Le retour d'Israël : géographie, morale, spiritualité
Les quatre niveaux du retour, l'exil comme éducation et la patience comme espérance du peuple d'Israël.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Les Kohanim, hommes de bonté et de générosité, 6 min
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Chers téléspectateurs, chaleur, René Acriche depuis Jérusalem pour la télévision du Machon Meir. Nous parlions la dernière fois du retour, du sens inné de ce retour, et même, bien entendu, des occurrences de la racine chouv. Ce retour, nous l'avions précisé, se fait à quatre niveaux: géographique, moral, spirituel et métaphysique. Mais il peut ne se faire que partiellement, bien entendu.
Lorsqu'il se fait partiellement, nous dirons qu'au sein du retour, il peut manquer un certain retour, c'est-à-dire un retour au tout et à l'essentiel. Ainsi s'exprime Rabbi Oudal Kalaï dans ses écrits, au deuxième tome de sa littérature.
C'est pour assumer cette loi du retour dans les quatre niveaux que le peuple d'Israël fut choisi, en tout cas grâce au fait qu'Abraham, le premier, est capable de lever la main et de se mettre en marche vers une terre totalement inconnue, mais qui lui donne l'impression de faire un retour à l'essentiel. Car en fin de compte, dans Lekh Lekha, il y a ce « va vers toi », c'est un retour également. Le peuple d'Israël porte ce choix.
Dans son essence, il en est son destin, sa vocation, et donc nous en demeurons les obligés totalement. Seule cette vocation du retour pour Ismaël donne une consistance à l'exil. Le Maharal de Prague dira: comment est-il possible de pouvoir entendre et comprendre ce que veut dire la délivrance, c'est-à-dire pour lui la lumière, si nous ne traversons pas les méandres de l'exil, c'est-à-dire pour lui, de l'obscurité ?
Vous avez compris ? Lorsque les enfants d'Israël, vivant pleinement la lumière, furent incapables de pouvoir vivre intensément cette lumière-là, l'Éternel jugea, non pas comme punition, mais comme éducation, qu'il serait nécessaire, ou meilleur pour l'homme, de se retrouver dans les obscurantismes de l'exil, même en subissant un nombre de carcans étrangers, pour mieux apprécier cette lumière à laquelle nous aspirons.
Il y a dans le projet d'Israël le fait que nous pouvons interpeller Israël comme le peuple de l'attente. Savlanout en hébreu, c'est non seulement la patience, mais dans sa racine c'est aussi la souffrance. Qu'Israël ait dû patienter, sans aucun doute. Qu'Israël, à travers cette patience et ce souffrir, il n'y a aucun doute également.
Mais si Israël est resté le peuple de la souffrance et le peuple de la patience, c'est parce qu'il est le peuple envers et contre tous les aléas de son histoire, le peuple de l'espérance. Et peuple de l'espérance, son pire ennemi sera donc l'oubli.
La différence entre le prophète et le révolutionnaire est significative. Les révolutionnaires que nous fûmes, afin qu'il ait le passé. Pour un soi-disant futur totalement utopiste, et dans la symbiose des deux, nous nous trouvions devant un présent clodiquant, c'est-à-dire un en-clopinant pas clopant.
Le prophète, comme dit à lui, celui qui représente Israël par essence, est celui qui tire les leçons du passé pour un futur qui lui est révélé. Et dans la symbiose des deux, faire du présent la chose la plus existante.
Le rapport au temps entre le passé, le présent et le futur joue ce rôle lorsque nous disons que les enfants d'Israël sont prophètes, fils de prophètes. Israël sera confronté non seulement au passé, au présent et au futur, il sera confronté à des civilisations totalement étrangères. Je rappelle simplement Babylone, la Perse, les Grecs et Rome.
Les unes cherchant à ternir l'image, à affaiblir la vitalité, d'autres à exterminer physiquement, d'autres à l'étouffement spirituel. Et puis nous connaissons ce que nos sages disent de la Rome antique qui, elle, cherchera la suppression physique, morale et spirituelle. Certains y ont même, comme à Rome, jusqu'à décider que l'Ancien Testament avait perdu toute sa raison d'être, qu'il était devenu caduc, qu'il y avait un Nouveau Testament, et que ce Nouveau Testament était remis à ceux qui allaient s'appeler le Verus Israël, c'est-à-dire la vérité d'Israël.
Eh bien voilà, l'ironie de l'histoire a fait que plus de 1800 et quelques années plus tard, le peuple d'Israël est de retour afin de réaliser, d'accomplir ce pour quoi il a été. Et nous comprenons bien entendu la difficile acceptation de Rome, mais de tout ce qui a trait à Rome concernant le retour d'Israël sur sa terre ancestrale.
À très bientôt.
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