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Pessah : les quatre coupes et les quatre étapes de la Gueoula

Pourquoi quatre verres de vin, lien avec les quatre expressions de la sortie d'Égypte et les étapes de la libération.

7 min

Rav Élie Kling

Ensuite : Les quatre langages de la Gueoula et la cinquième coupe, 1 h 11

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Chalom à tous. Et si on parlait de la Gueoula, la Gueoula d'Égypte, à l'approche de Pessah ? C'est un peu normal. On va parler de la Gueoula. A priori, vous savez ce que c'est la Gueoula ? C'est la libération, la délivrance. A priori, il n'y a pas grand-chose à raconter là-dessus: on était esclaves et puis on est libres. C'est la Gueoula. Ce n'est pas exactement ça. Vous savez que pendant la soirée de Pessah, on prend quatre verres de vin. Quatre verres de vin ! Ce n'est pas écrit dans la Torah.

Il est important de prendre quatre verres de vin le soir du Seder. Non, ce n'est pas déoraïta, ce n'est pas la Torah qui l'a dit. Ce sont nos maîtres, nos sages. Mais très curieusement, alors que cela ne leur arrive pas souvent, pour les quatre verres de vin, ils sont très, très stricts. Vous savez que, quand il s'agit de takanot, de choses rajoutées par les rabbins, il existe en cas de force majeure, ou si cela coûte trop cher, toutes sortes de possibilités d'alléger un petit peu le poids de ce que cela demande.

Contrairement à ce qui se passe pour les lois de la Torah elle-même. Mais là, pour les quatre verres de vin, ils sont particulièrement stricts. Curieux ! La Michna le dit comme ça: il faut absolument avoir quatre verres de vin. Surtout ne pas diminuer. Ni trois, ni deux. Quatre ! Et s'il n'a pas d'argent pour acheter quatre verres de vin – apparemment, à l'époque, le vin était cher, ou il y avait des périodes où c'était très cher – eh bien, qu'il se débrouille !

Même un pauvre qui mange à la soupe populaire, aux Restos du Cœur de Coluche, celui-là aussi doit prendre quatre verres de vin. Quatre verres de vin. Dans la Lacha, c'est écrit que si l'on n'a pas d'argent pour acheter quatre verres de vin, eh bien, vends un vêtement et prends-toi les quatre verres de vin. La question est de savoir pourquoi c'est tellement important, pour une règle de nos maîtres, pourquoi c'est tellement important, les quatre verres de vin, et pas trois, pas deux, pas un. D'abord, pourquoi faut-il prendre quatre verres de vin ? Il y a plusieurs explications dans la Guemara, mais la plus connue, celle que tout le monde…

Je vous la raconte, et ça rappelle l'histoire des quatre Leshonot de Gueoula. Ce sont les quatre formes de libération, ou en tout cas de langage, que D.ieu a choisies pour parler de la sortie d'Égypte. Lorsque D.ieu parle à Moshé, tout au début de l'affaire, il lui dit: voilà mon plan. Mon plan, c'est que je vais vous sortir de là-bas. Mais au lieu de lui dire « je vais sortir », point, il lui parle en quatre étapes. Je vous donne le texte, pour ceux et celles qui auraient oublié.

Il dit comme ça: Vehotsaeti etkhem missivlot Mitzrayim, « je vous sortirai des souffrances de l'Égypte ». Vehitsalti etkhem mē'avodatam, « et je vous délivrerai de la servitude ». Veguéalti etkhem bizroa netouyah, « et je vous libérerai avec force », etc. Ça, c'est dans un verset. Puis dans un autre verset, il est écrit: « Et je vous prendrai pour peuple, et je serai pour vous un Dieu. » Donc quatre verbes utilisés pour dire « je vous sortirai d'Égypte ». Et parce que D.ieu s'est exprimé avec quatre verbes différents, eh bien on prend quatre verres de vin. Et pas moins. Et pas moins que quatre verres de vin. Ce qui est quand même un petit peu curieux.

Pourquoi s'est-il exprimé de cette façon ? Pourquoi ne pas dire directement « Je vous sortirai », et voilà ? Si l'on regarde plus précisément le texte, on s'aperçoit qu'il s'agit de quatre étapes de la libération. D'abord, on sort des souffrances, sivlot Mitzrayim. Ensuite, de l'esclavage lui-même. L'esclavage n'est pas obligatoirement lié à la souffrance, vous savez. Un esclave, c'est un homme qui travaille. La différence entre lui et un travailleur, c'est que le travailleur, lui, reçoit de l'argent pour cela. L'esclave, non.

Et le travailleur, en général, peut choisir son boulot. Tandis que l'esclave va là où on lui dit d'aller et fait ce qu'on lui dit de faire. Mais à part ça, ce n'est pas obligatoirement lié à des coups, à une souffrance physique. Même si, souvent, c'est le cas, mais pas obligatoirement. Donc, pour reprendre les versets: je vous sortirai des souffrances de l'Égypte; ensuite, je vous libérerai de tout ce qui est esclavage, vous ne serez plus des êtres soumis à d'autres. Véga'alti, Véga'alti, cela veut dire: vous vous sentirez plus étrangers sur une terre étrangère.

Vous vous sentirez plus que l'on vous regarde de travers. Vous vous sentirez plus… pas chez vous. Mais vous aurez l'impression d'être réellement un homme respecté pour ce qu'il est. Et enfin: « Je vous prendrai pour peuple, et je serai pour vous un Dieu » – pardon, « je vous prendrai pour moi comme peuple ». C'est évidemment une allusion au don de la Torah, qui vient un peu après la sortie d'Égypte, comme nous le savons, quarante-neuf, cinquante jours après, avec l'épisode de Chavouot. Donc la Torah nous dit bien: je te sortirai d'Égypte, mais je te sortirai en quatre étapes. Et la vérité, c'est quatre étapes.

Elles correspondent aux quatre étapes de l'exil. Quand on est entré en Égypte, là aussi, cela ne s'est pas fait d'un seul coup. Vous croyez que nos persécuteurs commencent directement par les chambres à gaz et les fours crématoires ? Mais non ! Tout cela se fait progressivement. Havah nitchakhmah lo – « allons-y avec sagesse, procédons de manière progressive » – a dit Pharaon à ses sbires, à ses ministres. Et en effet, si l'on regarde bien, on n'a pas le temps de le faire maintenant, mais si l'on regarde bien le début du livre de Chemot, on voit que cela se fait progressivement. D'abord, on leur fait comprendre qu'ils ne sont pas chez eux.

On les regarde un petit peu de travers, ils doivent payer une taxe particulière; ensuite, on leur dit de travailler, ou on les oblige à travailler; et après seulement vient le côté souffrance physique. Et de la même façon que l'exil se fait par étapes, et que la servitude en Égypte se fait par étapes, la sortie se fait également par étapes. Et il est tellement important de comprendre qu'il existe un processus: il y a un processus d'esclavage et un processus de libération. C'est pour cela qu'on prend quatre verres de vin, pas trois, pas deux, pas un.

Pour mettre l'accent sur le fait que tout cela est un processus, et que ce n'est pas: un jour je suis libre, le lendemain je suis esclave. Ou un jour je suis esclave, et le lendemain je suis libre. C'est une grande leçon de l'histoire à retenir. Le Juif doit savoir que les choses sont progressives. Cela lui apprend d'abord à comprendre les choses dès le début, et à pouvoir encore s'en sortir lorsqu'il a encore le …

Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling

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