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Le 17 Tamouz et la brisure des tables

Pourquoi la brisure des tables ouvre un exil du ciel et de la terre, et comment en sortir.

56 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Yom Ha-Tamouz et la brisure des Tables de la Loi, 1 h 03

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bé'ezrat Hachem, aujourd'hui nous allons étudier ce qui concerne Youdzaïn Bet Hamouz, qui a été reporté cette année, comme Ticha BeAv, à dimanche. Nous allons voir que c'est en fait la source et le fondement même de tout ce que nous appelons en hébreu les machberim, c'est-à-dire les crises, les situations délicates de notre vie.

Nous nous préoccupons du Khorban, de la destruction d'une manière générale. Cela nous place face à une certaine notion, qui se renouvelle chaque année. Et le sujet principal qui se présente à nous, c'est l'action de HaKadosh Baroukh Hou dans notre vie. HaKadosh Baroukh Hou intervient-Il ? Et comment intervient-Il dans nos vies, d'une manière générale ? Vous allez vous demander comment cela se relie au 17 Tamouz. Nous allons voir que, justement, par la brisure des vases, par la brisure des kelim. Quand je dis la brisure des vases, je fais référence à la kabbale, qui introduit cette notion de manière essentielle au départ des écrits du Harizal. Elle nous dit clairement qu'avant même le monde que nous connaissons aujourd'hui, il y a eu une certaine brisure, et que cette brisure, malgré son caractère négatif, a permis une nouvelle construction, quelque chose de renouveau. Je ne rentre pas tout de suite dans les détails, peut-être un peu plus tard.

Toujours est-il que nous avons quelque chose qui s'est passé, de concret, le 17 Tamouz. Au moment où nous sommes sortis d'Égypte, le peuple d'Israël se trouve dans le désert. Il entend les voix célestes, mais il ne reçoit rien. Le lendemain matin, mon cher Abba nous montre un niveau supérieur. Il redescend quarante jours plus tard, et cette fois-ci avec quelque chose dans la main: les tables, les tables sur lesquelles sont inscrites les valeurs de l'infini. C'est quelque chose de difficile à concevoir pour l'homme, et c'est pour cela que je n'entre pas non plus dans les détails. Car dans ces dix paroles sont gravées, en fait, les valeurs...

La matière, c'est la vie. La matière, c'est le monde. Cela veut dire que, pour la première fois dans l'histoire humaine, l'infini est gravé dans l'existence.

Et l'infini descend dans l'existence. Le jour qui a été choisi pour que l'infini s'inscrive dans l'existence, c'est ni plus ni moins que le 17 Tamouz. Cela veut dire que ce jour-là, dont l'essence est bonne, est extraordinaire dans son essence: il est le trait d'union entre les valeurs du ciel et leur capacité à s'habiller de matière. Malheureusement, lorsque nous ratons ce mariage, entre guillemets, cet accouplement, entre guillemets, au lieu que la chose soit vivante, qu'elle continue et qu'elle élabore la vie, le tout se détruit: les tables tombent, elles se cassent, elles se brisent, et les lettres ne restent plus dans ce monde, elles remontent vers leurs sources.

C'est-à-dire que nous restons, après cette brisure, avec une matière qui a un jour subi la gravure de la parole divine, mais qui, après la faute du veau d'or, voit ces paroles repartir en quelque sorte vers leur source. Nous restons en fait avec une matière inerte, qui n'arrive plus, comme c'était prévu, à révéler l'infini.

Cela veut dire qu'après la faute du veau d'or, après la brisure des tables, l'esprit reste dans l'esprit et la matière reste dans la matière. Il y a une séparation, Hass véchalom, entre l'esprit et la matière. Bien entendu, c'est quelque chose de négatif qu'il faut corriger. HaKadosh Baroukh Hou, et c'est le but même de la création, veut que l'on descende pour inscrire toutes ces vertus dans le monde, dans l'existence, en bas, dans la matière. Et chaque jour qui passe où cela n'est pas fait, où cela n'est pas réalisé, c'est comme si HaKadosh Baroukh Hou restait dans son ciel et que nous restions dans notre monde, avec une séparation entre le ciel et la vie d'en bas. HaKadosh Baroukh Hou est donc dans un exil céleste, et nous sommes dans un exil terrestre.

Parce que la Gueoula, c'est la rencontre entre l'esprit et la matière, entre le ciel et la terre. Et tant que le ciel et la terre ne se rencontrent pas, il n'y a pas de notion de Gueoula. C'est donc un état de mort. On peut appeler cela un état de sommeil, de mort. Mais, bien entendu, je mets immédiatement une clause importante.

En aucun cas il ne s'agit ici de quelque chose de définitif que nous devons subir sans comprendre qu'il s'agit en fait de quelque chose de passager, que nous pouvons et que nous devons corriger. Quel ? Pourquoi cette… Elle a une source. Je vais essayer d'arriver à cela. Donc, je reprends le texte.

Comment comprendre que quelque chose d'aussi divin, d'aussi élevé, d'aussi grand, tel que les tables, se brise ? Parce que si l'on dit qu'un élément tel que celui-ci s'est cassé, cela veut dire qu'en réalité, même dans les valeurs les plus élevées d'HaKadosh Baroukh Hou, il y a une brisure. Cela peut nous démoraliser.

Cela peut nous dire que Hass véchalom, les forces négatives dans ce monde sont aussi fortes que les forces d'HaKadosh Baroukh Hou. Et la preuve, dans cette bataille, ce sont les forces du mal qui ont gagné. On ne peut pas, vous le comprenez bien, arriver à une conclusion pareille. C'est du pessimisme qui aboutit à un yérouch, à une dépression totale. Et Hass véchalom, on peut s'éloigner totalement et tomber totalement dans notre vision, dans notre appréhension du Kodesh.

Il faut donc essayer de comprendre ce que cela veut dire. Toujours est-il qu'il y a une brisure, qu'il y a quelque chose qui s'est cassé. Chez nous, cela reste dans le domaine de l'incompréhensible. Comment est-il possible que, sur ce qui est dit, Ketouvim be'etsba Elohim, que ces tables ont été écrites par le doigt de Dieu, ou ma'assé Elohim hem, c'est une fabrication de Dieu, ta'hen chevira, comment est-il possible qu'une fabrication aussi céleste se casse ? Quoi ? Kadosh Baroukh Hou se casse ? Quelque chose qui vient du ciel peut-il se casser comme ça, aussi facilement ? Ve'koshize.

Et cette difficulté se réveille chaque année, avec la destruction du Beit Hamikdash, des deux Beit Hamikdash, le 9 Av. Là aussi: comment la maison qui contient le Kodesh, la maison d'HaKadosh Baroukh Hou dans ce monde, peut-elle être brûlée, cassée ? HaKadosh Baroukh Hou n'est-Il pas assez fort pour protéger Sa maison ? Comment un homme, comment une nation peut-elle venir détruire la maison du Kodesh ? Vous pouvez donner une réponse, mais moi je suis obligé de m'occuper de la première étape.

Quelqu'un qui vit cette époque et qui voit la chose se détruire peut tomber dans une dépression totale et se dire: « Oh, ça va, quoi, HaKadosh Baroukh Hou n'est pas là. S'Il était là, rien ne se serait détruit. » Donc, en réalité, peut-être que toute émouna est dans le vide. C'est d'ailleurs ce qui se passe chez quelqu'un qui, Hass véchalom, perd un être cher. Cela peut arriver. C'est ce qui se passe pour des gens qui ont subi la Shoah. Cela arrive. Les gens se posent la question: si Dieu …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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