La place de l'art dans l'existence juive
Le lien entre art et émouna à partir de la racine amen, et le rôle de l'artiste comme messager.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Yoël Benharrouche : entre art, Kabbale et Torah, 48 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## Introduction
Alors, mes amis, mes chers amis, vraiment avec tout le bonheur que j'ai de vous voir, il est temps de comprendre certaines notions qui nous dépassent un petit peu. C'est dommage, puisque nous avions certaines peurs, et nous les avons encore, quant à la place de l'art dans le judaïsme. Bien entendu, il s'agit d'un sujet immense, qu'on ne peut pas traiter en une seule fois. C'est pourquoi les approches aussi sont différentes et énormes. Nous allons donc toucher quelques points qui me paraissent essentiels pour essayer de comprendre où est la place de l'art dans notre monde.
D'abord, il faut, comme pour chaque sujet dans le judaïsme, savoir la racine de ce sujet en hébreu. Étant donné que l'hébreu est une langue divine, et ce n'est pas peu dire, c'est quelque chose d'énorme. Je ne sais même pas si vous concevez ce que je suis en train de raconter: le divin a une langue, a un moyen de contacter le monde avec sa volonté.
Il passe bien entendu par le peuple d'Israël comme canal principal par lequel l'infini se dévoile au fini, et la langue utilisée est la langue hébraïque. Pour cela, dès que nous avons affaire à un sujet quelconque, nous devons utiliser cette langue, puisqu'elle est tellement riche et tellement grande que nous pouvons en réalité décoder ses nuances.
Alors, le cours, je l'ai appelé « La place de l'art dans le peuple d'Israël ». Mais d'une manière générale, on peut dire que c'est dans la vie. Le sujet est justement chez nous. Chez nous, parce que chez nous, il y a une peur. Parce que chez nous, il y a une méfiance. Parce que chez nous, depuis des millénaires, on n'ose pas aborder ce sujet et on le laisse de côté.
Alors que l'exigence humaine va être de plus en plus présente et va demander et exiger l'apparition de l'art dans l'existence. Tout simplement parce que l'art fait partie de l'une des clés par lesquelles le monde arrive à savoir ce qui se passe. En effet, les artistes, les vrais, sont ceux qui sont capables de dépeindre l'existence au moment où ils racontent quelque chose.
Quand je réalise une œuvre d'art, je ne fais pas seulement un acte de réalisation d'un degré plastique. Je suis en train, en réalité, de faire passer un message actuel de ce qui se passe dans des mondes parallèles.
Et là, nous atteignons, bien entendu, quelque chose qui est de l'ordre de la émouna, qu'on appelle communément la émouna, mais que je traduis par la certification. En effet, je ne peux pas dire que je suis ma'amin, « j'ai la émouna », ça ne veut rien dire. Ani ma'amin est un verbe.
C'est-à-dire que je vis la chose en laquelle j'ai la émouna. Et je vais vous expliquer cela avec la racine. Vous voyez qu'il y a ici omanout et émouna, l'art et la émouna. L'art et la émouna ont les mêmes lettres qui composent leur définition. C'est incroyable.
Tout simplement parce que ma kor échad lahèn, elles n'ont qu'une seule racine, en hébreu trois lettres: amen. C'est-à-dire que le mot amen est en réalité la racine de la émouna comme de la omanout, de l'art comme de la émouna d'une manière générale. Que veut dire le mot amen en hébreu ? Amen veut dire « je certifie, je dis que c'est vrai ». Je vis la chose.
Vous savez qu'en hébreu, le masculin, par exemple, ben, c'est comme amen. Je vous l'écris en direct: vous voyez le mot ben que je viens d'écrire ? Eh bien, pour écrire le féminin de ben, normalement, je dois écrire bent. Ben au masculin, bent au féminin.
Seulement, nous avons une règle en hébreu: au milieu d'un mot, lorsqu'il y a la lettre noun, elle tombe. Et donc le ben va devenir bat. Mais c'est exactement pareil dans le mot émet. Amen est au masculin; il aurait dû être amenet. Et ici aussi, la lettre noun va tomber parce qu'elle est au milieu du mot. Et donc amen va devenir émet.
## Le sens de amen
Ce qui veut dire que amen, c'est certifier. Certifier quoi ? Cette conception du mot amen, c'est tout simplement acheminer, dévoiler, révéler l'intérieur vers l'extérieur. Je fais donc un acte qui dévoile quelque chose qui est de l'ordre de la pensée ou du ressenti profond, ou de l'être profond dans la vie, dans l'extériorisation de la chose.
Je ne suis pas en train de dire que l'un est plus vrai que l'autre. Attention, parce que parfois on a l'impression, et on parle de cette manière-là, que je traduis une pensée dans la réalité, ce qui sous-entend que la réalité est dehors. Alors qu'en réalité, je suis en train de vous dire que la réalité n'est pas moins dedans que dehors.
La seule différence, c'est que nous devons faire en sorte que l'expression extérieure soit fidèle à ce sentiment intérieur. D'ailleurs, comme par hasard, être fidèle se dit en hébreu ne'eman, ce sont en réalité les mêmes racines. Je suis ne'eman: je suis fidèle à ce qu'il y avait à l'intérieur de moi, et je le vis maintenant à l'extérieur.
D'après tout ce que je viens de vous dire, la émouna, la émouna, dans n'importe quel sujet, vient en réalité introduire l'extériorisation de ce même sujet en lequel je suis ma'amin dans ma vie. Les amen d'Avar, si vous ne comprenez pas, vous pouvez poser des questions. Ani ma'amin, c'est un verbe, comme ani ma'amin: cela veut dire en hébreu « je vis la chose en question ».
Je fais circuler le concept en lequel j'ai émouna dans tous les degrés de mon être: dans mes veines, dans mes artères, dans mes muscles, dans ma pensée, dans ma parole. Je vis la chose, tout simplement. Vous comprenez bien qu'il est difficile de traduire « j'ai la émouna », parce que dans le concept que vous avez l'habitude d'utiliser, « j'ai la émouna » veut dire que vous pensez qu'il y a un être supérieur qui se trouve là-haut, en lequel nous croyons. Ça ne veut rien dire. C'est beaucoup plus fort que ça.
Quand je dis ani ma'amin bachem, « je crois en Dieu », c'est une fausse traduction. La véritable traduction, c'est « je vis de par son être infini ». Ça, c'est déjà autre chose. Vivre l'infini, c'est ce que nous faisons tous, même si nous n'en avons pas conscience. Le fait que je sois vivant, eh bien, ma vie n'est que l'expression de l'infini à travers moi, à mon niveau, avec ma manière à moi, avec mes ustensiles à moi, avec mes degrés de dévoilement à moi.
Mais c'est toujours vivre le divin, parce que sans lui, je ne suis pas. Maintenant, avoir la émouna en quelque chose, avoir la émouna dans n'importe quel sujet, c'est donc vivre ce sujet. Je vais vous donner un exemple qui fait un petit peu mal. Vous connaissez tous cette chanson. Vous avez l'habitude de dire « j'ai émouna en la venue du Machiah », ce qui ne veut...
Cours de Machon Meir
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