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17 Tamouz : savoir lire les signes avant le malheur

Pourquoi le jeûne du 17 Tamouz relie la brèche de Jérusalem, le veau d'or et le faux messianisme.

6 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Job, les explorateurs et la terre qui dévore, 4 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Il y a des jours comme ça dans le calendrier hébraïque qui semblent être propices au malheur. Par exemple, le 9 Hav, un jour de jeûne, ce ne sont pas seulement les destructions des deux Temples de Jérusalem, qui ont eu lieu à la même date, le 9 Hav. Il y a eu encore plein de choses avant, après. Le décret d'expulsion des Juifs d'Espagne, par exemple, c'était le 9 Hav. Le début de la guerre de 14, le 9 Hav. Mais la vérité, il n'y a pas que le 9 Hav. Et trois semaines avant, il y a le 17 Tammuz.

Et là aussi, il y a un événement central pour lequel on jeûne: le 17 Tammuz, c'est la première brèche dans les murailles de Jérusalem. Et puis il y a d'autres événements malheureux qui sont passés le 17 Tammuz. Donc ça, on en compte cinq. Enfin, les plus connus. À part la première brèche dans la muraille de Jérusalem, c'est Moïse qui détruit les Tables de la Loi. Vous savez que quand Moïse est revenu la première fois du Sinaï et qu'il a vu le veau d'or, il l'a détruit, il l'a cassé, il a brisé les tables, les premières tables. Il était obligé ensuite d'en refaire d'autres, et ce sont les deuxièmes tables qui sont restées entières et qui se trouvaient à l'intérieur du Kodesh Hakodashim, à l'intérieur du Saint des Saints. D'ailleurs, les morceaux des premières tables brisées étaient également là-bas.

Alors, j'ai deux questions. Première question: pourquoi est-il tellement important de se rappeler de la première brèche ? Quand il y a un malheur qui arrive, on se rappelle du jour où le malheur arrive. Pourquoi faut-il se rappeler de ce qui s'est passé trois semaines avant ? C'est un événement bien sûr important, mais qui, en lui-même, n'est pas si grave que ça. Sa gravité provient du fait qu'il a débouché sur le malheur qui a eu lieu trois semaines après, et que, de toute façon, on commémore par le jeûne du 9 Hav. Alors pourquoi devrions-nous jeûner le 9 Hav et le 17 Tammuz ?

Réponse. Je pense que c'est important, et que c'est ce que le judaïsme a voulu nous mettre en valeur. Il est important de voir, de prévoir, d'analyser les signes précurseurs. C'est vrai que ce qui est grave, c'est au moment où le malheur arrive. Mais si nous avions été un peu plus prévoyants, un peu plus clairvoyants, on aurait pu penser que ce qui va arriver va arriver, et que le processus a été enclenché. À ce moment-là, si nous avions compris la gravité du premier événement annonciateur, on aurait peut-être pu, d'une manière ou d'une autre, prévenir le second.

Et ce n'est pas seulement pour le Temple de Jérusalem, c'est pour chaque malheur qui peut arriver. Le monde, finalement, appartient à ceux qui savent voir les événements avant qu'ils ne viennent. Simplement, ils reconnaissent les premiers signes. Et je pense que si on se contente de jeûner le 9 Av mais qu'on jeûne également le 17 Tammuz, et qu'en fait, la vérité, on jeûne même le 10 Tevet, qui était le début du siège de Jérusalem, c'est justement pour nous dire: sache qu'avant chaque événement dramatique, il y a des signes.

Annonciateurs, plus ou moins importants, et on te demande d'avoir suffisamment de perspicacité pour essayer de les reconnaître et d'en tirer les conclusions qui s'imposent. Bon, je n'ai pas besoin de vous faire une actualisation de ce qui se passe en ce moment en Europe, en France ou ailleurs. Des fois, il ne faut pas attendre que le malheur arrive pour pouvoir comprendre qu'il est en train d'arriver, vous voyez. C'est ça, l'importance de jeûner le 17 Tammuz.

Ensuite, il y a une deuxième question, celle de savoir s'il y a un rapport entre le bris des Tables de la Loi et la première brèche dans les murs de Jérusalem, qui sont arrivés tous les deux le même jour. Alors ça, c'est peut-être un peu plus compliqué à comprendre. Mais il me semble que Moïse, quand il casse les Tables de la Loi, quand il les brise, il les brise pourquoi ? À cause du veau d'or. Mais le veau d'or provient de quoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Pourquoi les Hébreux, qui ont vécu tout ce qu'ils ont vécu, se mettent-ils tout d'un coup à adorer un veau ? C'est quand même très bizarre et difficilement compréhensible.

Simplement, comme le disent la plupart des commentateurs, ce n'est pas qu'ils ont décidé tout d'un coup d'être idolâtres. C'est qu'ils aimaient tellement Dieu et Moïse, et que, voyant qu'il n'arrivait pas à l'heure dite, il avait dit qu'il arriverait, qu'il serait de retour quarante jours après. Oui, mais le quarantième jour est arrivé, et il est toujours pas là. Alors, par impatience devant l'être aimé qui ne revient pas, eh bien, ils sont devenus un petit peu fous, quoi. Et puis ils ont dit au veau: voici, en fait, le Dieu qui nous a sortis d'Égypte. Ce n'est pas qu'ils ont changé de Dieu, c'est que c'était le même, sauf que, puisque celui qu'on a nourri jusqu'à présent n'est pas là, on en prend un autre qui, en fait, n'est pas un autre: c'est le même qui a pris une autre forme. C'est ce qu'on appelle le…

Le faux messianisme. Le 17 Tammuz, c'est également la date du faux messie. Le faux messie consiste à croire que le Messie est arrivé, alors qu'on sait très bien que ce n'est pas le cas, parce qu'il ne correspond pas à tous les critères.

Ça ressemble, d'une certaine manière… vous savez, les Juifs ont cru que le Messie était arrivé à Moscou pendant la révolution bolchevique, ou à Berlin, ou à Paris avant, etc., alors qu'ils savent bien que le Messie doit arriver à Jérusalem. Mais bon, comme on parle, dans toutes ces révolutions, de l'amour entre les hommes, de la fin des guerres, des lendemains qui chantent, alors les Juifs se disent: bah c'est ça, c'est bien ce qu'on nous a dit dans les prophètes, donc voilà, c'est arrivé. Et donc, par impatience, par manque de capacité à attendre le bon événement, on finit par tomber, sombrer dans un faux messianisme, et on finit par adorer des veaux.

Alors le rapport entre les deux, c'est qu'il ne suffit pas que l'événement annonciateur arrive, il faut également savoir comment l'analyser. Si vous en tirez des conséquences sur ce qui va arriver, et que vous essayez d'une manière ou d'une autre de prévenir l'événement dramatique qui risque d'arriver, vous êtes dans la bonne voie. Si, par contre, vous attendez de manière passive que le grand miracle arrive, que le Messie va arriver, que le veau va sortir des flammes et que vous allez être sauvés, sans rien faire, eh bien là, ce n'est pas parce que vous avez interprété l'événement que vous l'avez obligatoirement bien interprété. Donc il s'agit d'être clairvoyant, de ne pas laisser passer les événements, de pouvoir en tirer les conclusions, mais il faut que ce soient les bonnes.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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