Le bouc de Kippour pardonne-t-il sans téchouva ?
Maïmonide, le Rav Soloveitchik et la différence entre kapara et réparation complète des fautes.
Rav Élie Kling
Ensuite : Le bouc de Kippour : kappara, tahara et téchouva, 1 h 12
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Il habitait aux États-Unis. Un grand penseur, également un homme de halakha et un homme de limoud. Il avait l'habitude, dans sa communauté, d'étudier les dix chapitres des Hilkhot Techouva, les lois concernant la téchouva de Maïmonide, pendant les dix jours de pénitence, Asséret Yemei Téchouva. Ça tombe bien: les dix chapitres, les dix jours, ils faisaient un chapitre par jour.
Et il a eu l'idée, lui ou ses élèves, de rédiger ensuite une bonne partie de ses cours dans un très bon livre. Je vais faire de la pub pour ce livre, parce que pour les hébraïsants d'entre nous, je ne crois pas qu'il soit sorti en français, mais ça vaut la peine d'aller le voir. Il s'appelle À la téchouva, tout simplement, c'est-à-dire sur la téchouva, à propos de la téchouva, de Rav Soloveitchik. La petite étude qu'on va faire maintenant est basée sur l'enseignement du Rav Soloveitchik sur le premier chapitre du Rambam, de Maïmonide, sur la téchouva.
Je vous lis ce que Maïmonide dit sur la téchouva. Vous allez me demander pourquoi je ne vous ai pas envoyé les mekorot, les sources, pour que vous puissiez suivre aussi. C'est une bonne question, et je vous remercie de me l'avoir posée. Tout simplement, j'ai oublié. Mais ce n'est pas grave. Je vais vous lire le texte, et vous allez écouter avec moi. Le Rambam commence les lois de la téchouva de cette manière-là. Je vous lis le texte.
« Kol hamitsvot chebaTorah, toutes les mitsvot de la Torah, qu'elles soient positives ou négatives. » Vous savez que dans la Torah il y a des mitsvot positives, c'est-à-dire « fais », et il y a des mitsvot négatives, c'est-à-dire « ne fais pas ». On sait également combien il y en a: 365 négatives et 248 positives, c'est comme ça.
Avant d'écrire sa grande encyclopédie de la loi juive, qui s'appelle Michné Torah, la seconde Torah, ou Yad HaHazaka, la main forte, il a écrit une introduction qui s'appelle Sefer HaMitsvot, dans laquelle, précisément, il compte les 613 mitsvot. Parce que, comme vous le savez, on sait qu'il y en a 613, on sait même combien sont positives et combien sont négatives, mais on ne sait pas les dénombrer, c'est-à-dire on ne sait pas exactement ce qui compte pour une mitsva et ce qui ne compte pas. Si je vous dis, par exemple, Chabbat: Chabbat, c'est combien de mitsvot ? Une ? Trente-neuf, comme le nombre de travaux interdits le Chabbat ? Plus, moins ? Voilà. Ces choses ne sont pas toujours très claires. Il y a eu, durant toute l'histoire juive, ce qu'on appelle les Monei HaMitsvot, ceux qui ont compté les mitsvot, et le Rambam fait partie de ceux-là; c'est même certainement le plus reconnu de tous.
Dans le Sefer HaMitsvot, il dénombre donc les 613 mitsvot. Et dans le Michné Torah, qu'est-ce qu'il fait ? Il étudie les mitsvot, mais il les classe par sujet. Il y a une mitsva qui est apparemment la mitsva de la téchouva, et dans ses Hilkhot Téchouva, lois concernant la téchouva, il commence comme ça, premier chapitre, premier paragraphe:
« Kol hamitsvot chebaTorah, toutes les mitsvot de la Torah, qu'elles soient positives ou négatives. Im avar adam al achat mehem, si quelqu'un a transgressé l'une d'entre elles, o lo kiyem et asher tsivah, ou n'a pas fait l'une de celles qu'il devait faire, bein bezadon bein beshogue, que ce soit de manière volontaire ou de manière involontaire, keshe yaasé téchouva veyachouv mechéto haya leivadot, le jour où il fait téchouva, le jour où il décide de revenir sur ce qu'il a fait et de se repentir de sa faute, eh bien, il sera obligé de faire le vidouï. »
Le vidouï, c'est-à-dire, si vous traduisez vidouï par « confession », ça fait tout de suite très, très catéchisme. On ne peut rien y faire, la langue nous envoie vers toutes sortes d'associations.
Je n'entre pas dans la grande question que tout le monde pose sur Maïmonide.
Il commence les lois de la téchouva de manière très bizarre, très curieuse, contrairement à ce qu'il fait pour toutes les autres mitsvot. Au lieu de nous définir d'abord quelle est la mitsva, c'est-à-dire de nous dire: il y a une mitsva de faire téchouva, comme il est écrit, etc., il nous fait comme si cette mitsva allait de soi. Il écrit: lorsque quelqu'un a transgressé et qu'il fait téchouva, alors il doit faire le vidouï. Il ne parle pas vraiment de la mitsva de téchouva, il parle de la mitsva de vidouï, qui pour lui est la mitsva numéro un de la téchouva. Le jour où tu fais téchouva, tu dois faire le vidouï. Je ne veux pas entrer dans cette question-là, comment il se fait qu'il aborde la téchouva de cette manière un petit peu détournée, et pourquoi il ne dit pas carrément: il y a une mitsva de faire téchouva, et voici le verset qui nous l'enseigne.
Parce que moi, ce qui m'intéresse, c'est la suite, ok ? On va laisser tomber ce problème et continuer. Qu'est-ce qu'il nous dit après ? Lorsqu'on fait le vidouï, qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut dire: Vehit vado al hattat hazéh chéhatu bo lifnei hachem, vidouï devarim. C'est ce qu'on appelle le vidouï par la parole. Il ne suffit donc pas de penser dans son cœur: voilà, je me suis mal conduit, je regrette, etc. Non, non. Il faut dire les choses, il faut les sortir par la bouche,
il faut les prononcer. Encore une fois, pas à l'oreille du monde entier, à tes oreilles à toi, mais tu es obligé de le sortir. Parce que quand tu sors quelque chose, nous, chez les juifs, on n'a pas tellement confiance dans les pensées, on préfère les actes, et en tout cas les paroles, qui sont une sorte d'expression de la pensée, qui sort un petit peu la pensée de nous-mêmes. Et ça, c'est très important pour concrétiser de manière très claire ce que tu as envie de dire, de
faire ou de ressentir. Le ressenti doit donc s'exprimer par les mots. C'est pour ça que, pour faire le vidouï, il faut prononcer, il faut vraiment prononcer, il faut entendre avec ses oreilles ce que tu prononces.
Et qu'est-ce qu'il faut prononcer exactement ? Quelle est la formule magique, si vous voulez, quand on fait téchouva ? Le Rambam nous dit les choses qui sont claires pour nous. Je pense que nous le savons tous. Vous connaissez les trois stades de la téchouva: voilà ce qu'il faut dire. Comment fait-on le vidouï ? Il faut dire: Ana Hachem, hatati, avити, pachati lefanékha,..., et puis: ... vehakhati..., ..., Tiboch..., ..., ..., *.... Donc trois étapes.
Les trois étapes de la téchouva que tout le monde connaît. Premièrement, la reconnaissance de la faute: hatati, avati, etc. J'ai fait une faute, et quelle faute ? J'ai fait ça, ça et ça, etc. Ensuite, je regrette de l'avoir faite: bosh ti'h lé'amti, je regrette de l'avoir faite, je n'aurais pas dû …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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