Amalek, la guerre contre l'idée de peuple
Pourim, Amalek et la menace d'effacer la notion de peuple juif, sans terre ni appartenance commune.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Pourim, la lumière cachée dans l'histoire, 4 min
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Chalom ouvrakha. Nous avons dit que la klipa, l'écorce qui précède la fête de Pourim, qui accompagne la fête de Pourim, qui vient justement éteindre la lumière de Pourim, c'est la klipa de Amalek. Écoutez bien: dans le mot Amalek, vous avez avant tout le mot Am, c'est-à-dire le peuple. Je veux dire par là que Amalek a une force bien précise. Elle est secrète.
Vous avez l'impression qu'il s'agit d'un nom, Amalek. On aurait pu l'appeler Tartampion. Pas du tout. Amalek vient nous dire que le problème, c'est lorsque le peuple d'Israël a oublié qu'il était un peuple. Amalek: Lek veut dire sucer le sang de Am, comme le dit la Guemara. Amalek, c'est-à-dire ceux qui enlèvent la notion de peuple au peuple d'Israël,
et en fait, Chas véchalom, de ce peuple, un ensemble de Juifs, un ensemble d'individus qui ont la même religion. Ça, c'est l'erreur, la plus grande erreur. Amalek, c'est en réalité une idéologie qui nous fait croire que nous sommes des Juifs indépendants les uns des autres, que nous ne sommes pas un peuple. Et ça, c'est le plus grand des dangers. Haman, dans la Meguila,
commence son discours: Yèch am ehad mefouzar oumefoured. Il était un jour un peuple, mais maintenant il est éparpillé. Il n'habite plus sur sa terre. Il est sorti en exil. C'est un ensemble de Juifs qui ont monté des communautés. L'une d'entre elles, c'est la communauté de Chouchan, de Suse. Là-bas, les Juifs n'arrêtent pas de suzer. Et ça, c'est le problème, Rabotaï.
Ceux qui ne comprennent pas que la première guerre de Pourim, c'est justement de combattre Amalek, qui veut annuler la notion de peuple. Or les sages nous fixent une règle: Ein am belo Erets. Il n'y a pas de peuple s'il n'y a pas de terre. Alors je me demande comment nous pouvons fêter la fête de Pourim en dehors de Erets Israël et croire qu'on fait la fête.
Avec toutes les halakhot, certes, on va lire la Meguila, certes, on va jeûner la veille de Pourim, certes, on va donner même de l'argent, certes, on va même donner des repas aux pauvres. Mais qu'en est-il de l'essentiel ? Qu'en est-il du peuple d'Israël sur sa terre ? Qu'en est-il de la raison pour laquelle nous avons failli disparaître, Chas véchalom ? Avez-vous pensé à ce degré ? Bien, ça, c'est le danger de Pourim.
C'est que le yetser hara nous fait entrer dans une fête pour se déguiser, pour boire du vin, pour faire une belle seouda. Mais on a oublié l'essence. Pourim est une fête très sérieuse. Pourim est une fête qui nous ramène à la pensée de la Gueoula. Ce jour-là se dévoile dans le monde un degré énorme de lumière. Et ceux qui ne comprennent pas ce degré,
Amalek, c'est une force qui nous refroidit.
Quand on a décidé un jour de sortir de son Égypte, peu importe où se trouve cet Égypte, aux États-Unis, en France ou en Espagne, pour monter en Israël, eh bien, si vous vous êtes endormis, refroidis en route, eh bien, Chas véchalom, Amalek, c'est lui qui a causé ce dégât. Acher karcha ba-derekh, vayezanev bekha. Et il t'a pris par derrière, dans des endroits bas.
Vekhol hamechechalim. Et jusqu'au moment où tu deviendras, à cause de lui, ayef véyagué'a, fatigué, tu n'arrives plus à avancer. Tu as l'impression que tu es dans une colle qui t'empêche d'avancer et de réaliser ce que le peuple juif doit réaliser: quitter son exil pour monter sur sa terre, redevenir le peuple qu'il est à l'origine, au premier degré, pour réaliser les valeurs d'Hachem dans ce monde.
Ça, c'est la fête de Pourim. Toda rabba.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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