La peur et la techouva selon le Rav Kook
Pourquoi la peur de ne pas réussir sa techouva est illusoire, et comment la douleur du repentir devient source de vie.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Techouva supérieure et techouva inférieure selon le Rav Kook, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Ok, au revoir. Alors, shalom, shalom à tout le monde. Quel plaisir de vous retrouver. Je suis toujours précis, enfin j'espère. La semaine dernière, Rav, il y a eu un problème apparemment dans tout le Zoom, c'est pour ça qu'on a perdu le texte, on ne pouvait pas le partager. Maintenant, on va reprendre, mais tout va bien. C'est extraordinaire. Je trouve ça absolument splendide et merveilleux. Eh bien, puisque c'est comme ça, nous allons te faire confiance, bien que le texte n'apparaisse pas pour l'instant.
Nous sommes toujours dans Orot HaTechouva, au chapitre Tedzaïm, à la lettre Beth, Beth, Beth. Une seconde, je mets un peu la place là, pour que ce soit plus facile. Voilà, voilà, voilà. C'est très bien. C'est un chapitre particulièrement plein de profondeur, en vérité, le chapitre Tedzaïm.
On a étudié la semaine dernière la théorie fondamentale de la techouva, comment la techouva fonctionne, comment elle peut transformer un péché en une mitsva, à la limite. Et là, nous avons quelques petits passages qui parlent de la frayeur. C'est quoi, la frayeur ? La frayeur qu'on peut ressentir par rapport à l'impossibilité qu'on ressent de faire techouva.
Le Rav Kook va prendre cela à un niveau quasi cosmique. Voyons donc. « Marchakeh HaHavaya, Aloufim Hem Bifradeh Shav ». Les obscurités du cos… les obscurités cosmiques. « Marchakeh HaHavaya », c'est-à-dire l'obscurité qu'il y a dans le monde. « Aloufim Hem Bifradeh Shav »: ces ténèbres sont enveloppées de frayeur vaine.
Ce que dit le Rav, c'est que la frayeur ne sert à rien. En fait, c'est même une illusion. « Che ma'aflehem itpachtim b'nishmot ayachid vatsibou »: dont les obscurités s'étendent et s'épanchent dans les âmes individuelles et collectives. « B'nefesh haolam », dans l'âme du monde.
Dans ce qui est lié à la pression de lois oppressantes qui empêchent la liberté véritable. De quoi s'agit-il ? Il y a toutes sortes de peurs. Nous avons peur.
Nous avons peur au niveau individuel, au niveau de la collectivité humaine, et l'âme du monde a également peur. Cette idée de l'âme du monde est une idée kabbalistique, on la trouve un peu dans d'autres systèmes également: non seulement il y a une âme pour chaque individu, il y a même une âme pour la collectivité, et il y aurait également une âme du monde. Et toutes ces âmes, individuelles, collectives et cosmiques, eh bien elles ont peur.
Elles ont peur, les âmes. De quoi ont-elles peur ? Là, le Rav rentre dans le détail. « Baal Techouva Mefahed », celui qui fait techouva a peur. « Cheh avonotav paribdouhou », que ses péchés l'ont déjà perdu. « Veshetikvato kvarafsa », et que son espoir est nul. « Ve'eneno yodea », il ne sait pas. Je parle ici du Baal Techouva qui a peur que sa techouva soit inefficace. « Eno yodea chebetor pachado ».
Que dans l'intériorité de sa peur, dans le sein de sa peur, « Kvar kol orot atzalato munachim hem bignizatam »: toutes les lumières de son sauvetage sont déjà déposées en secret. C'est-à-dire: j'ai peur que ma techouva soit inefficace, et cette peur est l'enveloppe de la délivrance assurée.
Dès qu'on comprend qu'il ne faut pas avoir peur, eh bien on n'a plus peur. La terre aussi a eu peur. Elle n'a pas fait pousser l'arbre dans sa plénitude, de sorte que son goût soit équivalent au goût du fruit. Ça, c'est un texte de la Guemara et du Midrash également, qui dit que…
Dans le livre de Béréchit, nous avons une différence entre le projet de la création des végétaux et la réalisation de cette même création. Dans le projet, la Torah nous dit que la terre suscite un arbre-fruit qui donne des fruits. Qu'est-ce qu'un arbre-fruit qui donne des fruits ? C'est un arbre qui a le goût du fruit.
Et dans la réalisation, il est écrit que la terre, « patotse arets etz oseperi », a fait sortir un arbre qui donne des fruits. Mais l'arbre lui-même n'est plus fruit. Ça veut dire quoi ? Le fruit, c'est le but. L'arbre, c'est le moyen: pour arriver à un fruit, vous avez besoin d'un arbre, mais l'arbre n'est qu'un moyen. Dans un monde idéal, il n'y a plus de différence entre le moyen et le but.
C'était cette audace que la terre aurait dû avoir. Or, elle ne l'a pas eue. Il n'y a eu que des arbres qui donnent des fruits. Donc, elle a eu peur. Interprétation intéressante du Rav. Qu'est-ce que le péché de la terre dont parlent les Hachamim ? « Pahadah HaLevanah »: la lune a eu peur. « Mipené HaYit Haru »: à cause de la rivalité
Entre deux rois qui se servent de la même couronne. Là encore, c'est un texte de la Guemara, dans le traité de Houline, page 60b, où la Guemara pose la question d'une contradiction entre deux versets de Béréchit. Dans la création des luminaires, il est dit dans la Torah que Dieu a voulu qu'il y ait deux grands luminaires: « Cheneh Meorot Gedolim ». Qu'il y ait donc deux grands luminaires, cela veut dire que la lune et le soleil devraient donner la même lumière.
Mais dans la réalisation, la Torah raconte qu'il y a un grand luminaire et un petit luminaire: « Maor Gadol, Maor Katan ». Ce qui veut dire qu'il y a eu un problème. Le problème, dans la Guemara, c'est que la lune s'est plainte devant Dieu et a dit: comment deux rois peuvent-ils se servir de la même couronne ?
C'est un passage quelque peu humoristique, parce que la Torah raconte que Dieu a dit à la lune: tu as raison, réduis ta lumière. Évidemment, elle n'est pas contente. La lune aurait voulu briller, elle, et que le soleil soit moins brillant. Et cela pose tout le problème de la hiérarchie dans le monde. Il y a une frustration du fait que, dans le monde, il y a une hiérarchie. Mais tout cela est le fruit de la peur de l'absolu.
« Fakhadou Kola Olam Azeh »: tout ce monde, notre monde à nous, le Olam Azeh, dans son ensemble, a peur. Pourquoi a-t-il peur ? « Mipneu Fa'ato She'la Olam Aba Ne'edar Ba Kodesh »: de l'apparition du monde à venir dans sa puissance de sainteté. C'est-à-dire que le Olam Azeh, ce monde-ci, doit amener au Olam Aba, contrairement à la conception qui dirait qu'il y a…
…le monde d'en bas et l'autre monde, l'au-delà. Il y a souvent une insistance chez le Rav sur le fait qu'il existe une solution de continuité entre les deux mondes. Notre monde est le préambule du monde à venir. Un préambule et une salle appartiennent au même bâtiment. Ce qui veut dire que le Olam Azeh prépare le Olam Aba, mais il y a toujours une peur.
C'est un peu la peur que ressent, par exemple, toute personne qui passe d'une phase à l'autre de son existence: de l'enfance à l'adolescence, de l'adolescence à l'âge adulte, de l'âge adulte à la vieillesse, de la vieillesse à …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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