Ticha BeAv et la faute des explorateurs
Pourquoi le premier Ticha BeAv est lié au refus des explorateurs d'entrer en Erets Israël.
Rav Élie Kling
Ensuite : Moché et la faute des explorateurs selon Abravanel, 46 min
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De quoi allons-nous parler ? Ticha BeAv, comme vous le savez, c'est la destruction des deux Temples de Yérouchalayim. C'est aussi plein d'autres choses, des événements catastrophiques ou malheureux qui se sont produits après: depuis la destruction du premier Temple jusqu'à l'expulsion du rouge créatif, puisque cela a commencé aussi le 10 av, le lendemain.
Et puis, en passant par toutes sortes de choses que je ne vais pas rappeler, vous savez: l'expulsion, le décret d'expulsion des Juifs d'Espagne, la Première Guerre mondiale qui a commencé aussi un Ticha BeAv, Bétar, etc. Ce qu'on sait un peu moins, ou peut-être pas (remarquez, peut-être que vous le savez aussi), c'est qu'il y a eu un Ticha BeAv avant la destruction du Temple. Le premier Ticha BeAv de l'histoire, ce n'était pas la destruction du premier Temple: c'était la faute des explorateurs.
Elle s'est produite, en effet, un Ticha BeAv. C'est-à-dire qu'ils ont pleuré là-bas toute la nuit. Vous savez, quand les fameux espions, les explorateurs, ont donné leur rapport, qui était un rapport dramatique, tragique, voire hystérique, le peuple tout entier s'est mis à pleurer. Et Dieu a dit à ce moment-là, nous disent nos sages: « Tu pleures pour rien, un jour tu pleureras pour quelque chose. » Et c'était le 9 av.
Un peu comme nos mamans, vous savez, quand on pleurait, gosses, pour rien du tout: des fois elles nous mettaient une gifle, puis elles nous disaient: maintenant tu sais pourquoi tu pleures. Enfin, vos mères, je ne sais pas, mais la mienne, c'était comme ça. Oui. Et donc, en effet, l'idée même de ce 9 av, la nature de ce jour, a été fixée déjà lorsque, dans le désert, nos ancêtres ont refusé de rentrer en Erets Israël. Et là, c'est un petit peu bizarre, parce que, finalement, quand on compare les deux événements, l'événement de la destruction du Temple et l'événement de la faute des explorateurs, on s'aperçoit que c'est un petit peu contradictoire.
C'est-à-dire que d'un côté, pour les explorateurs, nous ne voulions pas rentrer, mais Dieu aurait bien voulu qu'on rentre. Et de l'autre côté, pour l'histoire de l'Exil, qui a débuté avec la destruction de Jérusalem, c'était le contraire: nous aurions bien voulu rester, mais c'est Dieu qui nous a envoyé des ennemis pour que nous puissions partir en exil. Et donc, le point commun entre les deux, c'est cette attraction d'une part et, en même temps, ce retrait d'autre part, qui symbolise et caractérise cette relation très particulière entre le peuple juif et Erets Israël. Des fois on a envie d'y être, et des fois on n'a pas envie. Quelquefois on a envie, on ne peut pas; quelquefois on n'a pas envie, et on peut. Enfin, c'est assez curieux. En fait, c'est une sorte de maladie, cette relation particulière entre nous et notre terre. C'est une sorte de maladie.
Je ne veux pas faire maintenant le résumé historique, le survol historique de ces relations ambiguës, pour ne pas dire maladives, entre le peuple et sa terre. Mais ça a commencé en fait bien avant, ça a commencé depuis Avraham. Vous savez qu'Avraham était le premier Oleh Hadash. Alors, pour ceux qui nous écoutent et qui n'ont pas encore fait leur aliyah et qui pensent que c'est trop tard: lui, il a fait son aliyah à 75 ans. Comme quoi, il n'y a pas d'âge pour l'aliyah, finalement. On peut venir, lui il est venu. Il n'y avait pas de sakrita, on ne lui a pas donné des avantages fiscaux ou autres. Et il est venu parce qu'il a ressenti que Dieu lui a parlé, qu'il devait venir, donc il est venu. Bon.
Mais c'était le premier Oleh Hadash, d'accord ? Mais c'était aussi le premier yored, figurez-vous: le premier qui est descendu du pays. Et quelques versets seulement après son aliyah, il est écrit: « Va Yéred Avram Mitsraïma »: il est descendu en Égypte. Alors, pourquoi est-ce qu'il est descendu en Égypte, Avram ? Eh bien parce qu'il y avait la famine en Israël.
Bon, on ne va pas faire le procès d'Abraham. Certains disent qu'il avait bien raison: quand il y a la famine, on ne va pas non plus tenter le diable, c'est le cas de le dire, et rester en Israël quand on ne peut pas. Et d'autres disent: ah non, il n'aurait pas dû. On attendait d'Abraham qu'il reste, même quand la situation économique est compliquée, et même s'il doit souffrir un petit peu de faim, il aurait dû rester, ce que pense Nachmanide, par exemple. Mais sans faire le
procès d'Abraham, ce n'est pas notre rôle ici. En tout cas, ce qu'il en reste, c'est que tu apprends au tout petit juif, qui vient à peine de commencer à comprendre, à entendre les histoires bibliques (on commence en général par Abraham), qu'est-ce que tu apprends ? Eh bien tu apprends que quand il y a un problème en Israël, un problème économique, le mieux c'est de partir à l'extérieur et d'attendre que ça se passe, pour pouvoir ensuite revenir ou pas.
Et dans l'inconscient, finalement, de ce petit juif qui apprend l'histoire d'Abraham, qui est parti en Égypte parce qu'il n'y avait pas de commandes en Israël, il y a quelque chose qui est resté. Et c'est peut-être ça qui expliquera plus tard cette relation un peu particulière de « je t'aime, moi non plus » entre nous et la Terre. Parce que ça continue après Abraham, évidemment, vous le savez. Bon, à Yitzhak, on ne peut rien dire, il est resté, il n'a pas bougé. Mais Yaakov est parti deux fois, et chaque fois pour des raisons analogues. C'est-à-dire qu'en fait il fuyait l'Antifada. Une fois, c'est l'Antifada de son frère: pour échapper au combat et au danger, il part chez son oncle, là-bas, dans le Nord. Et la deuxième fois, c'était pour retrouver son fils, Yosef, qu'il n'avait plus vu depuis très longtemps et qu'il pensait mort. Ce qu'on appelle aujourd'hui le regroupement familial. Donc, finalement !
Qu'est-ce qu'il apprend, le petit juif qui apprend aussi l'histoire de Yaakov quand il est tout petit, tout petit, tout petit ? Eh bien il apprend que lorsqu'il y a un problème de sécurité, ou lorsque le manque de famille est trop important, nos patriarches, Yaakov en particulier, sont partis. Et ça continue à travers toute l'histoire. Il y a une sorte de mystère, en fait. Parce que d'un côté, personne ne peut nier que l'amour du peuple d'Israël pour sa terre est un amour incroyable. Sinon, évidemment, on n'aurait pas trouvé les forces de revenir chez nous après tant d'années passées en exil.
Donc, certainement, là, ce matin, on a lu les Sélihot. Chez les Ashkénazim, il y a des Sélihot très belles, à la fin, qui sont les poèmes de Rabbi Yehouda HaLévi sur Tsion. Un juif qui vivait en Espagne, qui a écrit les plus belles pages possibles sur l'amour qu'il porte à une terre qu'il n'a jamais vue au moment où il écrit ce texte: des textes très poignants, très émouvants. Donc il y …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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