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Les trois semaines et la vision de l'ensemble

Pourquoi le Bein HaMetzarim ressemble à un exil, et comment voir le tout avant le détail.

50 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : L'angoisse de la fin des temps et la vision de la Gueoula, 43 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Aujourd'hui, Béezrat Hachem, nous allons parler d'abord des trois semaines dans lesquelles nous sommes, ce qu'on appelle Yémei Bein HaMetzarim. Bein HaMetzarim sous-entend qu'il y a deux Metzarim, et les trois semaines sont entre les deux. Premier Metzar, dix-sept Tammouz; deuxième Metzar, Ticha BeAv. Que signifie le mot Metzar ? De l'eau qui ne jaillit pas, c'est-à-dire maïm betzarot, de l'eau qui ne se partage pas, de l'eau qui ne circule pas. Bien entendu, c'est une forme d'expression, car en réalité Metzar, c'est une prison. Mais dans le mot Metzar,

je vous ai décortiqué les lettres, et il y a le mem qui est dans une étroitesse: mem, tsar. Le mem a de la peine, le mem est en prison. Qui est le mem ? Le « qui », c'est-à-dire l'identité: qui je suis, qui tu es. Comme Mitzrayim. Mitzrayim, Metzarim, c'est la même chose. Et nous sommes ici dans une étape, dans une période qui ressemble en fait à ce que nous avions lorsque nous étions en Égypte: un état d'exil, un état de manque de révélation de la

lumière, un état où on ne voit pas les choses d'une manière complète, où on ne voit que des détails, où on ne sait pas faire les liens entre les causes d'un côté et les résultats de l'autre. C'est pour ça que nous sommes emprisonnés, car la plupart de nos emprisonnements dans ce monde viennent de cette maladie.

J'appelle ça une maladie, parce qu'en réalité c'est une forme de non-vision de l'entier. Chaque fois que tu ne sais pas voir l'entier, ce qu'on appelle, dans le langage du Rav Kook, Ahdout HaKolelet, dès que tu ne vois pas l'entièreté (même si c'est un mot qui n'existe pas en français), quand tu ne vois pas un tableau en entier et que tu vois seulement des détails de ce tableau, tu perds l'image globale.

C'est exactement ce qui se passe quand il n'y a pas de circulation, quand on ne voit plus l'entité globale des choses. Et c'est pour ça qu'on fauте. Chaque fois qu'un homme fauте, c'est parce qu'il a perdu le global. Imaginez quelqu'un qui ne sait pas lire: comment s'adresse-t-il à un texte ? Prenez un enfant ou un Olé Hadach qui ne sait pas lire en hébreu: il lit lettre par lettre. Pourquoi ? Parce qu'il ne sait pas voir l'entier. Quelqu'un qui sait voir l'entier te lit une phrase sans s'arrêter, il y a une cohérence. Quelqu'un qui ne sait pas lire va faire ch, ch, n, t... Il ne sait pas que cela se dit Chokhmat HaKodesh. Il y a un problème. Mais c'est exactement la même chose: nous avons une lecture d'une feuille, mais nous avons aussi une lecture de vie. Ce que je viens de vous lire comme ça, avec cette...

Mais c'est exactement la même chose. Pourquoi ? Parce que tu ne vois pas l'entité. Tu ne sais pas voir quelque chose d'entier, donc tu es tombé dans le détail.

Le détail est devenu tellement important qu'il t'a embrouillé l'image globale, jusqu'à un moment donné où tu t'es dit: « Attends, attends, attends, je suis en train de faire une bêtise, il faut reculer, ça fait mal, mais je suis en train de voir l'image globale, et je m'aperçois que cette lettre n'est pas pour moi, que cette chose ne convient pas à mon être. » Pourquoi as-tu besoin de tomber pour arriver à cette conclusion ? Tout simplement parce que tu n'as pas encore saisi l'étude telle qu'elle doit être saisie. Et quelle est cette étude ? L'étude de l'entier, l'étude du global, qu'on appelle en hébreu Torah HaSod. Sod, en hébreu, veut dire entier, ensemble: la Torah de l'ensemble. Vous comprenez ce que je suis en train de vous raconter ?

Si le détail fait partie du tout, si tu sais que le détail est un détail de... Par exemple, je te pose une question: « Non, c'est jamais l'inverse. Jamais l'inverse. Dis-moi, qu'est-ce que c'est qu'un rayon ? » Qu'est-ce que c'est qu'un rayon ? Il vous manque une question. Vous devez me poser la question: « Rayon de quoi ? » Non, moi je parlais d'un rayon de vélo, d'une roue de vélo. Tu vois le problème ? C'est exactement ce que je veux te faire remarquer: tu ne m'as même pas demandé ce que ça voulait dire, de quoi je parlais.

Quel est le sujet global ? Tu es déjà tombé dans le rayon. Tu t'es imaginé que je parlais d'un rayon de soleil, alors que je te parle d'un rayon de roue de vélo. Voilà le problème dans notre vie: quand je te donne un détail, tu dois d'abord te poser la question. Ce détail, il est sorti de quoi ? C'est le détail de qui ? Si tu ne sais pas d'où vient ce détail, tu ne pourras pas, en rassemblant des détails, former quelque chose. Jamais de la vie. Donc, quand je dis un rayon, première question: rayon de qui, rayon de quoi ?

Ah, tu parles du rayon de la roue, du vélo ? D'accord, on parle donc du sujet principal, la bicyclette. Là, je peux commencer à comprendre. Ou alors tu me dis que c'est un rayon de soleil, je peux comprendre, et ainsi de suite. Donc même quand je prends un détail d'un tableau, c'est le détail de tel tableau, de tel peintre, de tel artiste. Mais tu ne peux pas, à partir du détail, former et construire et retrouver. Il faut que le détail soit issu d'un ensemble qui l'a précédé dans la pensée de l'artiste.

Qui est avant qui dans cette classe ? Les éléments que vous êtes, ou l'idée qui a précédé votre venue ici ? Le cours, l'idée. C'est l'idée qui vous a rassemblés, d'accord ? L'idée est donc bien avant vous. S'il n'y avait pas l'idée, il n'y aurait pas eu vous. Je n'ai pas pris des gens dans la rue en leur disant: « Venez vite, il y a un truc, il faut vous asseoir ici dans cette pièce. » Ça n'existe pas. Vous êtes venus parce qu'il y a une idée qui vous a précédés. C'est la même chose dans tous les éléments de notre vie.

Quand tu ouvres une feuille de Guemara, une daf de Guemara, une page de Guemara, si tu ne sais pas de quoi traite cette Guemara d'une manière générale, et que tu plonges immédiatement dans le détail de cette page-là, où Rabbi Eliézer est en contradiction avec Rabbi Yehoshoua, tu ne comprendras rien. Ça ne sert à rien. Il faut que tu saches d'abord de quoi parle en général cette Guemara, quel est le sujet général de ce Massekhet. Ensuite, dans ce sujet général, comment est-on arrivé à ce sujet précis ? Et dans ce sujet précis, quelle est la discussion entre les deux ? Sinon, ça ne sert à rien.

Dans notre vie, c'est comme ça. Vous devez apprendre à étudier comme ça, et à enseigner comme ça: que votre enseignement parte d'une idée générale qui, au fur et à mesure que …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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