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Le Rav Kook sur les niveaux de sainteté et la différence

Le Rav Kook répond à un journaliste sur la sainteté de Jérusalem, après la guerre des Six Jours.

18 min

Rav David Partouche

Ensuite : L'âme d'Israël et le bonheur de l'individu selon le Rav Kook, 9 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Tournez la page. On est arrivé déjà à ça, non ? 262, on est arrivé ? OK, on a fait que le premier. Très bien. Pas en entier. Pas en entier. Super. 262. Pour ceux qui étaient pas là, c'est un texte du Rav Tsvi Yehouda Kook face à un journaliste qui lui pose des questions après la guerre des Six Jours, juste après Chavouot 1967.

Alors le journaliste pose la question au Rav Tsvi Yehouda Kook: quelle est la particularité de la sainteté de Jérusalem par rapport au reste du pays ? Par rapport au reste des lieux saints ? Donc le Rav Tsvi Yehouda répond: Kechem chébékol davar yech madregot. De la même façon que dans chaque chose, il y a plusieurs niveaux, il y a différents niveaux. Kakh yech gam madregot bekedoucha. Il y a aussi des niveaux différents au sujet de la sainteté.

Alors regardez. Quand on parle que HaKadosh Baroukh Hou se trouve partout, c'est vrai ? Bé'emet, il se trouve partout. Il se trouve aussi bien à New York, qu'il y a Brooklyn, qu'il y a Paris, qu'il y a Marseille, qu'il y a Jérusalem, etc. Pourquoi ? Parce que, de son côté, ça ne veut rien dire, se trouver. Ou-kol, kol el kol, il est tout, il englobe le tout. On l'appelle le Makom, parce que le monde, grâce à HaKadosh Baroukh Hou, il tient, il arrive à se tenir debout. De là vient le mot Makom, endroit: grâce à HaKadosh Baroukh Hou. Donc on dit: le monde n'est pas l'endroit d'Hachem, c'est Hachem qui est l'endroit du monde. Ça va ? Qu'est-ce que ça veut dire, cette phrase ? Ça veut dire que Baroukh HaKadosh Baroukh Hou est partout et nulle part, parce que tu ne peux pas définir Hachem. D'accord ?

Mais quand on parle de ce dévoilement, c'est différent. Dans les dévoilements, il y a différents niveaux de dévoilement. Ces différents niveaux, ça se passe depuis la Touma, où c'est un dévoilement totalement caché et opaque. Touma, qui veut dire l'impureté, il y a le mot atoum, qui veut dire opacité: c'est-à-dire qu'on ne voit pas le divin. Comme par exemple dans ce verre-là. Vous voyez le divin ? Bon, peut-être vous, mais vous voyez le café ? Vous voyez le café ou pas ? Non, parce que c'est opaque. Peut-être qu'il y a du café, peut-être qu'il n'y a rien, peut-être qu'il y a de l'eau, peut-être qu'il y a du jus d'orange, on ne sait pas, d'accord ? Alors on va dire que le verre, il est au thème, il cache. D'accord ? Il cache. Il cache la chose qui est à l'intérieur.

Lorsque, dans la matière, il y a une matière qui cache le divin, qui ne révèle pas, qui ne dévoile pas le divin, on va dire que c'est tamé. Par exemple, il va y avoir des animaux qui vont être tmehim, des animaux qui vont être impurs, parce qu'ils ne dévoilent pas ce que le divin veut dévoiler dans les animaux. Donc ils vont être interdits à nous pour être mangés: comme le serpent, comme les reptiles, comme le khazir, le cochon, etc.

Maintenant, quand on sort du domaine du tamé, on arrive au domaine du tahor, le pur. Tahor, c'est pur. Mais ce n'est pas encore kadosh. Tahor, ça veut dire pur, c'est-à-dire qu'il n'est pas contraire au dévoilement du divin. Mais kadosh, c'est lorsque tu vois cette chose-là, alors tu vois le divin. Et je vous donne un exemple très simple. Quand le peuple d'Israël a vu l'Arche de l'Alliance, où à l'intérieur il y avait les tables de la Loi, où il y avait la manne, où il y avait le bâton d'Aaron, etc., on dit que c'est l'Arche de l'Alliance, Aron Brit Hachem.

Lorsqu'on l'a vue, le peuple d'Israël entend Moshé Rabbénou, ouvé'nessoa haaron vayomer Moshé: lorsque l'Arche avançait, Moshé disait: Kouma Hachem, « Lève-toi, Hachem ». Il n'a pas dit « lève-toi, l'Arche ». Il a dit: « Lève-toi, Hachem ». Parce que l'Arche de l'Alliance dévoilait le divin. Et on voyait le divin à travers l'Arche de l'Alliance, au point qu'on va dire: « Lève-toi, Hachem », en se tournant vers l'Arche de l'Alliance. Pourquoi ? Parce qu'il y a une matière qui est transparente au divin. Alors ça, c'est le kadosh.

Comment une matière peut-elle être transparente au divin ? C'est comme une œuvre d'art. L'œuvre d'art est transparente à l'artiste, elle révèle l'artiste. Et lorsque tu vois cette œuvre, tu vois Rembrandt. Lorsque tu vois cette œuvre, tu vois Picasso. On sait un peu plus dire Picasso, mais lorsque tu vois cette œuvre-là, ou que tu entends cette œuvre-là, tu entends Beethoven. Pourquoi ? Parce que l'œuvre, si c'est une véritable œuvre, faite par un véritable artiste, révèle, dévoile l'artiste. Donc si on utilise les termes: plus l'œuvre est grande, plus l'œuvre est fidèle à l'artiste.

Plus l'œuvre matérielle, quelque chose de matériel, la peinture, la musique, ce sont des sons, etc., plus on va dire qu'elle est kadosh. C'est-à-dire qu'elle remplit l'idéal, elle réalise l'idéal de l'artiste. Et de la même façon, quand je me tourne vers vous, à qui je parle, al-pi ikhora (?), quand je vous regarde, je ne regarde pas vos pieds, je ne regarde pas votre ventre, je regarde votre visage, d'accord ? Mais où, dans les visages ? Dans les yeux. C'est-à-dire que si je veux vraiment voir une personne,

certaines personnes ont honte, sont timides et n'aiment pas regarder dans les yeux, parce que c'est vraiment la rencontre avec la personne. Alors on baisse les yeux, etc. Moi, des fois, j'ai des trucs comme ça. On conseille alors de regarder juste au-dessus des yeux. Là, je te regarde, par exemple, je regarde au-dessus des yeux. Je ne te regarde pas dans les yeux, mais tu as l'impression que je te regarde dans les yeux, parce qu'on est trop loin, on est trop... Donc, c'est ça. Et là, c'est quoi,

regarder dans les yeux ? En fait, tu essayes de voir ce qu'il y a au-delà de ça. À qui je parle ? Je parle à tes yeux, a priori. Mais en ton âme, j'ai touché ta profondeur, ta vraie personnalité, ta vraie personne. Donc je m'adresse à qui ? Je m'adresse à ton âme, mais ça passe par le corps.

De la même façon, quand je vais voir le Sefer Torah, quand je vais voir le Kotel, quand je vais voir le peuple d'Israël, tout ça, c'est le côté extérieur de la profondeur vers laquelle je veux m'adresser, à laquelle je m'adresse. Kadosh, c'est cette matière qui permet à cette profondeur de se réaliser. Quand quelque chose est kadosh, quand le Sefer Torah est dit kadosh, c'est-à-dire que ce n'est pas de la peau de vache avec de l'encre, etc. C'est une matière qui est capable de laisser passer le divin, la parole divine. Et là, on se lève. D'accord ?

Donc le Rav dit, dans la Kedoucha, qu'il faut savoir qu'il y a plusieurs niveaux dans les créatures. On continue ? Vous pouvez poser des questions, hein …

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