Le retour vers soi-même selon le Rav Kook
Pourquoi revenir à Hachem passe d'abord par le retour à son âme et à sa fonction propre.
Rav David Partouche
Ensuite : Peut-on réparer une faute irréparable ? La techouva selon le Rav Kook, 19 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom à tous ! Dans le cours précédent, nous avons dit que lorsque nous faisons techouva, nous continuons la techouva d'Hachem. En effet, après avoir réalisé la création, Hachem revient vers son monde, le divin revient vers le monde, et nous, nous devons continuer cela. La question est de savoir: qu'est-ce que ça veut dire ? Comment moi, je peux continuer ce que Hachem a entrepris ? Qu'est-ce que ça veut dire se connecter avec le divin ? Qu'est-ce que ça veut dire rencontrer Hachem ?
Pour cela, un des grands de la génération précédente a écrit un livre: le Rav Avraham Yitzhak HaCohen Kook. Le Rav Kook est le premier grand rabbin d'Israël, à partir de 1900, au début du siècle dernier. Il va écrire un livre qui s'appelle Orot HaTechouva. Orot HaTechouva, les lumières du retour, les lumières de la techouva, nous éclairent sur tout le processus de la techouva.
Et il écrit la chose suivante. Nous sommes au 15e chapitre, au paragraphe numéro 10, et il dit: nous savons que le corps n'est pas seulement de la chair. Il y a en nous quelque chose qui fait que nous soyons vivants, que nous puissions parler, marcher, réfléchir, etc. Cette partie-là s'appelle l'âme.
Cette âme, nous dit le Rav, lorsque nous oublions, lorsque nous ne faisons pas attention à la particularité de cette âme, lorsque nous ne faisons plus attention à la vie intérieure, on s'occupe uniquement des choses extérieures. On regarde les choses seulement de leur côté extérieur et utile, mais pas des valeurs internes qu'elles ont dans notre vie. Tout dans notre vie devient désordre. Pourquoi ? Parce que la vie ne nous dit pas ce qu'elle a à nous dire. On est troublé, on est perturbé. Tout ce qu'on fait, on ne sait pas si c'est bien de le faire ou si ce n'est pas bien de le faire.
On ne sait pas exactement où l'on en est, dans quelle direction. On se pose énormément de questions. Tout dans notre vie devient douteux et trouble. Et la première des techouvot, celle qui vient éclairer notre vie tout de suite...
Si on m'avait posé la question, j'aurais dit: revenir vers Hachem, revenir vers Dieu, revenir vers le Créateur. Le Rav nous dit que l'homme doit revenir vers Atzmo, vers lui-même. La première techouva, le retour que l'homme doit opérer dans sa vie, c'est le retour vers soi-même, El Atzmo.
C'est quoi, vers lui-même ? C'est vers mon corps ? C'est vers la chair et le sang dont je suis fait ? Non. C'est vers la source de son âme, de sa vie. Et immédiatement, il retournera vers le divin. Traduisez: par rapport au premier geste, retournez.
Revenir vers le divin veut dire permettre au divin de revenir vers toi. Ça marche à l'envers. C'est comme si moi je retournais, mais en fait c'est lui qui vient. C'est lui qui se dévoile, c'est lui qui apparaît de plus en plus en nous, qui se trouve de plus en plus avec nous, qui se dévoile de plus en plus en nous. Et plus la personne retourne vers soi, plus elle retourne vers la source, plus elle retourne vers le divin, et plus elle s'élève vers la pureté, avec pureté et avec sainteté.
Je saute trois lignes, et le Rav vient nous faire part d'une erreur répandue parmi les personnes qui se disent « je vais faire techouva », ou qui se disent « il faut revenir vers la Torah ». Il dit la chose suivante:
— Une personne va dire: je veux retourner vers Dieu, je veux retourner vers Hachem, je veux retourner vers Akadosh Baroukh Hou. Mais elle ne veut pas retourner vers elle-même, elle ne veut pas retrouver sa vie, elle ne veut pas retrouver sa personnalité, elle ne veut pas rassembler toutes les parties de son être.
C'est une techouva de remiya. Remiya veut dire tromperie, faux, fraude. Cette techouva prononcera le nom d'Hachem. Comment est-ce possible ? Une personne qui va dire « je retourne vers Hachem », et au même moment on dit que c'est un retour vers Dieu. Non ! Si tu ne retournes pas vers toi, et que par toi tu reviens vers Hachem, c'est une techouva de chéker, de mensonge.
Le Rav insiste en citant le troisième commandement des Dix Paroles qui nous ont été données le jour du Sinaï. Il dit: c'est prononcer le nom de Dieu en vain. Alors qu'est-ce que ça veut dire ? On sait ce qu'est un nom en hébreu: on appelle ça un chem. Un nom, chem. Or, le chem, il faut savoir que lorsqu'on donne un nom à quelqu'un, en hébreu, lorsqu'on dit le mot chem, on comprend tout de suite de quoi on parle. Que veut dire le mot chem ? Chem veut dire vers quel but, vers où ? Quand on pose la question: lamah bata, dans quel but es-tu venu ? Un chem, c'est une fonction. Un nom, c'est un rôle. Chacun de nous a été créé avec un rôle particulier, pour remplir une fonction particulière.
Tous les êtres, toutes les créatures. Chacun, dans son existence, a ancré en lui son nom, son chem, sa fonction, son rôle dans ce monde. Ce qui veut dire que si une personne ne vient pas réaliser son nom, c'est comme une personne qui ne veut pas réaliser sa fonction. Au même moment, elle prononce le nom d'Hachem en chav, en vain.
Pourquoi ? Parce qu'il faut savoir que tous ces noms qui ont été prononcés, c'est Akadosh Baroukh Hou qui l'a voulu. Akadosh Baroukh Hou a voulu chez Chimon telle fonction, chez Reouven telle fonction, chez Yossef telle fonction. Chaque nom a une fonction. Et si Chimon ne remplit pas cette fonction, il prononce le nom d'Hachem en vain. Pourquoi ? Parce qu'il porte en lui une fonction d'Hachem, il porte en lui un tafkid, un rôle qui a été donné par HaKadosh Baroukh Hou, et cela devient en vain.
Qu'est-ce que ça veut dire, en vain ? On remarque en hébreu que le mot chav, shin, vav, alef, ressemble étrangement, ou pas étrangement, au mot chavé, shin, vav, hé. Ça veut dire quoi, chavé ? C'est égal. Lorsqu'on dit que ceci est égal à cela, on dit chavé, ceci est égal à cela. Qu'est-ce que ça veut dire ? Une personne qui va ressembler à un autre, qui va prononcer son nom en vain, c'est une personne qui va ressembler à l'autre. Et en ressemblant à un autre, automatiquement, il y a un manque dans la réalisation de la fonction qu'Akadosh Baroukh Hou lui avait donnée. Akadosh Baroukh Hou avait besoin de cette personne pour telle fonction.
Et si cette personne dit: « Non, moi je ne veux pas faire ma fonction, je ne veux pas être Chimon, je veux être comme lui, comme Reouven », même si Reouven est un grand sadique, à partir du moment où Chimon ne devient pas ce qu'il doit être, il perd au même moment le nom qu'Akadosh Baroukh Hou avait donné en lui. C'est quoi, le nom ? C'est la fonction qu'*Akadosh Baroukh …
Cours de Machon Meir
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