Questions-réponses avec le Rav Binyamin : divorce, kabbale et tefilines
Le Rav répond à des questions sur le second mariage, l'étude de la kabbale et les tefilines mehoudarot.
Orot veKelim
Ensuite : Questions-réponses sur l'âme, le libre arbitre et le rôle de l'homme, 47 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Salam, Rav Benishai. Merci. Rav Benishai, est-ce que vous m'entendez ? Salam, Rav. Beaucoup de gens m'ont demandé pourquoi la caméra n'est pas en face de vous. Elle n'est pas en face de moi. Eh oui, c'est un problème.
Deuxième question. C'est la première question, la plus difficile. Je vais essayer de résoudre le problème. Voilà, elle est en face, elle est bonne. Parfois le plus simple est le plus difficile. Alors on commence par les choses faciles. Comme vous le savez, à la yeshiva, au bikini, au shiva online, on essaie de rapprocher les élèves des rabbanim, de ne pas seulement faire un enseignement sur Zoom et rester un peu parvenu. On essaie d'avoir un vrai kiboud avec nos rabbanim. On a demandé aux élèves de poser leurs questions, s'ils en avaient, pour vous, Rav. On a reçu une quinzaine de questions. Je ne pense pas qu'on va arriver à tout faire, mais on va commencer par le début. Certaines questions sont anonymes, d'autres sont posées par des personnes que j'appellerai au fur et à mesure.
Première question, anonyme et grave: « Si je suis divorcé et remarié, cela veut dire que Mané Chama avait deux âmes sœurs ? » Évidemment, je comprends l'idée qui se cache derrière cela. Étant donné qu'on a beaucoup de questions, je vais essayer de donner des réponses brèves, de façon à répondre le plus possible à ceux qui s'adressent à nous.
Non. Cela veut dire que, lors du premier mariage, seulement une partie de ma personnalité est apparue, et que j'ai eu besoin de me marier une deuxième fois pour que le reste apparaisse. Il y en a qui aujourd'hui ont besoin de le faire trois fois, et j'espère que cela s'arrête là, parce qu'on n'a pas besoin de plus d'un Hourban Richon et d'un Hourban Chéni. Ça nous suffit. En principe, avec le troisième, on devrait arriver à bon port.
L'idée, c'est que quand quelqu'un se marie, il arrive à faire apparaître pleinement, dans sa vie de couple, le contenu profond de son âme. Des fois, il n'y arrive pas. On ne va pas entrer maintenant dans toutes les raisons qui amènent à cela. Ça peut venir d'un côté comme de l'autre, parce que dans un couple, en principe, on est deux à essayer de réaliser cela.
Toujours est-il que c'est l'idée. Je n'ai pas besoin de deux âmes sœurs. J'ai besoin d'une âme avec laquelle je dois me révéler complètement et totalement, et remplir le rôle qui m'a été attribué par Dieu. Et des fois, on n'arrive pas à le faire du premier coup, et il y a des gens qui s'occupent de ce travail-là. Voilà l'idée essentielle.
C'est une idée importante, parce qu'avant de renoncer à quelque chose, on doit se demander si on a tout fait, et si on a essayé jusqu'au bout de réaliser ce qu'on devait réaliser dans le cadre de ce que Dieu nous a proposé et offert. Et ça n'a jamais été un hasard.
Deuxième question, David, également anonyme: « Étudiez-vous la Kabbale ? Et si oui, par quel livre commencez-vous à étudier la Kabbale ? »
Eh bien, la Kabbale est la transmission, d'un maître à un élève, de la connaissance du sens profond de la Torah, qui est caché. Elle s'appelle Kabbale parce que c'est comme ça que les choses se font: elles se transmettent. En principe, il n'y a pas de rav qui, en tout cas à un certain niveau et à un certain âge, n'ait pas touché à ces enseignements, parce qu'ils font partie intégrante de la loi orale.
Nous avons eu le mérite d'étudier avec notre maître, le Rav Yehouda Achkenazi. Ce que j'ai reçu par tradition, c'est que la meilleure introduction à la Kabbale est l'étude des livres du Maharal de Prague, qui a fait le travail extraordinaire de nous transmettre, dans un langage compréhensible et qui semble rationnel, des secrets concernant le sens profond de la Torah, qui nous a été donnée par les Midrachim et les Haggadot.
Mon maître avait par exemple l'habitude d'enseigner aussi le livre qui s'appelle Chaarei Ora, considéré comme un livre de Kabbale. Il y a des élèves qui ont participé longtemps à cet enseignement. Il y en a d'autres aussi, évidemment, mais c'est un sujet qu'il faut beaucoup plus développer, et on le fera peut-être à une autre occasion.
Rav, pourquoi avons-nous des problèmes dans la vie, sachant que nous approchons de la Gueoula ? Ah bon, voilà une question simple. Pourquoi a-t-on des problèmes dans la vie ? Je vais vous expliquer. Parce qu'on est dans le raffinement. Pendant des milliers d'années, on avait des problèmes de survie. Aujourd'hui, on a des problèmes de vie, et la différence est énorme. Quand il y avait des problèmes de survie, on ne faisait pas tellement attention aux détails.
Mais on vit une époque où, précisément parce qu'on se rapproche de plus en plus de l'accomplissement du projet divin, on fait de plus en plus attention aux détails. C'est comme quelqu'un qui grandit. Quand un bébé est bébé, on ne fait pas tellement attention à la soupe qui lui tombe dessus. L'essentiel, pour la maman, c'est que le bébé prenne la soupe, et ça ne dérange pas qu'il en fasse tomber la moitié de la cuillère sur lui. Et quand quelqu'un grandit, il fait attention à la plus petite tache sur son vêtement.
Au niveau du peuple aussi, il y a des choses qu'on a mises de côté pendant longtemps. On n'avait pas le choix, on était occupé à survivre. Il n'y a pas si longtemps que ça, on a l'impression d'être dans le temps de la Gueoula depuis des siècles et des siècles. Concrètement et pratiquement, cela a commencé il y a cinq siècles, et puis cela s'est de plus en plus concrétisé. On peut dire qu'on est véritablement occupé à cela depuis à peu près 120 ans.
Et évidemment, plus on approche de la réalisation du projet divin, c'est-à-dire du rôle que le peuple d'Israël doit remplir, plus on fait attention aux détails. Ce qui nous paraissait, au départ, comme un luxe, « on n'a pas le temps maintenant, on ne va pas commencer à vérifier comment chacun accomplit exactement les mitsvot », devient aujourd'hui une préoccupation. À l'époque de l'exil, si quelqu'un restait juif, c'était considéré comme un miracle. Ensuite, on a commencé à se poser la question: qu'est-ce que veut dire être juif ? Qu'est-ce que cette identité ? Comment la réaliser ? Où la vivre ? Dans quel contexte ?
Alors, évidemment, on s'occupe de plus en plus de détails, et des détails très importants, parce qu'ils font apparaître complètement la stature de notre peuple. On est très occupé, et chacun de nous a beaucoup de choses, beaucoup d'équations à résoudre. Quand je me rappelle mon enfance, l'idée essentielle, c'était de ne pas s'assimiler. Quand quelqu'un ne s'assimilait pas, on disait: il a complètement réussi. Aujourd'hui, vous comprenez qu'on est occupé à autre chose.
De quoi notre État a-t-il besoin ? Qu'est-ce qu'on attend de voir se réaliser dans le cadre de notre histoire nationale ? Comment chacun y prend-il …
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