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Hanouka, le huit dans le sept : l'infini entre dans le fini

Le 25 Kislev contient huit jours : comment l'infini s'introduit dans le temps fini, et pourquoi on allume à la tombée de la nuit.

60 min

Rav Yoël Benharrouche

Ensuite : Hanouka, la lumière qui relie le petit et le grand, 49 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous allons continuer notre développement concernant Hanouka. Nous avons cité la Guemara dans le traité de Chabbat, page 21, qui posait la question « Qu'est-ce que Hanouka ? » et qui répondait d'une manière qui nous a fait reposer une autre question: le 25 Kislev, il y a 8 jours. Vous vous rappelez ?

Ce n'est pas que les huit jours commencent à partir du 25 Kislev. La manière dont la Guemara s'exprime est textuelle: Bé'hamicha ba-Kislev yémei Hanouka chmonat yamim. Le 25, c'est-à-dire en un jour, dans cette date-là, il y a en fait huit jours. Et nous avons posé la question: comment est-il possible qu'un jour contienne huit ?

Nous avons répondu qu'il ne s'agit pas d'un temps, mais de quelque chose qui est hors du temps. Nous avons expliqué qu'en fait, la lumière de Hanouka et le jour de Hanouka nous introduisent à une notion beaucoup plus profonde de la vie, une notion où le temps et l'espace n'existent pas tels que nous les comprenons, et où il y a effectivement une possibilité de placer l'infini dans le temps fini.

Et c'est pour ça que le chiffre 8, qui est l'infini, entre à l'intérieur de cette date du 25 du mois de Kislev, qui est en réalité un temps fini, car c'est une date. Donc comment l'infini entre-t-il dans le fini ? D'ailleurs, si on prend la valeur numérique de 25, 2 plus 5, cela fait 7. Ça veut dire que nous sommes dans un monde de nature. 7, c'est la nature, les sept jours de la Création. Or, ici, il y a un jeu où le 8, qui est l'infini, entre dans le 7, qui est le fini. Vous me suivez ?

Et la Guemara continue, deuxième ligne. Dès lors, les mispédim, on n'a pas le droit de faire des choses qui sont en relation avec la mort, les rites funèbres. On n'a pas le droit de se mortifier, de jeûner pendant ces huit jours. Et ça, c'est déjà au niveau de la halakha.

Et là, la Guemara nous raconte quelque chose qui s'est passé historiquement, mais qui, bien entendu, a des conséquences beaucoup plus profondes que nous devons étudier. Lorsque les Grecs ont pénétré dans le Hékhal, au Beit Hamikdash, ils ont souillé toutes les huiles qui s'y trouvaient.

Et lorsque la maison des Hachmonaïm a eu raison de ces Grecs, qu'elle les a battus, bidkou velo matsou ela pakh ehad shel chemen. Ils ont vérifié et ils n'ont trouvé qu'une seule fiole d'huile. Mais je croyais que les Grecs avaient tout souillé ? C'est ce qu'on vient de dire. Alors, il faut trancher: ou bien les Grecs ont souillé toutes les huiles, ou bien… Tu n'as qu'à dire autrement: ils ont souillé toutes les huiles, sauf une. Mais là, ce n'est pas ce qui est écrit. Ils ont souillé toutes les huiles. Et après, lorsque les Hachmonaïm les ont battus, ils ont vérifié et ont trouvé une fiole d'huile, chéhaya moumakh bé'hotamo chel Cohen Gadol, qui était encore scellée avec le sceau du Grand Prêtre.

Et qu'est-ce qui se passe avec cette fiole ? On a réussi à allumer avec cette fiole, qui ne suffisait que pour une journée, pendant huit jours. Voilà l'histoire de la Guemara. Et bien entendu, nos Sages minimisent dans leurs expressions, pour nous laisser en fait une grande place à l'étude. En effet, à chaque fois que les choses sont concises, cela laisse beaucoup plus de place à l'élève pour développer ce que le Rav a dit. Quand le Rav dit trop, quand il écrit trop, on n'a pas de marge de manœuvre: tout est dit. Moins on dit, plus il y a à dire. Vous comprenez comment ça marche ?

Il faut donc rentrer dans le texte, et on va essayer de comprendre point par point, pour développer vraiment ce qui s'est passé. Bien entendu, pas seulement pour apprendre l'histoire, mais pour apprendre ce que nous pouvons tirer de ce récit par rapport à nos jours aujourd'hui. Comment dois-je entrer, arriver à Hanouka ?

Tu dois faire un travail de développement pour essayer de comprendre la volonté de l'Éternel. Ni tel ni tel. Mais ce que le Saint béni soit-Il veut nous dire, ce qu'Il veut nous faire comprendre, en nous donnant dans ce monde des jours de fête. Si on a des jours de fête dans ce monde, ce sont des rendez-vous. Des rendez-vous avec qui ? Avec les valeurs de l'infini. Chaque fois que nous avons une fête, il y a un rendez-vous.

Ok. Un moèd, c'est un rendez-vous. Là, en l'occurrence, ce n'est pas un moèd. Les moadim, ce sont Pessa'h, Chavouot et Souccot. Mais c'est quand même un rendez-vous dans le temps, puisqu'il y a eu une fête, il y a eu un événement, et nous avons une date bien précise qui commence et qui clôture. Donc nous devons savoir que dans le temps, il y a comme des fenêtres ouvertes vers quelque chose de beaucoup plus grand.

Et il faut utiliser ces fenêtres, il faut utiliser ces moments dans le temps où le lien avec la lumière d'Hachem est beaucoup plus facile. L'une de ces fenêtres, c'est Hanouka. Et là, nous avons huit jours, comme jamais dans l'année. Il n'y a aucune fête qui dure huit jours, et il n'y a aucune fête où l'on dit le Hallel complet pendant les huit jours. Ça n'existe pas. Cela veut dire qu'en fait, la valeur de l'infini apparaît dans ces huit jours de Hanouka.

Car, je répète ce que nous avons déjà dit à plusieurs reprises: le chiffre 8 est là pour nous indiquer quelque chose qui dépasse la nature, la nature étant basée sur le chiffre 7. Alors, on va commencer à expliquer. Lorsqu'on précise les paroles de la Guemara, on tombe immédiatement sur un problème: le 25 du mois de Kislev, il y a 8 jours.

Il semblerait donc que cette date du mois de Kislev soit elle-même appelée « les huit jours de Hanouka », alors qu'il s'agit d'un seul jour. Autrement dit, les huit jours de Hanouka sont déjà dans la première journée de Hanouka. Comme si le reste n'était que le dévoilement de ce qu'il y avait déjà dans le premier jour.

Et effectivement, quand le miracle a-t-il eu lieu ? Le premier jour. Puisqu'après le premier jour, il reste combien de jours ? Sept. Sept, c'est déjà la nature. Vous comprenez ? Sept, c'est la nature. Donc, celui qui a transformé cette nature en quelque chose qui est au-delà, c'est le premier jour. Là, il y a une transformation. Là, il y a quelque chose qui n'est pas logique.

Le huitième jour est une conséquence, mais ce qui était au début se retrouve à la fin. Donc, en réalité, tout ce que tu verras pendant les huit jours de Hanouka se trouvait dans la graine. S'il n'y a pas ça dans la graine, cela ne pourra jamais apparaître, on est d'accord ? L'arbre ne va jamais faire apparaître quelque chose qui n'était pas dans sa graine.

Cours de la chaîne YouTube du Rav Yoël Benharrouche

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