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Techouva : le compte des actes et la racine intérieure

Le Rav Kook distingue le compte des fautes de l'aspiration intérieure qui fonde la Techouva, et explique le libre arbitre.

46 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La peur et la techouva selon le Rav Kook, 48 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, shalom Yaakov, shalom tout le monde. Eh bien, ça fait des siècles qu'on ne s'est pas rencontrés. J'espère que vous avez survécu au traumatisme de notre déconnexion pendant deux semaines, en fait trois semaines. C'est véritablement terrible, mais je pense qu'on peut se remettre. Nous allons donc continuer, je crois, Orot HaTechouva, et nous en sommes au chapitre 16. C'est un chapitre très important, on pourrait dire quasi théologique. Il y expose de manière très profonde les principes de la techouva.

J'espère que vous avez des livres, étant donné que Yaakov n'a pas veillé à nous donner le texte. Apparemment, il n'apparaît pas chez vous. Je vais essayer de régler ça tout de suite. Il est ouvert chez moi, mais je ne sais pas pourquoi. C'est une chose qui arrive. Ce n'est pas grave, j'ai un livre, donc je pense que tout se passera comme il se faut.

Je lis ici le paragraphe Aleph du chapitre Tetzain, « Les racines de la techouva et son intériorité ». Tout d'abord, il y a ce qu'on appelle le calcul. Il y a des comptes qu'on doit rendre. On fait ce qu'on appelle une introspection, on recherche ses actions, on fait une liste des bonnes actions qu'on a faites et des mauvaises, on évalue la gravité, à quel point on a été engagé dans telle ou telle transgression. Mais en vérité, tout cela correspond à la dimension inférieure de la techouva.

C'est ce que veut dire le Rav Kook: il y a ici deux dimensions dans la techouva. Il y a effectivement ce compte-rendu de toutes les actions qu'on a faites, mais il y a également le fait même de la vie intérieure. La vie intérieure, c'est le retour que l'on ressent, disons l'aspiration, la soif que l'on a de retrouver l'infini. Et ça, c'est au-delà des comptes. Donc vous avez les comptes, C-O-M-P-T-E-S, et vous avez l'essence même de la techouva, qui est au-delà des comptes.

Regardons un peu ce que dit le Rav Kook. Il est vrai que le fondement de la techouva, c'est de faire le calcul du monde. De quoi s'agit-il ? Il y a un verset dans la parasha de Houkat qui nous dit: c'est pour ça que les dirigeants disent: venez à Kheshbon. Littéralement, cela veut dire qu'il faut se rendre dans la ville de Kheshbon, qui est en Transjordanie, et qui était la capitale du roi Sihon. Les poètes nous disent qu'il faut y aller, c'est-à-dire ceux qui font des paraboles, ceux qui font des fables. On peut dire donc que les fabliaux disent de se rendre dans la ville de Kheshbon.

Mais, à nouveau, les Hachamim, dans le texte de la Guemara, interprètent cela d'une manière imagée. Moshlim ne veut pas dire seulement ceux qui font des paraboles, mais ceux qui se dominent, Moshlim be Yitzram, ceux qui dominent leurs instincts. Et quel est le conseil que nous donnent ces Moshlim ? Bo Heshbon, faites des calculs. La ville de Kheshbon veut dire également la ville du calcul. Cela veut dire qu'il faut considérer ce que l'on gagne à une transgression, ce qu'on y perd, ce qu'on perd à faire une mitsva et ce qu'on y gagne. C'est ça, le Kheshbon.

Donc on va dire que c'est le fondement de la techouva: d'abord savoir s'examiner, faire un examen de conscience et savoir où on en est. Il y a donc ça, la techouva du Kheshbon, le calcul de l'homme. Mais là, le Rav Kook me rajoute: les racines du calcul, de l'examen, sont au-delà du calcul. C'est vrai qu'on réfléchit beaucoup sur nos actions, mais il y a quelque chose qui vient avant cette réflexion. La réflexion que l'on fait sur ces actions est précédée par quelque chose d'autre.

De même que la théorie des valeurs des chiffres est au-dessus des chiffres et de leurs détails. Si vous êtes mathématicien, la théorie des mathématiques ne commence pas, en vérité, par les nombres. Les nombres sont l'expression d'une théorie. Cela sent un peu le platonicien, quelque part: il y aurait une idée des chiffres, une idée des idées primordiales qui viennent avant les manifestations elles-mêmes. Et c'est pour cela que l'essentiel de la techouva supérieure est au-dessus du détail des réflexions, et le décompte en est la dérivée.

J'espère que c'est clair. Ce que dit ici le Rav Kook, c'est que ce qui est important, c'est tout d'abord la racine de la techouva. La racine de la techouva est quelque chose qui vient au-delà des calculs que l'on a à faire, et après viennent les calculs.

Et il amène pour cela une belle image, une halakha. La coupole des comptes était en bas de Jérusalem. Qu'est-ce que la coupole des comptes ? Il y avait un lieu à côté de Jérusalem, plus bas que Jérusalem, dans lequel on faisait des sortes de méditations. Quand quelqu'un voulait réfléchir à ses actions, quand il voulait faire techouva sur ses actions, il se rendait dans cette coupole. C'était probablement un lieu tranquille. Mais sur quoi insiste le Rav Kook ? Cette coupole était en bas de Jérusalem. Jérusalem est donc au-dessus des comptes, parce que Jérusalem en elle-même est la réjouissance de toute la terre, la résidence de la joie, de la lumière, de la techouva supérieure.

Et c'est pour cela que Adam, le premier homme, avait chanté en l'honneur du jour du Chabbat: « Il est bon d'être reconnaissant envers Dieu et de chanter son nom suprême. » Cela suppose qu'il y a ici un nom supérieur. Cela veut dire que la joie que l'on a à rencontrer Dieu ne passe pas en premier lieu par le calcul des actes que l'on a faits. « Car tu m'as réjoui, Éternel, dans tes actions, c'est l'œuvre de tes mains qui me réjouit. » Et tout cela est lié au verset qui vient après: « Comme sont grandes tes actions, Dieu, très profondes sont tes pensées », qui sont au-delà de tout détail de compte, parce que son discernement est innombrable, bien au-delà de la mesure. Le verset dit: « Combien sont nombreuses tes actions, éternel ! »

Alors, pour comprendre, c'est un élément de liturgie. Dans les Psaumes, on nous dit « comme sont grandes tes actions ». Tandis que dans la prière du matin, nous disons « comme elles sont nombreuses tes actions ». Il y a donc une différence entre grand et nombreux. Nombreux, cela veut dire un chiffre: on détaille les actions. C'est en parallèle avec la techouva qui tient compte du détail des actions. Mais il y a, au-delà de cela, Magadlou, « comme elles sont grandes », qui sont au-delà du décompte.

Donc, comme dit le Rav Kook, cette mesure qui dit « comme sont nombreuses ses actions » est incluse dans le décompte, qui est la mesure terrestre, parce que la terre est pleine de tes acquis. Mais le fondement de la techouva, dans son origine, il est dit de cela: « Comme les cieux sont hauts au-dessus de la terre, sa bonté l'emporte sur ceux qui le craignent. Il a éloigné nos péchés de nous comme la …

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