La volonté, origine de l'être, révélée par la techouva
Le chapitre 9 d'Orot HaTechouva : la techouva comme retour à la volonté originelle, et la distinction entre volonté superficielle et profonde.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Orot HaTechouva, partie 17, 42 min
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Alors, j'espère que tout va bien chez vous. Avec l'autorisation de David Altar et de la noble assemblée ici réunie, nous allons continuer notre étude d'Orot HaTechouva. Si vous voulez, je n'impose rien: nous en sommes au chapitre 1, et nous avons commencé le aleph. Ça serait peut-être bien de revenir un peu dessus.
L'idée centrale du chapitre 1, c'est la volonté. La volonté est l'élément essentiel de la techouva, et la techouva est un acte de la volonté: jusqu'à présent, je voulais une certaine chose, et maintenant je veux autre chose. C'est ça, la techouva. Je voulais le mal, et maintenant je veux le bien. Les actions qui découlent de cette prise de position sont secondaires; ce qui est tout d'abord fondamental, c'est la décision, l'acte de volonté qui représente la techouva.
Et pour le Rav Kook, nous allons le voir, la volonté n'est pas une force parmi les forces, une des capacités de l'être, mais elle est l'origine de l'être. C'est-à-dire que nous sommes fondamentalement un être de volonté. C'est ça que nous sommes.
Le problème, c'est de savoir à quel niveau se situe notre volonté. Il y a différents niveaux de volonté. Les gens disent: « Je veux telle chose », mais est-ce que c'est vraiment ce que je veux ? La psychanalyse nous l'a appris, mais la psychologie la plus simple nous l'apprend aussi: parfois nous pensons que nous voulons quelque chose, et en vérité nous voulons autre chose. Il y a donc ce qu'on appelle la volonté manifeste, ratzon guilouï en hébreu.
Je veux une cigarette, je veux un permis de conduire: tout ça, c'est la volonté au niveau superficiel. Mais il y a la profondeur de mon être, ce que je veux véritablement, et ça, c'est quelque chose de tout à fait différent. C'est quelque chose de très caché, qui se révèle à travers la techouva.
Il y a aussi un autre point important: d'où vient cette volonté primordiale, originelle de mon être ? Ça, c'est un enseignement des kabbalistes essentiellement, mais on le trouve un peu partout: la volonté de l'homme est une dérivée de la volonté de Dieu. Au départ, il y a une volonté créatrice; le Créateur veut créer le monde, et cette volonté est une volonté libre. Elle a une dérivée, et cette dérivée, c'est la volonté de l'homme. Cette volonté se manifeste dans toute sa puissance quand on fait techouva.
Quand je fais techouva, je retrouve ma volonté originelle, et je retrouve mon adhésion, mon adaptation, pourrait-on dire, à la volonté du Créateur. C'est ça l'essentiel du chapitre. Évidemment, il y a beaucoup d'autres choses qui s'y ajoutent au passage.
Alors relisons le premier point, d'abord le titre: Erekh haratson hamitgalé al yedei hatechouva, c'est-à-dire la valeur de la volonté qui se révèle par le biais de la techouva. Vous voyez qu'il y a donc une volonté qui n'est pas révélée et qui, lorsque je fais techouva, se révèle. C'est là qu'on découvre qui je suis véritablement.
La permanence de la pensée de techouva fonde le caractère de l'homme sur le fondement de l'immanence, ou si vous voulez, de la noblesse. Le terme hébreu pour noblesse est atsilout, et il peut vouloir dire aussi immanence. Cela veut dire que quand on est en permanence en train de faire techouva, quand on a une pensée orientée, centrée sur la techouva, alors les pensées que nous avons deviennent des pensées nobles. On s'imprègne en permanence d'un esprit délicat, et on fonde ainsi sa personne sur la base spirituelle dans la vie et dans la réalité.
Il y a des gens qui ont des préoccupations d'ordre matériel, c'est le matérialisme, et il y en a qui ont des préoccupations d'ordre spirituel. Les préoccupations d'ordre matériel se trouvent chez les gens qui ne font pas techouva: je me préoccupe de savoir ce que je vais manger, de ce dont je vais jouir, des plaisirs de la vie, de l'argent, des honneurs. Tandis que lorsque je suis centré autour de l'idée de la techouva, je deviens une personnalité qui s'occupe du spirituel.
C'est la différence entre les matérialistes et les spiritualistes. La techouva, installée en permanence dans le cœur, assure à l'homme la grande valeur de la vie spirituelle.
Il y a des gens qui ne sont pas convaincus: tout ça, le spirituel, ce sont des illusions, une sorte de rêve. Par contre, quand on fait techouva en permanence, on est tout à fait conscient de la valeur, de la certitude de la techouva.
— Vous pouvez agrandir toute seule ? Il suffit de tirer sur la droite, et comme ça, ça sera automatiquement plus grand.
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— Le texte.
— Le texte. Alors je vais le faire moi. Merci beaucoup. Génial. Merci. Exactement, très bien.
Bon, maintenant, vous avez une petite question en passant, si déjà on s'est interrompu. Est-ce que la volonté profonde de chacun est de faire la volonté de Dieu, quelle que soit la personne ?
Oui, mais ça dépend à quel niveau ça se situe. Il y en a dont c'est la volonté profonde, et il y en a dont c'est la volonté de la profondeur de la profondeur. Tout dépend des dégâts qu'on a faits à la néchama. Et plus le dégât est important, plus il faut chercher dans la racine de la racine de la racine. C'est ce qui fait les différences entre les personnes.
Vous avez des gens qui sont foncièrement mauvais, qui veulent le mal même dans l'intériorité de leur cœur, et c'est seulement dans la très grande profondeur qu'on peut trouver autre chose. Un exemple tout bête, c'est Pharaon. Pharaon est un homme mauvais; il ne veut pas libérer Israël, il est enfoncé dans son idolâtrie, dans son matérialisme. Mais il y a un moment où il dit: Mi kamokha ba'elim Hachem, qui est comme toi parmi les dieux, Éternel. Même dans quelqu'un d'aussi méchant que Pharaon, en creusant très fort, il faut pour cela l'engloutissement de son armée dans la mer Rouge, il y a une étincelle qui apparaît à un moment.
Je reviens ici au texte, et le grand principe selon lequel la bonne volonté, c'est tout, et que tous les dons que nous avons dans le monde ne sont que son accomplissement, devient un contenu inscrit dans son être grâce à la lumière de la techouva qui est fixée en lui. Cela entraîne un flux permanent d'esprit saint et une volonté sublime de sainteté, au-delà de ce que ressentent les hommes habituels, en se renforçant en lui. C'est alors qu'on est capable de reconnaître que le bien véritable et la véritable réussite ne dépendent finalement que de l'homme lui-même, et d'aucune condition extérieure: c'est la bonne volonté.
Cours de la chaîne YouTube d'Orot veKelim
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