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Le silence de Dieu, poème de Benjamin Fondan

Un poème écrit par un Juif français mort à Birkenau, lu à Yom HaChoah sur l'absence de Dieu.

3 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Jérémie appelé dès l'enfance, selon André Neher, 7 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

En ce jour de Yomazikaron, la Shoah, j'aimerais vous faire entendre ce poème de Benjamin Fondane, un poète français mort à Birkenau en octobre 1944. Son texte s'intitule « Le silence de Dieu ».

« Le Dieu, sais-tu, disais-tu, qui habitait notre pierre ? Sais-tu, la statue a déserté le socle, la terre est devenue opaque, la vitre s'est embuée.

La vie s'est engourdie comme le sang des serpents, l'hiver de Dieu est là. Mais l'eau qui dort, son frêle sommeil dessous la glace solide des rivières. Mais le poisson qui rêve dans le sommeil de l'eau, les orties orphelines. Qu'attendait-il sinon la gifle du printemps ? Mais certes, Dieu, sais-tu, il a fui un visage dont le gel et la mousse ont fendillé le marbre.

La mobile fourmi s'est logée dans ses yeux, le vent siffle à travers ses lèvres ébréchées. Mais renoncerons-nous à l'aimer, à le craindre, à le chercher sur terre et plus loin que la terre ? Et pourrions-nous dormir tant qu'il sera absent, mourir pendant qu'il n'est pas là ? Dieu est mort, disais-tu ? Il se peut. Que de choses mortes déjà, qui pèsent si lourd sur notre émouna, que d'années, que d'arbres,

et que de souvenirs morts, que de lettres d'amour et de cheveux de femme. Et cependant, quelle source est réjouie de cela ? Et quel fou penché sur un automne périssable et déjà périssant, sur un être mourant et déjà mort, ne s'est point agrippé à ce cadavre qui fut la vie ? Quel insensé !

Qui n'a voulu, ne fût-ce qu'un peu de crépuscule, une poignée d'odeur, quelque absurde soulier d'une ombre, et qui peut rire de ce que l'éternel lui-même meurt ? Que sa mémoire soit bénie. »

En souvenir de Benjamin Fondane, mort à Birkenau, le 2 octobre 1944.

Cours de Machon Meir

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