Ticha BeAv et le signe de la terre qui refleurit
Le Sifra lie la fertilité retrouvée de la terre d'Israël au retour du peuple, selon Vayikra 26.
Rav Élie Kling
Ensuite : L'arc de Titus et la revanche de l'histoire, 5 min
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— Merci d'être si nombreux pour cette dernière conférence, organisée aujourd'hui par la. est un produit de la Israélite, qui a pour but de faire des conférences sur l'histoire juive, sur l'histoire des communautés. Et puis, si Dieu veut, quand le corona se sera un peu calmé, on passera aussi à des voyages, pour retourner aux endroits dont on a parlé.
Donc on ira dans le sud voir Rav Élie Kling chez lui. Voilà, c'est un programme. Surtout des voyages autour des communautés. Ce matin, on a parlé de Salonique, par exemple. Ensuite, on a eu une conférence sur les petites notes de la Shoah, alors peut-être faire des voyages en Pologne. Juste après, on a eu les persécutions avec Ariel Assaf. Et maintenant, la cerise sur le gâteau. Si vous vous êtes déjà posé la question, Rav Élie Kling ressemble à une cerise, voilà. La crème de la crème.
Un kiwi, un kiwi à cause de la… Un kiwi, voilà, exactement. C'est comme ça qu'on va terminer cette journée. On remercie vraiment de tout cœur Rav Élie Kling, qui a tout de suite accepté de nous donner une note d'espoir dans cette fin de journée. On sent que le jeûne tire vers sa fin, et on aimerait justement en savoir un peu plus sur ses promesses, que l'on a, qu'un jour on jeûnera plus. C'est comme ça qu'on peut dire ça ?
Rav Élie Kling: J'espère, oui. Surtout qu'il fait chaud, la vérité. Je n'aime pas le jeûne, je n'aime pas le jeûne en général. Je me dirais que ce n'est pas fait pour non plus. Mais Ticha BeAv en particulier, c'est le but, oui, c'est le but un peu. Mais Ticha BeAv en particulier, parce que c'est en plein été. Parce que tu vois le sadisme des Romains. Ils auraient pu détruire le Temple en hiver, je ne sais pas, en décembre. Ils auraient pu le détruire notamment en hiver, mais
en Suisse aussi, ça aurait été beaucoup plus… Mais voilà, ils ont décidé de le faire en plein été, pour nous gâcher les vacances, quand il fait très chaud et qu'on ne peut pas boire. C'est une preuve supplémentaire du sadisme et de l'antisémitisme des Romains. Bon, enfin, ok. Donc je suis censé vous parler, d'après le titre, des lueurs d'espoir. Mais d'abord, la première lueur d'espoir, c'est que c'est bientôt fini, puisque…
Chez nous, il est 6h10 et on a bientôt fini. Évidemment, pour ceux et celles d'entre vous qui nous écoutent depuis l'exil, chez vous ça dure un peu plus longtemps, c'est normal ! Il faut bien montrer la différence entre ceux qui sont encore là et ceux qui sont déjà ici. Donc évidemment, vous souffrez un peu plus, c'est normal. Mais nous, on termine bientôt. Ceci dit, avant de rentrer dans ces lueurs d'espoir, j'ai quand même à vous dire pourquoi on n'est pas encore arrivés, je veux dire. Il y a encore de quoi faire, et c'est pour ça que toutes ces idées qui reviennent de temps en temps, d'éliminer les jeunes en général, le Ticha BeAv en particulier, tout ça, c'est évidemment beaucoup trop prématuré pour l'instant.
J'ai un bouquin chez moi qui s'appelle Les sources voilées de la psychanalyse. Ou les sources cachées de la psychanalyse, je ne sais plus trop. La thèse du bouquin, c'est que notre ami Sigmund Freud, eh bien, la plupart de ses découvertes, de sa nouvelle lecture, de sa compréhension, ça a des sources déjà dans le Talmud, dans les midrachim, etc. Et sans doute qu'il avait eu accès à ça. Évidemment, c'est un grand problème: si la thèse est exacte, on laisse aux historiens le soin de répondre à la question, mais comment aurait-il pu avoir accès à ces textes, puisqu'il n'était pas hébraïsant, comme vous le savez ? Enfin, laissons tomber, ça ne nous intéresse pas tellement.
Ce qui est intéressant dans ce bouquin, c'est qu'il a un certain nombre d'exemples, certains convaincants et d'autres pas du tout. Parmi les exemples les plus convaincants, il traite du lapsus freudien, vous savez, ce qu'on appelle le lapsus significatif. Il dit qu'avant que Freud n'arrive, les gens pensaient que lorsque quelqu'un fait un lapsus, c'est-à-dire qu'il dit quelque chose alors qu'il voulait dire autre chose, c'est que sa langue a fourché tout simplement, qu'il n'était pas assez concentré, qu'il était un peu énervé, voilà, mais que ça n'avait aucune signification particulière. Eh bien, Freud dit pas du tout. Le mot qu'il a sorti n'est pas un hasard. En fait, il était enfoui quelque part dans son subconscient, et ce monde d'inattention, ou ce monde d'énervement, a fait en sorte que le subconscient est remonté jusqu'à la conscience, et c'est sorti de ta bouche. Mais évidemment que ça a une signification, ça a un sens. Voilà ce que disait Freud.
Or, d'après le bouquin, c'est ce qu'on constate dans un certain nombre de midrachim, et même de nombreux midrachim, qui sont basés sur l'absurde significatif. Un exemple dans la paracha qu'on vient de lire hier: Moshé nous rappelle ce qui s'est passé dans le désert. En fait, il commence son récit à partir du moment où ils ont quitté le Sinaï. Donc, dans la première partie du livre de Bamidbar, quand ils ont quitté le Sinaï, il raconte les choses importantes qui sont arrivées à ce moment-là. Et très rapidement, il arrive à parler des Méraglim, des explorateurs, puisque c'est certainement l'anecdote, l'incident le plus significatif qui a eu lieu dans le désert à ce moment-là.
On apprend pas mal de choses, parce que la manière avec laquelle Moshé raconte cette affaire n'est pas exactement ce qu'on avait lu lorsque le récit avait été fait dans le livre de Bamidbar, justement dans la paracha de Chela'h Lekha. On apprend par exemple que l'initiative, contrairement à ce qu'on avait cru, ne vient pas de Dieu. L'initiative d'envoyer des explorateurs ne vient pas de Dieu, mais des hommes, puisque Moshé dit: c'est vous qui êtes venus vers moi et qui m'avez dit: allez, envoie-nous choisir des hommes, envoie-nous des gens pour explorer.
Or justement, le mot explorer qu'ils utilisent, c'est vayyahpérou lanou et ha'arets. La racine, c'est ḥet-pé-rèch, la'hafor. Le hafor, c'est fouiller, comme dans hafirot, les fouilles archéologiques. Oui, le hafor, c'est fouiller. Alors, quand tu veux dire on va visiter le pays, on va explorer le pays, on va espionner le pays, en hébreu il y a des mots pour tout ça. On dit latour, on dit ragal, et on les appelle d'ailleurs les méraglim à cause de ça. Mais le hafor, franchement, ce n'est pas le premier terme qui nous vient à l'esprit. Ce n'est pas exactement ça. On ne va pas fouiller le pays. On va regarder le pays, on va essayer de comprendre comment ça marche, on va essayer de l'espionner, mais pas de fouiller.
Alors, ça serait un lapsus: ils ont dit fouiller. Le Talmud nous dit en effet que c'est un lapsus, c'est-à-dire qu'ils auraient dû dire autre chose, mais ils ont dit fouiller. Pourquoi ? Parce qu'en hébreu, figurez-vous, la racine ḥet-pé-rèch a une autre signification: elle ne veut …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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