Coronavirus et Torah : la leçon d'humilité
Le Rav Kling tire de la crise l'appel à l'humilité et relie le Chabbat à la sainteté du temps plutôt que de l'espace.
Rav Élie Kling
Ensuite : Le roi David et la réduction des 613 mitsvot, 1 h 12
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous ! Alors, que dire de plus sur ce fameux Corona ? On vit une période pas très simple. Il y a beaucoup de choses qui nous ont été dites, souvent des choses intelligentes, parfois un petit peu moins. S'il y a en tout cas une chose qu'il faut tirer comme enseignement de toute cette affaire-là, c'est de nous apprendre un petit peu à être humbles, un petit peu d'humilité. On n'est pas aussi puissants qu'on croyait, on ne sait pas tout. Technologiquement, on n'a pas le contrôle sur tout ce qui se passe.
Mais pas seulement technologiquement. On croyait avoir une super-économie à l'abri de tout problème. On n'a pas une super-économie. Quand je dis « on », je ne parle pas seulement d'Israël, bien sûr. Je parle de l'humanité en général. Je parle du côté riche de l'humanité, qui a été le plus touché. Finalement, la superpuissance chinoise peut s'écrouler en quelques semaines. Finalement, le monde entier peut être coupé de ses centres névralgiques. Et tout ça doit nous inciter à un petit peu plus d'humilité. Et d'ailleurs, pas seulement.
Au niveau technologique, au niveau médical, au niveau scientifique. Peut-être également au niveau théologique. Est-ce que, vraiment, parce qu'on a étudié un petit peu de Torah, ou beaucoup de Torah, on est capable de comprendre les causes de chaque chose, les causes de chaque événement ? Ça m'a toujours beaucoup impressionné de voir tant de gens qui sont persuadés de savoir exactement pourquoi c'est arrivé, pourquoi justement de cette manière-là, pourquoi justement par ce biais-ci, pourquoi justement par ce biais-là.
Qu'est-ce que nous en savons ? Un petit peu d'humilité. On ne sait plus grand-chose, on ne sait pas grand-chose. Il serait bon de nous le rappeler de temps en temps. Vous savez, quand il y a une crise en général, et le peuple juif a beaucoup d'expérience des différentes crises qu'il a connues pendant son histoire, quand il y a une crise en général, on n'est pas censé comprendre exactement pourquoi ça nous arrive. La seule chose qu'on nous demande de faire, c'est d'essayer de voir ce que ça peut nous apprendre, ce qu'on peut en tirer pour la suite, en quoi ça va changer notre manière de voir les choses, ça oui, et notre comportement, ça bien sûr.
Mais cessons d'essayer de comprendre quelle est la cause réelle, la cause première, à coups de valeurs numériques ou à coups de petites allusions dans tel ou tel passage. Ce n'est pas de ça qu'il s'agit. Il s'agit en fait d'essayer de voir quel est le message qu'on peut prendre de tout ça. Et sans doute qu'en effet, peut-être qu'on est en train de nous dire: on est allé un petit peu trop loin. Après tout, est-ce qu'on a vraiment besoin de continuer cette course effrénée ?
À la consommation, avoir toujours plus, aller toujours plus vite, toujours plus loin, tout ça, finalement, pourquoi ? Qu'est-ce que ça nous donne ? Qu'est-ce que ça nous apporte ? Vous savez, il y a une vidéo qui a été virale ces derniers temps, du Pape, qui a parlé de l'importance du Chabbat. Je ne sais pas si c'est une vidéo qui est récente, qui est due au Corona, ou si elle est un petit peu plus ancienne. Enfin, que le Pape parle du Chabbat, ça devrait nous indiquer quelque chose.
Finalement, l'humanité entière finit par comprendre qu'il y a une importance à s'arrêter de temps en temps. On va trop vite, on va trop loin, et ce sont des choses qui n'ont jamais de fin. Alors, finalement, on a été forcés de se retrouver un petit peu entre nous, d'essayer de parler des vraies valeurs. Vous savez, dans la paracha qu'on a lue récemment avec Yaquen, tout au début, on parle de la construction du Mishkan, mais en même temps, on nous dit: attention, on ne construit pas le Mishkan le jour du Chabbat.
Et pourquoi ne construisait-on pas le Mishkan le jour du Chabbat ? Finalement, si le but est de faire amener la Chekhina, la présence divine, à l'intérieur du peuple, eh bien plus vite on le fait, plus vite on termine, et mieux ça va. Quand on nous dit: le Chabbat, tu t'arrêtes. Le Chabbat, tu t'arrêtes. Pourquoi ? Parce que la sainteté du Chabbat est sans doute plus importante que la sainteté du lieu. La kedouchat hazman, la sainteté du temps, est plus importante que la kedouchat hamakom, la sainteté du lieu. Et pourquoi ? Parce que tout ce qui est espace, finalement, c'est une accumulation de choses.
L'espace se conjugue avec l'auxiliaire avoir. Plus j'ai de choses, plus j'ai besoin d'espace pour pouvoir les mettre. Par contre, le temps se conjugue avec l'auxiliaire être. Si je sanctifie un moment, alors, ce moment, je n'ai pas besoin d'espace pour qu'il rayonne. Au contraire, j'ai besoin uniquement d'être moi, ma famille, moi, mon livre d'étude, moi, mes enfants autour de la table, et à partir de là, j'arrive
à rayonner réellement, parce que je m'intéresse aux choses importantes, je m'intéresse à qui je suis et non pas à combien j'ai ou à ce que j'ai. Et peut-être que ce message de la paracha de Vayikra est aussi le message qu'on est censé tirer de cette épreuve: savoir qu'on a peut-être un petit peu exagéré à vouloir toujours avoir, et qu'il serait peut-être temps de revenir un petit peu dans l'être, de donner la priorité au temps et un peu moins à l'espace. Je vous souhaite une excellente santé, et à très bientôt dans de meilleures conditions.
C'est un très bon mois de Nisan, le mois de la Gueoula. Gueoula pour tout Israël. Amen.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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