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Le Kuzari, les philosophes et la question de la création

Le roi des Khazars oppose la création ex nihilo à l'éternité de la matière, et la sagesse qui vient de l'écoute du divin.

40 min

Rav David Partouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chavouot tov à tous. On va continuer là où on s'était arrêtés, au Samekh Bet, à Maamar Kouzari. On est après que le roi des Khazars a posé des questions sur l'Inde et sur leur compte des années: c'étaient 100 000 ans, 200 000 ans, depuis que l'histoire du monde a commencé. Contrairement aux Juifs, qui affirment 5782 ans depuis la création de l'homme, du premier homme. Ce ne sont pas des preuves qui seront acceptées dans le sens de l'université, mais tout le monde est d'accord: les traditions sont un peu confuses, il y a peu de livres, peu de transmission sur ce sujet, qui nous permettrait d'affirmer que c'est la pure vérité.

Qu'est-ce qui se cache derrière la différence entre nous, le Am Yisraël, qui affirmons d'après la Torah que la création du premier homme a eu lieu il y a 5782 ans ? C'est cette chose très importante: d'après nous, d'après la Torah, l'histoire dure 6 000 ans. Que veut dire que l'histoire dure 6 000 ans ? Cela veut dire que l'histoire est relativement courte. Une action que nous faisons, par exemple la sortie d'Égypte, a des conséquences: on ressent encore les conséquences de la sortie d'Égypte à notre génération.

L'histoire qui s'est passée pendant ces 6 000 ans, c'est une histoire où l'on profite encore de ce qui s'est passé il y a 1 000 ans, 1 500 ans, 2 000 ans. Regardez par exemple ce qui s'est passé il y a 2 000 ans: on vit le fait d'être partis en galout, en exil. Pourtant, 2 000 ans, c'est terriblement long. Mais d'un autre côté, c'est une histoire relativement courte, contrairement à 100 000 ans, 200 000 ans.

Si l'histoire des hommes durait plus de 6 000 ans, on aurait l'impression que l'action de l'homme pour faire grandir ce monde serait sans action, sans aucune utilité. Pourquoi ? Parce qu'en 100 000 ans, le monde peut changer et se transformer. Le peu de bien que j'ai pu apporter dans ce monde ne va pas faire avancer le monde, mais sur une courte durée, et ne va pas laisser son empreinte sur cette longue période de l'histoire de l'humanité. Donc, quand la Torah nous dit que l'histoire du monde, telle qu'on la connaît aujourd'hui, c'est 6 000 ans, cela nous donne l'espoir de faire quelque chose, et que cette action va perdurer. Est-ce que c'est clair, pourquoi il est si important d'affirmer que notre histoire est courte, de 6 000 ans ?

Et là, le roi des Khazars demande: est-ce que c'est mort ? D'accord, dis-moi.

D'accord, je suis d'accord: on a parlé de ce peuple-là, d'un des pays lointains où il n'y a pas d'avis fixe et où les choses sont très difficiles à vérifier. Bien, tu as bien parlé, c'est-à-dire que je peux comprendre la réponse que tu m'as donnée. Maintenant, on est toujours dans le compte des années. Qu'est-ce que tu peux dire au sujet des philosophes ? Le compte des philosophes est différent.

Eux, ce sont des personnes réfléchies, qui utilisent leur intellect pour analyser chaque chose, dans tous les détails, de manière très précise. Le philosophe du Kuzari, vous comprenez bien qu'on parle du scientifique d'aujourd'hui: ce sont des hommes qui, au nom de la science, veulent chercher la vérité, ou veulent comprendre les phénomènes et donner une explication englobante qui s'approcherait de la vérité par rapport aux différents phénomènes qui nous entourent.

Là, tu vois que toi, le Haver, toi, le rabbin, tu as une difficulté par rapport à l'une des affirmations. D'après les scientifiques, il y a ce qu'on appelle... C'est quoi, l'expression pour dire que le monde... C'est-à-dire que le monde a toujours existé. Le monde a toujours existé. Il n'y a jamais eu un moment où il n'y avait rien et où Hachem a décidé de créer le monde. Ça n'existe pas d'après les scientifiques. D'après les scientifiques, il y a toujours eu de la matière. Quand on parle de « le monde a toujours existé », ce n'est pas le monde tel qu'on le connaît aujourd'hui: c'est la matière qui a toujours existé. Il n'y a pas de Béria. Il n'y a pas de Béria.

Qu'est-ce que ça veut dire, il n'y a pas de Béria ? Il n'y a pas de création. Il n'y a pas de création. Exactement. Il n'y a pas quelque chose qui est sorti de rien, ex nihilo, qui sort à partir du néant. Ça n'existe pas chez nous. Non. Qui dit ça ? Les scientifiques. Tu me dis qu'en Inde ou dans les pays lointains, il y a des traditions peu exactes ou difficiles à vérifier. Mais là, tu dois écouter ce que disent les scientifiques. Toi, tu cherches le hémètre. Toi, tu mets en avant l'étude. Les philosophes, eux, ce sont des personnes, on ne peut pas dire beaucoup de choses sur les philosophes, mais ils ont une rectitude au niveau de la pensée. Et donc, qu'est-ce que tu dis face aux philosophes ?

Et eux, contrairement à l'Inde, ce n'est pas 100 000 ans, ce n'est pas 200 000 ans. C'est combien ? C'est une chose qui n'a pas de fin. C'est-à-dire que si on parle d'aujourd'hui, l'apparition de la première bactérie, d'après les scientifiques, date de 14 milliards d'années. Et lorsqu'on leur demande: mais d'où vient cette bactérie ? Ils disent: laissez-nous le temps de découvrir. Maintenant, entre nous, c'est quelque chose d'extraordinaire. Regardez l'intellect humain, le cerveau humain, regardez cette force qu'il a d'arriver à découvrir ce qui s'est passé il

y a 14 milliards d'années. C'est quelque chose d'assez exceptionnel. La force de réflexion et de développement du cerveau, c'est quand même ce que le Saint béni soit-Il nous a beaucoup donné. Mais arriver à découvrir la première bactérie de 14 milliards d'années, il y a des personnes qui ne se rappellent pas ce qu'elles ont fait hier. Eux, ils se rappellent comment le monde a évolué depuis 14 milliards d'années, ce qui est quelque chose d'assez exceptionnel.

Maintenant, donc, le Kuzari appelle le Haver à répondre. On est en train de réfléchir. Vous vous rappelez, dans le Kuzari, c'est marqué entre les lignes ? Mais lui, il met en avant le sèchel. Pourquoi c'est marqué entre les lignes ? Parce qu'il a commencé par l'avoda zara, l'idolâtrie, le rêve, etc. Mais il a du mal par rapport à ça. Lui, il veut comprendre des choses au niveau de l'intellect. Et Rabbi Yehouda HaLevi le sort de là: l'intellect n'est qu'un moyen, mais n'est pas un but.

Je vous donne, par rapport aux générations, une image qui n'est peut-être pas très précise, mais c'est comme si notre grand-mère, qui était pleine d'émouna, pleine de croyances, non pas de croyances, de confiance avec le divin, de proximité avec le divin, d'une relation divine très, très intime. Et nous, nous arrivons au nom de la science, au nom de ce qu'on a étudié à l'université, au nom des connaissances d'aujourd'hui: dans le ciel il y a Mars, Jupiter, Neptune, etc. Ces connaissances, on a l'impression qu'elles viennent contredire cette émouna, cette relation …

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