Pessah et la liberté que l'on doit conquérir
Pourquoi le Korban Pessah, la matzah et le maror doivent être liés, et ce que la sortie d'Égypte dit du peuple d'Iran.
Rav Élie Kling
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Le peuple d'Iran d'aujourd'hui, comme le peuple hébreu de l'époque, ne peut pas acquérir de liberté s'il ne prend pas une part active à son propre destin. La liberté, ce n'est pas quelque chose qu'on reçoit. Tu es obligé, toi, à un moment, de prendre ton destin entre les mains.
Shalom à tous ! Est-ce que vous vous êtes déjà posé la question de savoir combien de mitsvot, combien de commandements parmi les 613, nous accomplissons le soir du Seder ? Au temps du Beit Hamikdash, au temps du Temple, on en avait quatre.
On mangeait la chair du Korban Pessa'h. Vous savez que le sacrifice pascal, le Korban Pessa'h, était apporté à l'époque la veille, si vous voulez, du Seder, quelques heures avant. Et puis on gardait le côté comestible, on le gardait pour la soirée du Seder. Et on mangeait, comme vous le savez, cette chair du Korban Pessa'h à la fin du repas. Il n'y avait pas de dessert après, c'est l'histoire de la fille comane.
Et puis, à part le Korban Pessa'h, il y avait également la mitsva de manger de la matzah, il y avait la mitsva de manger du maror, et il y avait la mitsva de raconter à ses enfants ce qui s'était passé. Chaque année, le 15 Nisan, on a l'obligation de raconter à ses enfants ce qui s'est passé à l'époque, la sortie d'Égypte. Le Korban Pessa'h se trouve à l'intérieur du livre de Chemot, à un endroit très, très précis.
On te raconte la série des neuf plaies, l'une après l'autre, et puis tout d'un coup, après la neuvième plaie, alors qu'on est tous en suspens, on veut absolument avoir la dixième, qui est la dernière, celle qui va nous faire sortir finalement d'Égypte. Et là, tout d'un coup, il y a une grande pause. Dans le chapitre 12 du livre de Chemot, on te dit: « Attends, attends, attends, Rega, avant de renvoyer la dixième plaie, la mort des premiers-nés, eh bien, il va falloir que chaque Hébreu aille chercher le dieu égyptien, donc l'agneau, et l'égorge. »
Mais pas l'égorger discrètement dans la cuisine. Non, non. Il prend le sang en question, le sang du Korban Pessa'h, et il doit le badigeonner au-dessus des portes afin que tout le monde le voie. Et pourquoi tout ça ? Eh bien parce que tu ne peux pas vivre ta liberté si tu ne fais rien pour l'acquérir.
Jusqu'à la neuvième plaie, il s'agissait d'un bras de fer entre Pharaon et Moshé. Et qu'est-ce que faisaient les Béni Israël ? Qu'est-ce que faisaient les Hébreux ? Ils comptaient les points. T'as vu, ils ont envoyé la grenouille aujourd'hui ! T'as vu, aujourd'hui, il y a eu les bêtes féroces, etc. Oui, mais qu'est-ce que tu fais, toi, pour sortir ? Qu'est-ce que tu fais, toi, pour acquérir ta propre liberté ? Rien !
Alors, après la neuvième, et juste avant la véritable sortie, on demande au peuple de faire quelque chose. Symbolique, moins symbolique, mais en tout cas risqué quand même. C'est prendre le dieu égyptien, ce n'est pas n'importe quoi. Mais celui qui le fait, celui qui a le courage de prendre en main son propre destin, celui-là sortira d'Égypte. Et celui qui n'a pas fait le Korban Pessa'h, eh bien celui-là va rester en Égypte, il va mourir sans doute avec la mort des premiers-nés, ou alors il va s'assimiler.
Ça veut donc dire que le Korban Pessa'h, c'est le symbole de la part active que prennent les Hébreux à leur propre délivrance. Et c'est la raison pour laquelle on doit le manger avec la matzah et avec le maror, qui, respectivement, nous rappellent les conditions terribles de l'esclavage. La matzah, c'est ce fameux pain qui n'en est pas un, une sorte de nourriture de base que nos maîtres nous donnaient afin qu'on ne meure pas en route, parce qu'ils avaient besoin de nous pour continuer le travail, des travaux forcés égyptiens.
Et puis le maror, eh bien le maror, ce sont les coups de fouet, c'est l'amertume, ce sont les souffrances, les douleurs, etc. Et s'il n'y avait pas le Korban Pessa'h, s'il n'y avait que la commémoration par la matzah et par le maror, ça voudrait dire que nous sommes le peuple de la mémoire. Vous savez, aujourd'hui c'est très à la mode, le devoir de mémoire: on se rappelle. Oui, mais si tu te rappelles des conditions dramatiques du passé, et que, en même temps, tu ne parles pas de l'importance que tu dois avoir à prendre ton destin entre les mains, à faire le Korban Pessa'h afin de pouvoir sortir d'Égypte, alors finalement ce devoir de mémoire ne sert à rien.
À quoi ça sert de se rappeler des malheurs si tu ne comprends pas comment tu dois faire pour acquérir ta liberté et mettre fin à ces malheurs ? C'est pour ça que tu ne peux pas faire la matzah, faire le maror et, indépendamment, faire le Korban Pessa'h. Non, les trois sont liés ! Les trois sont liés ! C'est seulement quand tu fais les trois ensemble, quand tu rajoutes le Korban Pessa'h à la matzah et au maror, que ça a un sens de se rappeler du passé. Le passé n'a de sens que s'il provoque chez toi un appel à prendre ton destin entre les mains.
La liberté, ce n'est pas quelque chose qu'on reçoit. C'est quelque chose qu'on est obligé de prendre à un moment donné, de prendre sa part active.
J'ai pensé à tout ça en ce moment, à cause de ce qui se passe en Iran. Israël et les États-Unis, mais Israël en particulier, n'arrêtent pas de dire au peuple d'Iran: écoutez, nous allons vous aider, ça nous arrange aussi évidemment, on va vous aider, on va essayer de détruire les capacités de ceux qui vous oppressent, mais sachez que c'est à vous de faire le travail à la fin. Nous, on ne peut pas faire ça pour vous.
Le peuple d'Iran d'aujourd'hui, comme le peuple hébreu de l'époque, ne peut pas acquérir de liberté s'il ne prend pas une part active à son propre destin. La liberté, ce n'est pas quelque chose qu'on reçoit. C'est quelque chose qu'on provoque. Alors, évidemment, on peut être aidé de l'extérieur pour créer les conditions qui vont te permettre d'agir, mais cela ne remplace pas ton action. Tu es obligé, toi, à un moment, de prendre ton destin entre les mains.
Et c'est pour ça qu'on mange avec la matzah et avec le maror. On mange également le Korban Pessa'h afin de nous rappeler qu'il ne s'agit pas uniquement de commémorer des situations passées, mais il s'agit surtout de se rappeler que, sans participation active à ta propre liberté, tu ne risques pas de sortir d'Égypte, et tu ne risques pas de sortir de l'oppression des mollahs et des ayatollahs.
À très bientôt. Chag Sameach.
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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