Orot HaTechouva, partie 11
Le péché de la terre, l'arbre sans le goût du fruit, puis la valeur d'un simple Hirour Techouva.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le yerour techouva, la pensée de repentir qui révèle la volonté, 42 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Eh bien, j'espère que vous avez passé un bon Chabbat. Le cours est pour la guérison de deux personnes: Shmuel ben Emili, Aïcha. Shmuel ben Emili, Aïcha. Et qui encore ? Myriam Batrana. Myriam Batrana. Eh bien, c'est très bien. Après ce cours, vous allez voir, ils vont être en parfaite santé. Le corona sera oublié. Amen, amen, amen. Je prends des risques. Je passe pour un baba.
C'est lui qui ne prend pas de risque. On va vous prendre pour un ravagé. C'est très bien. Bon, alors, on y va. Nous continuons donc dans Orot HaTechouva. Nous sommes au chapitre 6, évidemment, dans le paragraphe Zayin. Comment est-ce que je sais ? Puisque la dernière fois, nous étions au paragraphe Vav, donc après Vav vient Zayin. Voilà.
Là, il est question d'une techouva au niveau cosmique. De quoi s'agit-il ? Dans les midrachim, on parle d'un péché de la terre. Lors de la création du monde, au troisième jour, quand le Créateur dit que la terre suscite des arbres fruitiers, l'expression employée est ets pri oseh pri, c'est-à-dire un arbre qui fait du fruit. Qu'est-ce que c'est qu'un arbre qui donne des fruits ? L'arbre devrait être lui-même porteur du goût du fruit: si vous mangiez une branche de l'arbre, vous sentiriez déjà le goût du fruit. Mais dans la réalité, il est écrit que la terre n'a finalement produit que des arbres qui donnent des fruits, et l'arbre lui-même n'a pas le goût du fruit.
C'est un péché de la terre, antérieur au péché de l'homme. Il est très bizarre de supposer que la terre aurait été capable de faire un péché. La terre telle que nous la connaissons est une entité, disons, amorale. En dehors de la question morale, elle n'est pas une entité douée de volonté. Et là, on nous parle de l'origine de l'être: à l'origine de la création, tous les êtres auraient été doués de libre arbitre, et cette liberté a disparu par la suite; elle s'est concentrée uniquement dans l'homme. L'homme serait donc le dernier des êtres à être doué de capacités de discernement moral, et c'est de cela que le Rav va nous parler. Pour le Rav Kook, il le dit à plusieurs endroits, le péché de l'homme n'est qu'une conséquence d'un péché encore antérieur, le péché de la création.
On trouve cela également dans une autre version. Le péché de la lune et du soleil n'est pas vraiment un péché, c'est une plainte, posée par la lune contre le soleil. La lune et le soleil étaient de la même brillance, et la lune s'est plainte. Alors le Créateur a dit: puisque c'est comme ça, nous allons faire une différence entre le soleil et la lune. Et c'est la lune qui en a pâti. Or cela est en soi un manque, qui doit être réparé un jour.
Alors, le Rav reprend cette idée et introduit ici la signification de la techouva dans ce thème. Depuis le commencement de la création, il aurait fallu que le goût de l'arbre soit comme le goût du fruit. Qu'est-ce que cela veut dire, l'arbre et le fruit ?
Le Ramhal nous explique que c'est une parabole: le fruit est le but, l'achèvement; l'arbre est le moyen qui mène au but. Si vous devez faire un voyage et arriver quelque part, tant que vous n'êtes pas arrivé, vous êtes dans les moyens. Les moyens ne sont pas toujours agréables; en tout cas, les moyens ne sont pas le but. Mais dans une situation idéale, on devrait ressentir déjà le goût du but dans les moyens.
Voyons ce que dit ici le Rav. Tous les moyens qui sont porteurs d'une tendance spirituelle élevée et collective auraient dû être ressentis par un sens de l'âme qui se trouve dans la tendance, lorsque nous la représentons. C'est-à-dire que le fait même de savoir que nous sommes en route vers un but doit adoucir l'amertume des moyens.
Par exemple, je reprends l'image du petit prince qui rêve de marcher doucement vers une source. Il a soif, mais il veut ne pas souffrir du fait qu'il doit se diriger vers la source. Il devrait jouir avant de boire, d'être désaltéré, d'une certaine manière. Mais la nature de la terre, l'instabilité de la vie, la fatigue de la spiritualité quand elle est enfermée dans le cadre de la corporéité: seul le goût du fruit, de l'aspiration finale, de l'idéal primordial, est ce qu'il ressent dans son plaisir et sa splendeur. Mais les arbres, qui sont les porteurs du fruit, malgré toute leur nécessité pour faire pousser le fruit, se sont concrétisés et ont perdu leur goût.
Je voudrais en donner un petit exemple. Imaginez que vous avez une entreprise importante, une entreprise de bienfaisance. Vous voulez donner à manger aux affamés sur la terre. Alors vous ouvrez un bureau, bien sûr des moyens de communication, et vous contactez des sources nécessaires, des sources financières. Vous prenez un emprunt à la banque et vous montez une équipe. Tout cela est très joli. Mais dans l'équipe, là vont commencer les disputes. Pourquoi ? Parce que certains ne veulent pas que, dans le coin café, il y ait du sucre blanc, et d'autres veulent du sucre roux, justement. Tandis que d'autres disent: mais non, cet écologisme ne sert à rien. Et puis d'abord, qui est responsable de nettoyer le coin café ? Et cela va entraîner des disputes. On dit: tout ce coin café ne sert qu'à faire continuer l'entreprise. Oui, mais nous sommes dans l'instant, et l'instant nous fait oublier le but.
C'est cela dont parle le Rav ici. Les moyens ont pris plus d'importance que le but, et on ne ressent plus le goût du but dans les moyens. C'est cela, le péché de la terre. Il y avait d'ailleurs une petite flèche qui indiquait où nous en sommes dans le texte, mais j'ai l'impression qu'elle est en train de s'approcher. C'est ça, le péché de la terre, qui a été la raison de sa malédiction lorsque l'homme a été maudit pour sa faute. C'est-à-dire que, d'après les midrachim, la terre n'a pas été punie de ne pas avoir obéi à l'ordre de Dieu; il a fallu attendre que l'homme pèche pour que, rétroactivement, la terre aussi soit maudite.
Mais toute entrave, toute dépréciation doit finalement être réparée. C'est un grand principe chez le Rav Kook: l'idéal est permanent, la décadence est temporaire. C'est pour cela que nous sommes assurés avec certitude que la création reviendra à son état antérieur, et que le goût de l'arbre sera comme le goût du fruit. La terre fera de son péché, et les cheminements de la vie pratique ne seront plus un écran contre la douceur de la lumière idéale, qui est soutenue par des moyens dignes qui la renforcent et qui la font passer du potentiel à l'acte.
Alors, maintenant, tout cela sera aidé par un courant de techouva. La techouva s'introduira dans le système: la techouva elle-même, qui insuffle l'esprit intérieur, le souffle intérieur. Je vais reprendre la phrase, qui est un peu ardue et longue. La Techouva Atsma, la …
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
Dans la même série
Étude suivie des Orot HaTechouva du Rav Kook.
- 7
Orot HaTechouva, partie 7 - 8
Orot HaTechouva, partie 8 - 9
Orot HaTechouva, partie 9 - 10
Orot HaTechouva, partie 10 - 11
Orot HaTechouva, partie 11Le péché de la terre, l'arbre sans le goût du fruit, puis la valeur d'un simple Hirour Techouva. - 12
Le yerour techouva, la pensée de repentir qui révèle la volontéLe Rav Kook montre comment la pensée de techouva dévoile la profondeur de la volonté et la liberté de l'âme. - 13
Orot HaTechouva, partie 13 - 14
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