L'angoisse de la fin des temps et la vision de la Gueoula
Pourquoi certains vivront l'approche de la Gueoula dans l'angoisse, et comment la vision de la Torah protège de ce sentiment.
Rav Yoël Benharrouche
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous. Dans le cadre des trois semaines, que nous appelons Yemei Bein HaMetzarim, c'est-à-dire les jours où nous sommes dans une forme d'étroitesse, nous devons étudier des phénomènes qui correspondent au temps dans lequel nous sommes en train de vivre. J'ai donc pris un texte du Rav Harlap, dans son fameux livre Maayanei HaYeshua, au chapitre 36.
Il nous y explique la situation qui sera en place au moment de la dernière rédemption, de la dernière Gueoula. Pourquoi parler de la Gueoula alors que nous parlons d'exil ? Tout simplement parce que la Gueoula est la réparation de l'exil. L'exil, c'est sortir de Erets Israël. La Gueoula, c'est tout simplement revenir sur Erets Israël, avec tout ce que cela…
Le retour n'est pas seulement un retour horizontal. Il y a effectivement un retour horizontal, territorial, de Chutz LaAretz vers Erets Israël, mais à ce retour s'ajoutent tous les éléments qu'HaKadosh Baroukh Hou attend de nous et que nous ne pouvons réaliser pleinement que sur Erets Israël.
Alors, quel sera le sentiment général dans cette réparation, dans cette fin des temps ? Le Rav nous dit qu'on ne peut pas échapper aux étroitesses et aux angoisses qui arriveront lorsqu'on atteindra la période des talons messianiques. C'est-à-dire qu'au moment de la rédemption finale apparaît quelque chose qui semble contradictoire avec le processus. Au lieu d'être heureux, nous ressentons un sentiment d'angoisse, justement parce que nous sommes dans le processus. C'est incompréhensible. Et malgré tout, le Rav dit que ce sentiment ne sera ressenti que chez certaines personnes.
Pour éviter ce sentiment d'angoisse, de déprime, même de dépression, il faudra être parmi ceux qui attendent, qui espèrent et qui font tout pour faire venir cette rédemption finale. Dans les paroles du Rav: Zoulat aliedeit sipiat yeshua. C'est-à-dire que nous serons angoissés, déprimés, en dépression, ceux qui ne sont pas dans l'attente messianique.
Ceux qui sont dans l'attente messianique, et il faut ouvrir ici une parenthèse: il ne s'agit pas d'une attente passive, puisque le terme n'est pas Hamtana ou Tsakot, ce n'est pas une attente, mais Tzipia. Tzipia se traduit de l'hébreu en français comme une vision. Litspot, Mitspe, un endroit très haut d'où je peux voir loin. Tzipia et Yeshua, ce n'est pas seulement une attente messianique: c'est une attente accompagnée d'une vision du processus qui est en train de se tramer.
Avec des mots simples, ne seront pas angoissés dans cette période ceux qui étudient cette période, ceux qui comprennent les secrets de ce processus, dans son intériorité. Il existe donc des livres, il existe donc des études qui nous enseignent ce qui se passera à cette époque-là. Et ceux qui savent, qui s'y attendent, savent exactement pourquoi telle et telle chose se passe. Il y a donc des raisons, et ces personnes-là sont moins angoissées, parce qu'en réalité elles savent que c'était déjà prévu, que tout est déjà ordonné. L'un de ces livres,
c'est le texte que nous sommes en train d'étudier. Le Rav nous avertit donc qu'il y aura un sentiment normal, dans la normalité, pour ceux qui ne font pas le travail de chercher et d'approfondir ce sujet de la fin des temps. Et ceux qui étudieront, qui approfondiront leur étude, ne seront pas parmi ceux qui sont dans la déprime, dans la dépression de cette génération.
D'ailleurs, c'est pris du Zohar, qui dit: heureux celui qui vivra à cette époque, et malheureux celui qui vivra à cette époque. Sur la même ligne: heureux celui qui vivra en connaissant la génération et les phénomènes qui s'y dérouleront, et malheureux celui qui vivra cela seulement avec des yeux extérieurs, qui ne comprendra pas. Car effectivement, de manière superficielle, il y aura beaucoup de choses qui peuvent déprimer. D'accord ? Cela dépend de la manière dont tu vois le même phénomène. Ceux qui le verront d'un bon œil vivront bien. Ceux qui le vivront et le verront d'un mauvais œil, c'est-à-dire avec un regard négatif, seront eux aussi, Chazbeshalom, déprimés.
Et pour que cette attente, que je viens de traduire non pas comme une attente passive mais comme une attente active, d'une vision même de la situation, visionnaire, eh bien…
Il faut que cette vision et cette attente soient gravées à l'intérieur de notre nefesh. Ce n'est donc pas une attente superficielle, ni même une vision superficielle. On ajoute ici une couche: on dit non seulement qu'il faut être parmi ceux qui voient, mais que ta vision doit être profonde pour qu'elle se grave dans ton être. Ce n'est pas de temps en temps que tu te dis: oui, j'ai étudié, ça va être comme ça, donc je me calme. Cela ne suffira pas à te calmer. Pour être rassuré dans cette génération, il faut que ton étude, que ta vision des choses soit tellement profonde qu'elle devienne gravée dans ton être, qu'elle fasse partie de toi. D'accord ? Ce n'est plus une étude superficielle, c'est gravé en moi. C'est comme si j'avais intégré, mangé l'étude.
Jusqu'au degré, nous dit le Rav, où cette attente messianique…
Il faut voir les choses en profondeur, il faut les étudier, mais pas seulement.
Il faut aussi vivre les choses et les faire. Je dois devenir, en réalité, un acteur moi-même, qui vit le messianisme et qui le fabrique, qui le fait de mes propres mains. Qu'est-ce que cela veut dire, faire le messianisme ? En quoi puis-je participer au messianisme ? En faisant des choses qui correspondent au messianisme d'Israël.
Première chose, on l'a dit tout à l'heure: revenir physiquement habiter sur cette terre. Deuxièmement, faire partie de la structure de cette nation lorsqu'elle revient sur sa terre, pour faire tout ce qu'il faut pour faire avancer, en réalité, les intérêts d'HaKadosh Baroukh Hou. C'est-à-dire que je dois servir ma nation, je dois construire mon pays, je dois construire mon État, je dois arriver à un degré de construction tel que je deviens un acteur de la Gueoula.
Le Rav continue: il faut que j'arrive à vivre selon cette attente, selon cette vision, comme nous l'avons traduite. Le Rav nous dit: comment arrive-t-on à ce degré ? Il faut tout simplement approfondir, étudier en profondeur.
Belimoud Yachar, d'une étude qui soit une étude droite. Qu'est-ce qu'une étude droite ? Pourquoi y a-t-il des études tordues ? Ici, le mot droite, ou l'étude droite, vient en réalité nous sortir d'une étude qui est un peu plus arrondie. J'explique. Il y a dans la Torah plusieurs degrés de compréhension: le pshat, le remez, le drash et le sod. Si ta Torah ne reste qu'au premier niveau, tu étudies une Torah circulaire, c'est-à-dire une Torah qui, dans ta nature, dans ta vie, va te permettre de vivre. Tu vas savoir quoi faire, comment faire certaines choses. Tu vas étudier la halakha, tu vas étudier la Guemara, qui aboutit à la halakha. Tu vas étudier la Michna, qui aboutit à la Guemara, qui aboutit à la halakha.
Tu vas donc étudier tous les « comment », pas encore les « pourquoi ». Tu sais comment mettre les tefillin, mais tu ne sais pas encore pourquoi nous mettons les tefillin. Cette …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche
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