Peut-on réparer une faute irréparable ? La techouva selon le Rav Kook
L'intention donne son âme à l'acte, et la téchouva peut retourner la volonté mauvaise même après un meurtre.
Rav David Partouche
Ensuite : Le Rav Kook sur les niveaux de sainteté et la différence, 18 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
## La faute accomplie
Nous avons vu de quelle façon la techouva se révèle en nous. Mais certaines personnes peuvent se poser la question: tout cela est très beau, très important, mais concrètement, j'ai fait une faute. Comment puis-je réparer cette faute ? Comment puis-je totalement effacer cette faute ? La faute a été faite, l'acte a été accompli.
Imaginez le cas le plus terrible qui puisse exister. Chimone a tué Réhouven, et Chimone décide de faire techouva. Il se lève un beau jour et dit: « Je regrette d'avoir tué Réhouven. » Est-ce que, parce qu'il a regretté, cela ramène Réhouven à la vie ? Comment une chose pareille serait-elle possible ? Chimone a fauté. Que tu le veuilles ou non, Chimone ne pourra jamais réparer sa faute. Il pourra demander pardon, etc. Mais à quoi son acte va-t-il pouvoir effacer l'horreur qui a été produite ? Réhouven est mort. Réhouven va-t-il ressusciter pour autant ? Non.
Cette question est très, très grave. À tel point que dans d'autres religions, comme la chrétienté par exemple, on a ce qu'on appelle la grâce. La grâce ne vient pas effacer la faute. La faute est là. Malgré toutes tes fautes, si tu crois en ce qu'ils appellent l'idolâtrie, alors tu pourras être accepté malgré tes fautes. Sale comme tu es, tu pourras être accepté auprès de Kadosh Baroukh Hou. Mais dans la Torah, c'est faux. Totalement faux. Une personne qui est sale ne pourra pas être près de la Chekhina, de la présence divine. Seule la personne propre, une âme propre, une personnalité propre, pourra être proche du divin et de la présence divine.
Alors de quelle façon peut-on résoudre ce problème ? Si un acte a été fait, l'acte est irréparable. Comment peut-on retourner dans le temps et réparer ce qui s'est passé il y a 100 ans, 40 ans, 50 ans, 20 ans, ou juste hier ? C'est beau de regretter, de sentir le mal, etc. Mais le mal est fait ! Et de quelle façon vais-je pouvoir effacer le mal qui a été fait ? La question est claire ?
Nous allons essayer d'approfondir pour comprendre comment la Torah résout un tel problème. Tout commence par savoir: lorsqu'on parle d'actes de mitsva par exemple, ou de n'importe quel acte, qu'est-ce qui est le plus important ? L'acte est-il la chose la plus importante ? Ou est-ce l'intention ?
## L'intention, âme de l'acte
En hébreu, l'acte se dit maassé. En hébreu, l'intention se dit kavana. Qu'est-ce qui est le plus important, le maassé ou la kavana ? Prenons l'exemple suivant. Chimone est un homme qui a coupé le pied de Réhouven. Chimone a coupé le pied de Réhouven. On se pose la question: Chimone est-il un tsadik ou un rasha ?
La majeure partie des gens diront: « Chimone, bien sûr, c'est un assassin qui a coupé le pied d'un homme. C'est un fou, c'est un assassin, c'est un rasha. » Mais lorsqu'on lit dans le journal la véritable histoire, on découvre qu'en effet Chimone a coupé le pied de Réhouven, mais que Réhouven avait payé un million de dollars pour que Chimone lui coupe le pied. Comment cela ? Réhouven était malade. Il avait une maladie terrible au pied, un cancer très rare. Il fallait à tout prix couper le pied de Réhouven. Le chirurgien le plus spécialiste de cette opération très particulière s'appelait Chimone. Réhouven a donc donné un million de dollars à Chimone pour réaliser cette opération qui allait lui sauver la vie. Sur la photo du journal, Chimone et Réhouven posent ensemble, avec un grand sourire, et Réhouven dit à Chimone: « Tu m'as sauvé la vie. »
De cet exemple tout à fait simple, nous apprenons une chose très, très grande: l'intention est l'âme de l'acte. Il y a quelque chose qui donne vie à l'acte, et ce quelque chose s'appelle la kavana, l'intention. Si l'intention est bonne ou si l'intention est mauvaise, c'est elle qui donne son caractère à l'acte.
Le Rav Kook, pour mieux comprendre cela, nous donne un exemple. Il était une fois un bateau qui coulait au large de New York. Au même moment, une personne arrive avec une petite barque, prend 100 personnes et les ramène sur la rive. Elle retourne, prend 100 autres personnes et les ramène sur la rive. Elle retourne encore, prend 100 personnes du bateau et les ramène sur la rive. Elle a ainsi sauvé 300 personnes. Et tout le monde crie: notre héros ! Notre sauveur extraordinaire, vous êtes une personne extraordinaire, vous êtes le plus fort, etc.
Au même moment, au centième étage de l'Empire State Building, un riche milliardaire lit l'héroïsme de cet homme dans tous les journaux de New York. Lorsqu'il voit cela, il dit: « J'ai une idée. » Il monte au dernier étage de l'immeuble, prend son hélicoptère, vole et atterrit à l'endroit où se trouve ce héros. Devant tout le monde, devant toutes les personnes qu'il a sauvées, il lui fait un chèque d'un million de dollars. Un million de dollars, cela revient souvent, mais c'est pure imagination, ou manque d'imagination. Il remet le chèque au héros et dit: « Kol hakavod, mon garçon, vous êtes très fort, vous avez sauvé des gens, super, je vous récompense. » Et il lui donne un million de dollars. Alors cet homme, avec un sourire de vainqueur, prend le chèque et dit: « Tout ce que j'ai fait pour vous sauver, c'était pour recevoir ce chèque. »
À cet instant, de héros qu'il était, il devient la personne la plus basse qui puisse exister. « Nous avons été sauvés, mais par un égoïste. Nous avons été sauvés par une personne qui ne cherche qu'à gagner de l'argent, qui ne pense qu'à elle. C'est ça, notre sauveur. » De là, on comprend qu'effectivement l'essentiel est l'intention. La kavana, l'intention, donne l'âme au maassé, à l'acte. Une personne qui ne fait pas l'acte, même si elle a une intention, si elle se tient sur la rive en disant: « Ah, j'ai l'intention de vous sauver », mais ne fait rien, c'est aussi terrible. Mais nous parlons ici de personnes qui font des actes, qui font des mitsvot, et c'est l'intention qui donne une âme à cet acte.
Vous pouvez le comprendre de façon très simple. Si, lorsque je mets les téfilines, ou lorsque j'allume les nérot, les bougies de Chabbat, je le fais de telle sorte que tout le monde me regarde et me considère comme une personne religieuse, pieuse, etc., vous comprenez bien que l'intention fait défaut à l'acte. L'acte, c'est une mitsva. Mais si je mets une mauvaise intention, cela fait perdre toute sa valeur à cet acte. À tel point qu'il peut y avoir un acte qui, extérieurement, est une mitsva, mais qui, véritablement, n'en est plus une.
Par exemple, imaginez une personne à qui l'on propose de mettre les téfilines. Elle les met. Pourquoi les met-elle ? Parce que le Kadosh Baroukh Hou lui a ordonné de les mettre. À ce niveau-là, tout va très bien. Elle a accompli un acte divin en mettant les téfilines, …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
Techouva, retour à soi, niveaux de sainteté et âme d'Israël chez le Rav Kook.
- 1
Le retour vers soi-même selon le Rav KookPourquoi revenir à Hachem passe d'abord par le retour à son âme et à sa fonction propre. - 2
Peut-on réparer une faute irréparable ? La techouva selon le Rav KookL'intention donne son âme à l'acte, et la téchouva peut retourner la volonté mauvaise même après un meurtre. - 3
Le Rav Kook sur les niveaux de sainteté et la différenceLe Rav Kook répond à un journaliste sur la sainteté de Jérusalem, après la guerre des Six Jours. - 4
L'âme d'Israël et le bonheur de l'individu selon le Rav KookComment le lien à l'âme collective du peuple d'Israël ouvre le chemin du bonheur personnel.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav