sortie d'Égypte.

46 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Roch Hachana : se couronner roi, de la techouva au zikhronot, 2 h 17

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous sommes à la couture entre deux années. Vous savez que le peuple d'Israël aime bien travailler sur les coutures. Nous avons tous un cousin, un oncle, un grand-père qui était tailleur. Et en réalité, la couture, c'est celle qui fait le lien, mais qui s'est aussi différenciée, distinguée entre deux degrés différents. Rosh Hachana, c'est le début d'une année, c'est la tête d'une année.

C'est très bizarre, parce que dix jours après le début de l'année, on va vivre un jour, Kippour, qui traite de la techouva de l'année précédente. Et moi, je ne comprends pas. Normalement, on aurait dû dire Kippour qui termine l'année, et je commence une année nouvelle avec Rosh Hachana.

Comment se fait-il que Rosh Hachana précède Kippour ? Ce n'est pas logique. Rosh Hachana, c'est le début d'une année nouvelle. Kippour, c'est la techouva d'une année ancienne. Cette question a été posée par le Chla HaKadoch, le Rav Horowitz, un des grands kabbalistes de notre peuple. Il nous a expliqué tout simplement que ni Rosh Hachana, ni les dix jours entre Rosh Hachana et Kippour, ni Kippour lui-même n'appartiennent à la notion de temps.

Autrement dit, nous sommes dans un élément qui précède le temps. Et dans cet élément qui précède le temps, se cachent tous les temps. D'ailleurs, la valeur numérique du mot Chana, qui introduit la notion de temps, c'est 355, alors que l'année contient 365 jours. Moralité, nous avons 365 moins Chana, 355: il reste 10 jours qui ne font pas partie du temps. Et c'est parce qu'ils ne font pas partie du temps que tu peux, à l'intérieur de ces jours-là, en utilisant ces jours-là, dominer tous les temps.

Car si un jour appartient déjà au temps, il est limité, il est lui-même un temps parmi d'autres. Comment puis-je donc corriger, réparer, faire quelque chose qui soit pour l'année prochaine ou pour l'année précédente, si je suis déjà inclus dans un système temporel ? C'est impossible. Je suis obligé d'être élevé au-dessus du temps pour pouvoir arranger tous les tiroirs du temps.

Les dix jours en question, qui sont en réalité deux jours de Rosh Hachana, un jour de Kippour et sept jours au milieu, cet ensemble-là, c'est en réalité une mesure qui est au-delà de notre entendement. Et c'est dans cette mesure-là, au début de cette mesure-là, qu'on me demande de faire quelque chose. On me demande d'entendre. On me demande d'écouter.

Il y a une seule mitsva à Rosh Hachana. Il n'y a aucune mitsva d'aller à la synagogue. Il n'y a aucune mitsva de faire tout ce qu'on fait aujourd'hui. C'est autour d'un seul degré. Et ce degré vient nous enseigner qu'avant tout ce que tu fais dans ta vie, il faut que tu entendes.

Mais entendre quoi ? Normalement, on a l'habitude d'entendre des sons. On a l'habitude d'entendre des paroles. On a l'habitude d'entendre des musiques, des mélodies. Eh bien, là, on nous demande d'entendre quelque chose qui ne fait pas partie de ces catégories. On ne nous demande pas d'entendre, comme vous traduisez en français, le son du chofar. En hébreu, le son se dit tselil.

Or, on n'a jamais eu une mitsva d'entendre le son du tselil. On a une autre mitsva, c'est d'entendre la voix du chofar, kol. Rabotaï, il y a ici un secret énorme. La voix du chofar, et en français, on peut jouer un petit peu sur les mots: ce n'est pas seulement la V-O-I-X, mais la V-O-I-E. Et je préfère encore la V-O-I-E.

Parce qu'en réalité, on nous demande de savoir, d'entendre à nouveau, de réécouter, d'être à l'écoute, d'être disponible à ce que je suis au départ. J'ai oublié. J'ai oublié. Le temps nous fait oublier qui nous sommes. Le temps nous fait oublier notre essence. Le temps ne nous permet pas de nous rendre disponibles à l'écoute.

Et la première fois que D.ieu demande à l'homme véritablement une question, qui est une question rhétorique, après sa faute, dans le jardin d'Éden, D.ieu dit à Adam, Ayé'ka. Et la traduction en français, c'est « Où es-tu ? » Pas du tout. Où en es-tu ? Toi, dans ta vie.

Les initiales de Ayé'ka, c'est Anokhi yodéa kol hanistarot. Moi, l'Éternel, je connais tout, tous les secrets. Je n'ai même pas besoin que tu me répondes. Je te pose une question pour que toi, tu saches ta place dans l'univers que je viens de créer. Quelle est ta place dans tout ce système ? Connais-tu ta source profonde ? Est-ce que tu entends la voix de ton être ?

De ton essence, le chofar va sortir des sons. On va entendre des sons, mais ce ne sont pas les sons qui sont importants. C'est l'unité cachée à l'intérieur de ces sons. Car combien de sons nous avons, en résumé ? Il y a un son continu: un. Trois sons coupés: trois. Trois plus un. Neuf sons, encore plus entrecoupés. Neuf plus quatre, treize. C'est tout ce que nous avons.

Or, treize, c'est l'unité, c'est Ehad. On nous demande, dans la sonnerie du chofar, d'entendre l'unité qui a précédé tous les mouvements de ce monde et toutes les parties, tous les détails sortis de ce grand tout. Exactement comme on nous demande, Chéma Israël, Adonaï Eloheinou, Adonaï Ehad. Est-ce que tu es capable d'entendre le un dans ton monde binaire ? Difficile, hein ?

Ahat dibér Elohim, chtayim zou chamati. Car lorsque l'Éternel, l'infini, béni soit-Il, qui lui est dans l'unité parfaite, par excellence, parle, il parle avec cette unité. Et donc, sa parole, c'est quoi exactement ? Vous croyez qu'il parle comme dans vos films ? « Je suis l'Éternel, ton D.ieu. » Sa parole, c'est le chofar.

Moché yedabèr, Moïse parle, parce qu'il découpe les mots. C'est ce qu'on appelle un dibour. Et le verset nous dit: l'Éternel lui répond à Moïse avec cette fameuse voix du chofar. Quand j'entends le chofar, je dois entendre la parole de l'unité divine, du Ehad. Et regardez l'intelligence de la Torah. Elle nous dit effectivement que nous sommes dans un monde binaire.

La Torah, n'oubliez pas, commence par la lettre Beth, qui est l'introduction même du binaire. Comment je fais pour entendre, dans ce monde binaire, l'unité divine ? J'ai deux oreilles, c'est bizarre. Par ces deux oreilles, en stéréophonie, on me demande d'entendre le un.

Rabotaï, Rosh Hachana, ce n'est pas sonner dans des trompettes. Ce n'est pas faire entendre des bruits. Ah, il a bien sonné, il a moins bien sonné. C'est d'entendre le son qui est à l'intérieur de vous continuellement. Le son de l'extérieur n'est qu'un prétexte. C'est un aimant pour aimanter le son qui est à l'intérieur de chacun d'entre nous.

Lorsqu'on sonne à l'extérieur le chofar, c'est pour réveiller, en fait, rencontrer en toi, en fait, la propre voix qui t'anime, le divin qui est en toi, pour que tu saches où tu es dans ta vie, à qui tu appartiens, à quelle histoire tu appartiens.

Et la question qui se pose: est-ce que l'homme véritablement est aussi important que cela ? La réponse est oui. Et je vais vous donner la preuve. Dans *Avot de …

Cours de Machon Meir

Dans la même série

Cours sur Roch Hachana, le shofar et la royauté.

  1. 2
    Shana Tova et la pieté : revenir à Erets Israël
    Le chofar de Roch Hachana appelle au retour : reconnaître la faute ne suffit pas, il faut revenir sur la terre.
    15 min
  2. 3
    Rosh Hashana, Aliyah et l’Unité du Peuple Juif
    1 h 05
  3. 4
    Shofar : L'Appel Universel à la Réunion de l'Humanité
    23 min
  4. 5
    Hayom harat olam : le monde conçu à Roch Hachana
    Pourquoi la prière de Roch Hachana parle d'une conception du monde, et non de sa création, et ce que cela change.
    1 h 14
  5. 6
    Rosh Hachana, la couture entre deux années et le temps
    Pourquoi Rosh Hachana précède Kippour : les dix jours hors du temps, l'écoute du chofar et la sortie d'Égypte.
    En cours de lecture
  6. 7
    Roch Hachana : se couronner roi, de la techouva au zikhronot
    Pourquoi le shofar et les dix versets de royauté ouvrent Roch Hachana, et ce qui s'y joue pour l'année entière.
    2 h 17
  7. 8
    Rosh Hachana et la joie du jour de jugement
    Pourquoi la Torah demande d'être joyeux à Rosh Hachana, jour où Hachem juge, selon Rambam et Rambane.
    2 h 18
  8. 9
    Rosh Hachana, anniversaire de l'homme et du monde vivant
    Pourquoi Rosh Hachana fête l'apparition de l'homme plutôt que la création du temps, et ce que cela implique.
    5 min
  9. 10
    La fête de Rosh Hashana l'avant et l'après de la nouvelle année du peuple juif
    3 min
  10. 11
    Le son du shofar : pourquoi entend-on une voix
    Pourquoi le shofar est un kol et non un simple son, et ce que traduisent tekia, chevarim et teroua.
    3 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav