Les pieds de vache et l'affaire de Rami de Soura
Le Talmud de Roch Hachana (Roch Hachana traité) : lait et viande, la question des pieds de vache, et la dispense du talit emprunté.
Rav Élie Kling
Ensuite : Le krâle, Rami bar Tamari et le respect des parents, 1 h 24
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Tout le monde se prépare à Kippour, qui approche. Un Kippour un peu spécial, mais bon. J'ai choisi de parler d'un problème d'actualité, qui vous concerne tous et qui est au cœur de nos préoccupations en ce moment: le grave problème des pis de vache. Je sais que c'est un sujet qui vous empêche de dormir, puisque c'est la question qu'on se pose surtout avec le Corona: a-t-on le droit ou non de manger des pis de vache ? C'est de cela que nous allons parler.
Autour de l'histoire des pis de vache, nous allons raconter une histoire talmudique. Mais d'abord, quelques introductions pour comprendre pourquoi il y a un problème avec les pis de vache. Si ce n'était pas sur Zoom, je vous poserais la question et vous me donneriez la réponse, mais comme c'est sur Zoom, il vaut mieux couper les micros, parce que sinon on entend tous les bruits de fond, comme vous le savez.
Donc c'est moi qui pose les questions et qui donne en même temps les réponses. Ce sont des questions rhétoriques, si vous voulez. La question est de savoir pourquoi il y aurait un problème de cacherout avec les pis de vache. La réponse est bien sûr: parce que le pis, c'est peut-être de la viande, mais à l'intérieur duquel il y a du lait. Il y a donc un problème de lait et de viande, comme tout le monde peut le comprendre. Il y avait donc un problème à l'époque: est-ce que oui ou non on a le droit d'en manger ? À l'époque dont je vous parle…
Deuxième introduction historique, pour comprendre l'histoire que nous allons voir tout de suite. À l'époque dont je parle, il y avait en Babylonie, puisque c'est là que le peuple juif était exilé, deux grands centres talmudiques: l'un dans la ville sainte de Poumbedita, l'autre dans la ville de Soura. Chacune de ces deux villes avait évidemment une majorité de païens, mais il y avait de grandes communautés juives.
Il y avait un beth din, il y avait une yeshiva, il y avait des écoles, etc. À Poumbedita, le maître des lieux, le mara de'atra, s'appelait Rav Yehouda. À Soura, son collègue, si vous voulez, qui était le président du tribunal rabbinique de Soura et qui était également le rosh yeshiva, c'était Rav Rizda.
Deux énormes talmidei hakhamim de l'époque de la Guemara, ce qu'on appelle des amoraïm: là un à Soura, là un à Poumbedita. Et, comme très souvent lorsqu'il y a deux grands centres juifs, il y a beaucoup de discussions entre les deux. Il y avait évidemment des discussions halakhiques, des discussions de pensée juive, etc. L'une d'elles portait sur les pis de vache. À Soura, on avait décidé de ne pas en manger: il y avait trop de lait dans le pays, donc impossible d'en manger. Ils n'en mangeaient pas, et c'est tout.
À Poumbedita, en revanche, on mangeait le pis de vache. Ah, ils commençaient à se payer du lait ! Oui, mais ce n'est pas qu'il y a du lait: le lait est à l'intérieur du pis. Alors ça va. La seule chose, c'est qu'on le grillait pour le manger. On le grillait, on ne le faisait pas simplement cuire. Parce que, quand vous faites cuire quelque chose, évidemment, ce qu'il y a à l'intérieur sort, et à ce moment-là c'est vraiment du lait. Mais tant qu'il est à l'intérieur, c'est considéré comme de la viande, même s'il y a du lait dedans. C'est comme pour le foie, par exemple.
OK ? Le foie, c'est le même problème. A priori, c'est un morceau de viande. Quel est le problème ? C'est qu'à l'intérieur du foie il y a, comme vous le savez, du sang, et le sang est interdit. Ah oui, mais le sang est à l'intérieur du foie, on ne le voit pas. Bon, on ne le voit pas, ce qui fait qu'on a le droit de le manger. Mais, comme vous le savez, le foie, on le mange comment ? Uniquement grillé, le kaveh. C'est la même chose. Donc à Poumbedita, on disait: d'accord, on peut manger le pis de vache à condition de le griller. Voilà ce qu'il faut savoir pour comprendre l'histoire qui est arrivée la veille de Kippour, avec un homme qui s'appelle…
Rami. Nous allons donc lire ensemble les aventures de Rami de Soura, qui se trouvent dans le traité de Houlin. C'est une histoire racontée dans le Talmud. Ceux qui parlent, il faudrait couper le micro, parce que sinon on entend tous les bruits de fond, des enfants et tout ça. Donc, c'est dans le traité Houlin.
C'est normal, parce que Houlin est le traité qui traite des questions de cacherout, donc il est logique que ce soit là. Pour ceux que ça intéresse, la référence exacte est la page 110: cela commence à la page 110a et continue à la page 110b. Voici donc ce que nous raconte le texte que vous avez devant les yeux et que nous allons suivre ensemble: Bessoura lo akhley kralé. Bepoumpedita akhley kralé. À Soura, on ne mange pas de kral. À Poumbedita, on mange du kral.
Le kral, vous l'aurez compris, c'est ainsi qu'on appelait à l'époque les pis de vache, en araméen. Aujourd'hui, en hébreu, comment dit-on ? On dit atinim. Et si vous regardez le texte, vous voyez que j'ai mis en titre: ciporosh elrami bissoura aich akhal atinim. Atinim, c'est le mot pour les pis de vache. C'est important à savoir, parce qu'on a parfois besoin de le placer dans la conversation: tu rencontres quelqu'un, tu fais un petit bout… atinim, atin.
Donc, en hébreu ou en araméen de la Guemara, cela se dit kral. À Soura, on ne mangeait pas de kral, et à Poumbedita, on en mangeait. Rami bar Tamari. Demandons à notre ami Yaakov de suivre avec la petite souris, comme ça… voilà. Rami bar Tamari: Rami, fils de Tamari.
Comment s'appelait son père ? Tamari, très bien. Mais il y a aussi la version Rami bar Dikouli: certains disent qu'il s'appelait Rami, fils de Dikouli. Comme l'histoire s'est produite il y a longtemps, on ne sait plus très bien si le père de Rami s'appelait Tamari ou Dikouli. On s'en fiche un peu, me direz-vous. L'essentiel, c'est qu'il s'appelle Rami. Mais la Guemara est très précise, et on veut être précis, donc on ne sait pas trop. On peut comprendre la confusion, parce que Tamari vient de tamar, la datte, et Dikouli vient de dekel, le palmier de Jéricho. Donc on peut comprendre qu'avec le temps, on ne sait plus si son pays s'appelait Jéricho ou s'il s'appelait palmier. En tout cas, ce Rami habitait Poumbedita, figurez-vous. Il habitait la ville de Rav Yehouda, là où on avait l'habitude de manger du kral, en le grillant avant.
Un jour, il voyage et il arrive à Soura. À l'époque, le trajet de Poumbedita à Soura prenait quelques jours, peut-être même plus, vous voyez. Ce n'était pas évident. Il voyage, il voyage, il voyage. Je ne pense pas qu'il l'ait fait exprès, …
Cours de la chaîne YouTube du Rav Élie Kling
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La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
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