Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

Après Herzl : du sionisme à la déclaration Balfour

Les années 1904-1914 sans avancée diplomatique, les premières aliyot et la logique britannique derrière Balfour.

1 h 15

Rav Élie Kling

Ensuite : Jabotinsky, le sage qui comprend l'histoire, 7 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Herzl est mort, et, comme vous le savez, il a été enterré à Vienne. Puis, en 1949, il a été enterré une deuxième fois aux Arts.

Bon. À la mort de Herzl, évidemment, ce n'est pas une mort comme pour tout le monde, c'est-à-dire qu'on s'entendait pas, à la jupe, la quarantaine, on s'entendait pas, ce qui venait trop tôt. Donc évidemment, on s'est pris comme un grand choc. Le conflit de l'Ouganda a été un petit peu résolu, puisque Herzl, déjà à la fin de sa vie, avait compris que c'était impossible, c'était l'Ouganda. Enfin, ça ne veut pas dire qu'il s'est fait avancer les choses au niveau de l'Erets Israël. Il faut encore remplacer Herzl, il faut rentrer dans les… dans les souliers de l'autonome, ce n'est pas évident.

Après, il faudra évidemment, de manière très, très lente et très, très, très facile, faire avancer les choses. Mais les gens sentent bien que si, avec son charisme, il n'y a pas réussi à obtenir quelque chose de la part des Turcs ou quelque chose d'intéressant de la part des Anglais, ça ne va pas être simple. Ça ne va pas être simple. Et en effet, entre 1904 et 1914, donc dix années, ce n'est pas que ça n'avance pas, les choses avancent, mais doucement, très doucement, au niveau diplomatique, politique.

Ça n'avance pas du tout, c'est vraiment… Enfin, à part ça, le mouvement qu'on appelle donc le mouvement sioniste, maintenant, il se réunit tous les ans, à Bâle ou ailleurs. Il crée un certain nombre de… de… — Pardon ? — Entre 1904, donc l'année de la mort de Herzl, et 1914, donc les dix années jusqu'à la Première Guerre mondiale.

Les choses avancent, mais très, très lentement. C'est-à-dire, encore une fois, les Turcs ne veulent rien entendre. Il n'y a aucune avancée de ce côté-là. Il y a le grand projet qui était d'obtenir de la part de la Turquie une reconnaissance, ne serait-ce que pour une sorte d'autonomie juive. Tout ça, c'est absolument impossible. Ça n'avance pas du tout. Les Anglais, de toute façon, c'est foutu. Et donc, c'est vrai que c'est au point mort de ce côté-là. Mais ce qui donne malgré tout l'espoir, c'est qu'il y a certaines institutions qui sont créées. Par exemple, je me souviens de 1906.

Le Keren Kayemet LeIsraël. Alors, le Keren Kayemet LeIsraël, à quoi ça sert ? Ça sert à amasser des fonds pour ensuite… pour ensuite quoi faire ? — Acheter des terres, oui. Vous avez une idée, ça a pris deux ans, de 1906 à 1908, pour avoir suffisamment d'argent pour acheter le premier terrain, enfin le premier dunam qu'ils ont réussi à acheter là-bas.

Donc ça prend un peu de temps, ce n'est pas évident. Alors en Erets Israël même, les Juifs continuent à avancer petit à petit. Il y a ce qu'on appelle la deuxième Aliyah. Et puis ensuite on a la troisième Aliyah. Donc tout ça fait que les choses avancent un petit peu.

Alors la deuxième Aliyah, qu'est-ce que c'est ? Eh bien, ce sont les Juifs qui fuient les pogroms de Russie et de Pologne. Sachez quand même que la deuxième Aliyah est très différente de la première. La première, c'est la petite Aliyah jusqu'à à peu près la Première Guerre mondiale. Eh bien, c'est une Aliyah qui était un petit peu religieuse. Essentiellement religieuse, c'est-à-dire que la plupart des gens qui venaient… la première Aliyah, c'est des gens qui voulaient créer Erets Israël, des Yichouvim qui soient selon la halakha. D'accord ? Ils voulaient quand même créer une Erets Israël, des yichouvim qui soient après la halakha.

La deuxième Aliyah, ça n'a rien à voir. Ce sont des jeunes qui fuient les pogroms de Russie, de Pologne. Et eux, ils ont déjà étudié, pour la plupart d'entre eux, dans des universités russes, etc. Et donc, pour eux, s'il y a un idéal, il y a l'idéal, c'est la conquête du travail, c'est le travail de la terre.

C'est le socialisme. Ils auraient bien voulu que la Révolution ait lieu aussi, et qu'elle réussisse. Malheureusement, ça ne marche pas. Donc ils veulent importer le socialisme ici. Le socialisme, ce n'est pas mauvais, hein, comme idéal, au départ. Après, l'implication, c'est un autre problème. Mais au départ, qu'est-ce qu'ils veulent, les socialistes ? Ou les communistes ? Enfin… — Oui, au niveau économique. — Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que… il n'y a pas de plus riches et de plus pauvres. Voilà, il faut moins de… C'est comme l'écart entre les classes sociales qui crée les tensions et qui finalement crée les guerres. Eh bien, l'idéal, c'est donc qu'il y ait moins de classes sociales. Et donc on va lutter pour qu'il y ait de plus en plus d'égalité. Et alors on s'aperçoit, évidemment, au fur et à mesure que plus tu veux qu'il y ait de l'égalité, moins tu accordes de place à la liberté. Parce qu'on ne le savait pas au départ, avant de le mettre en application, mais c'est ou ça ou ça. Mais non, tu peux avoir en même temps l'égalité et en même temps la liberté.

La liberté et l'égalité ne marchent pas ensemble, en général. Parce que si tu veux que tout le monde soit égal, eh bien, il faut les obliger à recevoir le même salaire, alors que normalement, les gens veulent être payés en fonction de leur capacité, ils veulent être libres de pouvoir s'exprimer, de pouvoir réussir, etc. Donc c'est très compliqué, c'est ou ça ou ça. La devise qui a créé… liberté, égalité, fraternité, il ne comprenait pas que… il y a un problème, là, un problème interne. Tu sais, ou ce n'est pas… ou ça, ou ça, tu ne peux pas faire les deux.

En tout cas, le grand khidouch de ces Juifs qui arrivent en Erets Israël pour la deuxième Aliyah, par rapport au socialisme qui va éclater ensuite avec la Révolution en Russie, c'est que les Russes vont imposer le socialisme ou le communisme, tandis que les Juifs qui sont socialistes, qui arrivent en Erets Israël et qui veulent que tout le monde reçoive le même salaire, qu'est-ce qu'ils vont faire ? Ils vont créer des sociétés où ceux qui veulent vivent selon cette méthode-là.

Et ceux qui veulent viennent. Et celui qui ne veut pas n'est pas obligé. Et celui qui veut, et puis qui change d'avis après, peut partir. Et c'est comme ça qu'ils créent les premiers kibboutzim. Le tout premier kibboutz s'appelle Degania, au bord du Kinneret. Et c'est là que va naître plus tard un certain Moshe Dayan, qui va devenir un des grands héros. Vous vous rappelez Moshe Dayan ? C'est ce qui le caractérise, physiquement ?

Il lui manque un œil, carrément. Comment a-t-il perdu son œil ? Il a perdu son œil pendant la Seconde Guerre mondiale. C'était un jeune qui s'est engagé, comme beaucoup de jeunes Juifs d'Erets Israël, avec l'uniforme anglais, pour combattre les nazis. Il a été envoyé…

En Syrie, sur le front de Syrie. Or la Syrie était un protectorat français. Or la France était à l'époque dirigée par …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

Dans la même série

Dreyfus, Herzl, Jabotinsky, le judaïsme américain et la Shoah.

  1. 1
    L'affaire Dreyfus et la mitsva de se souvenir de l'histoire
    Pourquoi étudier l'histoire juive contemporaine, puis comment l'affaire Dreyfus commence en octobre 1894.
    1 h 37
  2. 2
    Théodore Herzl, un fondateur controversé
    Sa jeunesse à Budapest, le choc des pogroms et la naissance du projet d'un État juif.
    1 h 45
  3. 3
    Herzl, la controverse et l'audience avec le pape
    Pourquoi le nom de Herzl suscite encore des polémiques, et ce que sa rencontre avec le pape révèle.
    29 min
  4. 4
    Herzl, le renouveau de l'idéal sioniste dans la politique israélienne
    Un hommage à Théodore Herzl : son héritage, la lettre de Rav Akiva Glasner et le retour de ses restes en Israël.
    1 h 55
  5. 5
    Après Herzl : du sionisme à la déclaration Balfour
    Les années 1904-1914 sans avancée diplomatique, les premières aliyot et la logique britannique derrière Balfour.
    En cours de lecture
  6. 6
    Jabotinsky, le sage qui comprend l'histoire
    Comment Jabotinsky a prédit la Shoah et la création de l'État, et ce que ce constat nous enseigne sur qui sait lire l'histoire.
    7 min
  7. 7
    Le judaïsme américain et la montée du nazisme
    Comment les juifs d'Espagne ont gagné l'Amérique après 1492, puis la propagande antisémite de l'Allemagne nazie.
    1 h 13
  8. 8
    La Shoah, de la ghettoïsation à l'extermination
    Comment la politique antijuive nazie est passée des ghettos d'Europe de l'Est à la destruction, et les dates à retenir.
    1 h 25

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav