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L'origine des langues selon le Kouzari

Rabbi Yehouda HaLevi réfute l'idée que les langues naissent d'une convention humaine, et y voit une source divine.

39 min

Rav David Partouche

Ensuite : Le langage et la semaine de sept jours, des signes du divin, 46 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## La question de Rabbi Yehouda Lévi

Ok, alors j'ai le texte là, je vais vous le faire participer, et on y va. Donc on est à Nun Gimel, sur les léchonot. Attendez, je vais faire monter. Voilà. Amar haver, amar haver. Donc, haver dit:

Ata — c'est le rabbin, Rabbi Yehouda Lévi, qui pose la question au Mélèkh des Khazars. Ata roé, chalechonot gdoumot énlahem trilah. Là, Rabbi Yehouda Lévi va poser la question au roi de Khazarie: est-ce que la langue de chaque pays, la langue de chaque nation, c'est-à-dire que chaque nation a une langue particulière, est-ce que la langue de chaque pays est une langue

Gdoumot en la mtechoula, c'est-à-dire qu'on ne connaît pas le début, on ne sait pas quand ça a commencé. Mais est-il clair qu'il y a eu un commencement ? C'est-à-dire qu'il y a eu un commencement unique, et que ça s'est développé: il y a eu une hitpatroute, il y a eu une évolution de la langue dans chaque pays, dans chaque nation, et c'est ce qui a donné les langues qu'on connaît aujourd'hui, de chaque nation, avec sa particularité, avec ses règles de grammaire, etc.

Donc Rabbi Yehouda Lévi pose la question au roi des Khazars: d'après toi, les langues de toutes les nations ont-elles un début, un commencement, qui a évolué au fil des années ? Et là, le roi des Khazars répond. Amar haKouzari: awal em khadachot mouskam alehem. Il dit non. Il dit: elles sont nouvelles.

Sous-entendu: mouskam. Mouskam, ça veut dire, euh, on est d'accord, c'est-à-dire que des hommes se sont assis et sont tombés d'accord sur la manière dont il faudra parler. Chaque nation s'est réunie, les gens de la nation, et ont commencé à décider, à créer la grammaire, à créer les mots de vocabulaire, à créer la richesse du vocabulaire de la nation, du langage qu'ils vont parler. Donc c'est une chose qui a été décidée au niveau

Enosh, au niveau humain. C'est-à-dire ? Moré haz'chivouram, moré haz'chivouram min hachemot, vapo'alim, vamilot. On voit que dans chaque langue, il y a des verbes, il y a des mots, il y a des mots de liaison, etc. Tout ça a été décidé par les hommes de la même nation. Et il continue en disant: vehem min haoutiot* al ekhod mimotsa'dibou. Et tous ces mots étaient formés à partir de la matière

qu'étaient les lettres de la nation qui se trouvaient dans la nation, les mots de base, et ils ont été développés par les hommes. C'est-à-dire que, d'après la réflexion du roi des Khazars, c'est une chose qui a été décidée: les hommes ont décidé, se sont réunis, ils ont commencé à décider de quelle manière le français allait être le français, l'anglais l'anglais, l'allemand l'allemand. Et là, le Chavé Rabbi Yehouda HaLévi lui dit

Et là, en fait, dans un premier jet, c'est un discours. Rabbi Yehouda Lévi fait exprès de poser une question pour

## Ce que dit la logique humaine

Qu'est-ce que dit la logique humaine ? Les langues, forcément, on les imagine comme aujourd'hui: on voit la langue française, on voit les gens de l'Académie qui vont définir quelles mots on fait entrer dans le vocabulaire, qu'est-ce qui est correct, qu'est-ce qui ne l'est pas. Donc on voit que ce sont des hommes qui s'occupent de la langue. Et donc le roi des Khazars dit: d'après la logique, les langues, c'est la même chose. C'est-à-dire que, comme on le voit aujourd'hui,

le peuple s'occupe de la langue, il va y avoir des académies, il va y avoir l'université. Les sages de la langue, les professionnels de la langue, ceux qui savent parler, ceux qui connaissent les règles, etc., ont fixé les choses, et ça a existé depuis le début de la nation. Au tout début de la nation, ça a été décidé. Et Rabbi Yehouda lui demande: mais attends, c'est ton sékhel qui dit ça ? C'est ton intellect ? Ou alors c'est une histoire ? De la même façon qu'il y a eu des guerres, de la même façon qu'il y a eu des événements historiques qui ont fait la nation, il y a eu un événement historique

qui a décidé, à partir d'une date précise, de commencer la langue du pays, la France, où le français a été décidé. Là, il lui dit: « Non, ce n'est pas ça, au contraire. » Le roi des Khazars lui répond: « Non, je ne l'ai jamais vu, je te dis la vérité. » Je n'ai jamais vu, je n'ai jamais entendu un tel événement historique où l'on peut montrer du doigt une date particulière où les gens d'un pays se sont assis pour décider

quelles langues ils vont parler et de quelle manière. C'est-à-dire, l'oraïta et l'orah ha-mati. Non, en vérité, c'est vrai, je n'ai jamais entendu. Mais je pense que c'est ça. Mais il revient vers lui, c'est-à-dire qu'il regrette ce qu'il a dit. Veen safek chigiou elea bedor meadorot. Il lui dit, le roi des Khazars: en effet, les langues ont dû être transmises de génération en génération. Le problème

c'est qu'on ne sait pas à partir de quand ça a commencé. Et là, c'est une évolution. Et ça, c'est le mot très important, parce qu'on va voir ici plusieurs exemples où Rabbi Yehouda Lévi parle de ce sujet des langues pour parler d'une hitpatroute, d'une évolution. Ce n'est pas un choix de l'homme, ce n'est pas une békhira, ce n'est pas choisi par l'homme qu'on s'assoit et qu'on décide ensemble.

## Une évolution qui dépasse l'homme

Mais c'est une hitpatroute, une évolution qui s'est opérée au sein même de la nation et, presque, au-delà de la décision des hommes. C'est la nation par elle-même. On va expliquer ce que veut dire « la nation par elle-même ». Velo hayta kodem lachon, chi iskimo alea, mi aska'mat ham, mi bilti ham al lachon. Alors, ça, c'est une phrase compliquée, qui veut dire: il n'y a pas de langage qui a été décidé avant qu'il y ait un peuple

qui va être doté de ce langage. Qu'est-ce que ça veut dire ? Ça veut dire qu'en fait, en vérité, Rabbi Yehouda Lévi veut nous amener, parce que c'est lui qui nous donne le cours de Torah, c'est lui qui nous donne le cours de l'émouna. C'est lui, en posant ses questions au roi des Khazars, qui veut que nous nous éveillions à ça. On aurait pu penser que c'est l'homme qui fait les choses: l'homme a décidé le langage de telle nation, l'homme a décidé le français, a décidé l'allemand, etc. Rabbi Yehouda Lévi fait tomber, fait se tromper le roi des Khazars.

On aurait pu penser ça. Même lui aurait pu le penser. Mais à un moment donné, le roi des Khazars commence à sentir que non. On ne sait pas exactement d'où viennent les langues. Comment elles ont commencé ? Qui a décidé ? Qui s'est assis pour pouvoir décider ça ? Personne …

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