Le sens de la beauté dans la Torah
Pourquoi la Torah décrit la beauté de Rachel et comment l'équilibre des formes révèle la beauté intérieure.
Rav Yoël Benharrouche
Ensuite : Peut-on représenter le divin dans l'art ?, 7 min
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Chalom ouvracha, mes chers amis. Dans notre petit développement concernant l'art et l'esthétique d'une manière générale, je voudrais aujourd'hui expliquer que le sens même de la beauté, de la vision des choses, est important dans le judaïsme. En effet, nous avons déjà dit dans un de nos cours que la création n'est pas seulement une création de vie; elle est une création de vie, mais qui contient en réalité ce sens de l'esthétique, qui est tellement important.
En effet, Hakadoch Baroukh Hou veut que les choses que nous faisons d'une manière générale, nous les fassions d'une manière belle. Tout ce que nous disons dans la prière, à la fin nous terminons par: Il faut que ce soit aussi beau. C'est-à-dire qu'il y a donc ici une place à la beauté superficielle même, qui en réalité dénote une beauté intérieure, qui se reflète aussi dans les faces superficielles de la vie, dans l'écran dernier de la vie. Il y a ici donc un souci que la Torah développe, en parlant par exemple de nos matriarches.
Comment se fait-il que la Torah précise que Rachel était une femme très belle d'aspect ? Pourquoi rentrer dans ces détails ? Tout simplement pour nous dire que la beauté dans ce monde est le reflet de quelque chose d'intérieur. Et si quelque chose est beau, généralement c'est parce qu'il contient en lui quelque chose de très fort. Il y a aussi la grâce.
C'est encore une forme de beauté, beaucoup plus subtile, qu'il faut déceler. Même si ce n'est pas une beauté plastique au niveau des mesures des choses, il y a d'une manière générale quelque chose à déceler. Et je viens de donner une clé: en réalité, la beauté, c'est l'équilibre entre toutes les formes. L'équilibre dans le sens des mesures, l'équilibre dans le sens des volumes, l'équilibre dans le sens de la pensée intérieure, intrinsèque à toutes ces choses-là.
Lorsque vous avez un équilibre, vous avez une harmonie, et cette harmonie devient, d'une manière générale, aussi une œuvre qui est belle, une œuvre esthétique, qui respecte bien entendu un aspect général, mais qui n'oublie surtout pas les détails. Et tous ces détails, pris les uns après les autres, ont en quelque sorte la même beauté que le tout, que le général, que la vision globale des choses.
Il s'agit donc d'être fidèle depuis le début, depuis la pensée initiale, jusqu'à l'aboutissement même de l'œuvre artistique, de cette continuité, de cette vie qui vient de l'intérieur et qui explose vers l'extérieur, d'une manière équilibrée, avec des nuances, avec des lumières, avec une capacité motrice de traduire par ses gestes la pensée initiale.
C'est un travail très compliqué, parce que le geste doit être précis, en respectant la pensée initiale. La pensée n'est pas seulement dans la tête, elle est aussi dans le cœur.
Il faut donc être quelqu'un qui voit, d'une manière générale, une image entière, et qui arrive ensuite à la plaquer dans les détails, dans les mesures, dans une frontière, dans les limites qui lui sont données. Ça, c'est le secret de l'art: créer une pensée incroyable dans les limites de ce monde. Toda Rabba.
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