Orot veKelimאורות וכלים
Se connecter

La vache rousse et l'exil : le Khilloul Hachem

Pourquoi l'exil lui-même profane le Nom de Dieu, selon le chapitre 36 de Yehezkel, et ce que cela dit de la Gueoula.

1 h 02

Rav Élie Kling

Ensuite : Existe-t-il une obligation de croire en Dieu ?, 6 min

Début du cours (texte)

Lire le début du cours

Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Mesdames, messieurs, on est très contents de se retrouver sur l'île Moth pour pouvoir partager les études avec le Rav Élie Kling. Et je nous propose un thème qui est d'actualité puisqu'il est lié aux parachiot entre Para et Achodech: Histoire d'une vache égarée. Berchavot. Tout le monde sait qu'on est rentrés dans le cycle de ce qu'on appelle les quatre parachiot, qui commencent avant Pourim, en fait avant Roch Hodech Adar, et qui se terminent avant Roch Hodech Nisan.

Les quatre parachiot sont d'abord Parachat Chekalim, ensuite Parachat Zakhor. Les deux sont liées plutôt à Pourim, a priori. Ensuite nous avons Parachat Para, qu'on a lue Chabbat dernier, et puis Parachat Hachodech, qu'on lira Chabbat prochain. Pourquoi est-ce qu'on appelle ça le cycle des quatre parachiot ? La vérité, c'est parce qu'elles sont proches dans le calendrier, mais elles ne sont pas aussi proches que ça. Il se peut très bien qu'il y ait une paracha particulière, puis un vide, c'est-à-dire une paracha ordinaire, puis de nouveau une paracha particulière. Quand on parle de quatre parachiot, elles ne se succèdent pas obligatoirement l'une après l'autre, et certaines ne peuvent même jamais se succéder réellement.

De quoi s'agit-il ? Comme vous le savez, chaque semaine on lit une partie de la Torah, c'est ce qu'on appelle la paracha de la semaine. Mais dans ces Chabbatot un peu particuliers, on sort un deuxième Sefer Torah. Une fois qu'on a terminé de lire les sept aliyot de la paracha de la semaine, au lieu de faire comme d'habitude, c'est-à-dire de reprendre les derniers versets de la paracha pour le Maftir, on sort le deuxième Sefer Torah, dans lequel on lit le Maftir. Et c'est ce Sefer Torah

qui donnera son nom au Chabbat. Même si la paracha qu'on a lue s'appelle, je ne sais pas, Tsav par exemple, on appellera ce Chabbat la paracha de Para, du nom du deuxième Sefer Torah, qui contient donc un petit passage lié au thème de ce Chabbat particulier. Ensuite, la Haftara, c'est-à-dire le texte des Neviim, sera liée non pas à la paracha de la semaine, c'est-à-dire au premier Sefer, mais au deuxième, au petit texte qu'on a lu, qui représente le côté particulier de ce Chabbat.

Voilà, ça, c'est dans les grandes lignes, tout le monde est au courant. La question est de savoir comment ces Chabbatot s'organisent, et s'il y a un rapport, un lien entre un Chabbat et un autre dans ces quatre parachiot. A priori, comme il vient de le dire, ça ne semble pas évident. On a plutôt l'impression que les deux premières, Chekalim et Zakhor, sont liées à Adar et à Pourim, alors que les deux dernières, Para et Hachodech, sont plutôt liées à Pessa'h. Roch Hodech se lit après Pourim. Entre Pourim et Pessa'h, c'est exactement la période dans laquelle nous nous trouvons maintenant, alors que les deux autres se lisent avant Pourim, comme une sorte de préparation à Pourim.

Chekalim, c'est parce qu'on y lit le passage où l'on devait donner, chaque année, au début du mois d'Adar, ce fameux demi-chekel, avec lequel on faisait une grande caisse, et de cette caisse on achetait ensuite les korbanot de l'année. On se permettait également de compter, de savoir le nombre de Juifs qui existaient, puisque chacun devait participer, chacun devait donner un demi-chekel, et en comptant les demi-chekalim, on savait combien il y avait de personnes. Quant à Zakhor, c'est la paracha qu'on lit avant Pourim, et qui parle d'Amalek,

l'ancêtre d'Haman, le premier grand antisémite de l'histoire. Ou si vous voulez, le premier qui a réellement essayé de faire une solution finale du peuple juif. Comme vous savez, il a été imité ensuite par pas mal de gens, jusqu'à aujourd'hui, ma vache. Et heureusement pour nous, ça n'a jamais marché, bien que parfois ce soit assez douloureux. Voilà pourquoi on lit Amalek avant Pourim: sans doute pour rappeler le lien entre Amalek et l'antisémitisme d'Haman, qui lui aussi voulait détruire le peuple juif.

Quant à Parachat Para, là, ce n'est pas si évident que ça de montrer le rapport entre la paracha de Para et le calendrier. Para, c'est la vache. Quelle vache ? La vache rousse. Et on lit donc le passage de la vache rousse, qui se trouve dans la Torah, dans le livre de Bamidbar, Parachat Houkat, ce Chabbat-là, le Chabbat qui précède le Chabbat de Roch Hodech. Et ça veut dire qu'on le lit avant l'heure. En général, on est à la fin du livre de Chemot à ce moment-là, ou bien, comme c'est le cas cette année avec le deuxième Adar, on est au début du livre de Vayikra; en tout cas on n'est pas dans les parachiot de Bamidbar. On lit simplement plus tôt que prévu ce passage, la Para Aduma, la vache rousse.

Qui pose un problème en lui-même. Comme vous le savez, la vache rousse, on sait à quoi elle sert, mais on ne sait pas vraiment comment ça fonctionne. Et surtout, quel rapport avec le calendrier ? Et après, donc, le quatrième, c'est Hachodech. On va parler tout de suite de ces quatre parachiot. Essayez de voir s'il y a vraiment un lien entre les quatre, ou bien si ce sont simplement deux pour le mois d'Adar et deux pour le mois de Nisan, sans qu'il y ait obligatoirement de lien entre les deux moitiés.

On va voir ce que dit la halakha, et ce qu'en disent ensuite ceux qui réfléchissent au sens de la halakha. Je vous propose pour commencer quelque chose d'un peu technique, mais vous allez voir que cela nous mènera rapidement aux idées qui se cachent derrière tout ça. Au début, évidemment, c'est technique: comment ces quatre parachiot s'entrecroisent-elles les unes les autres, et à quel rythme ? C'est ce que nous apprend Maïmonide, dans les Hilkhot Tefilla, les lois concernant la prière, au chapitre treize. Il y a deux halakhot qui nous concernent: la halakha numéro vingt, et la halakha numéro vingt et un. Lisons-les tout de suite.

La première, la halakha vingt: « Roch Hodech Adar », nous dit Maïmonide, « si Roch Hodech tombe Chabbat, on lit dans le deuxième Sefer les passages qui parlent de la manière de compter les Hébreux dans le désert, et plus tard également, au moyen du demi-chekel; on le lit, il y a deux possibilités: soit Roch Hodech Adar tombe Chabbat, et à ce moment-là, c'est ce Chabbat-là qui sera le Chabbat Chekalim. Soit Roch Hodech Adar tombe un jour quelconque de la semaine, et à ce moment-là, la paracha de Chekalim sera le Chabbat qui précède le premier du mois d'Adar. » Voilà ce que raconte Maïmonide pour savoir quand on doit sortir ce fameux deuxième Sefer Torah pour la paracha de Chekalim.

Très bien. Ensuite, la deuxième des quatre parachiot, un peu spéciales de cette période de l'année, s'appelle Zakhor. Dans ce deuxième Sefer, on lit le passage concernant Amalek. Évidemment, la Haftara qui suit parlera d'une guerre contre Amalek. Et quand doit-on sortir ce deuxième Sefer Torah ? Quand tombe le Chabbat Zakhor ? Maïmonide répond: c'est la semaine qui précède …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

Dans la même série

Toutes les vidéos de la chaîne, de la plus récente à la plus ancienne.

  1. 13
    Nos jeunes face à la pratique : l'émission Plein Lado
    Parents et adolescents interrogent la transmission, l'assimilation et les choix de vie en Israël.
    1 h 01
  2. 14
    Les signes de la fin de l'exil selon le Talmud
    Le Talmud désigne un seul signe objectif : la terre d'Israël qui donne ses fruits, et ses sources prophétiques.
    34 min
  3. 15
    Le petit Sefer Torah en peau de cerf de Yaakov Maor
    Comment un rouleau caché dans la Shoah est retrouvé à Vienne en 1975 et revient en Erets Israël.
    7 min
  4. 16
    Les filles de Tselofrad et la place en Erets Israël
    Pourquoi Rabbi Akiva voit en Tselofrad un tsadik, et ce que le sacrifice pour le peuple ouvre comme droit à la terre.
    12 min
  5. 17
    La vache rousse et l'exil : le Khilloul Hachem
    Pourquoi l'exil lui-même profane le Nom de Dieu, selon le chapitre 36 de Yehezkel, et ce que cela dit de la Gueoula.
    En cours de lecture
  6. 18
    Existe-t-il une obligation de croire en Dieu ?
    Maïmonide fait de la croyance une mitsva, et le cours examine ce que cela signifie et sa place dans les Dix Commandements.
    6 min
  7. 19
    Coronavirus et Torah : la leçon d'humilité
    Le Rav Kling tire de la crise l'appel à l'humilité et relie le Chabbat à la sainteté du temps plutôt que de l'espace.
    5 min
  8. 20
    Le roi David et la réduction des 613 mitsvot
    Pourquoi nos sages ont compté les mitsvot, et les 11 principes que David en a tirés selon Makot.
    1 h 12
  9. 21
    Bande de lépreux ! Le siège de Chomron
    55 min
  10. 22
    Modé ani : Dieu croit-il en l'homme ?
    Le matin, la prière de remerciement révèle la confiance de Dieu envers l'homme, à travers le mot « Rabba émouna Techa ».
    5 min

— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?

Une question sur ce cours ?

La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.

Commentaires et questions au Rav