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Qui peut étudier la Torah ? Le préalable du caractère

Le Choul'han Aroukh exige d'abord un travail moral, et l'histoire de Caïn montre le danger d'une Torah étudiée sans cela.

15 min

Rav David Partouche

Ensuite : Qui peut transmettre la Torah : le critère du malakh, 15 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous. Aujourd'hui, nous allons essayer d'étudier quelles sont les personnes qui ont le droit d'entrer dans l'étude de la Torah, dans ses profondeurs, ou de rentrer dans une école où l'on apprend la Torah, une yeshiva. Le Choulhan Arou'h, Rabbi Yossef Caro, qui l'a écrit il y a plus de 500 ans, dans les lois du Hame Israël, écrit la chose suivante. Je lis le Choulhan Arou'h, vous l'avez ici, les Mekorot, En Men Lamdim.

Nous n'avons pas le droit d'enseigner la Torah à un homme, à une personne, à un élève qui n'est pas convenable. Alors qu'est-ce qu'il faut faire de cet élève ? Regardez ce qu'il dit: on le ramène vers le droit chemin. On fait tout pour qu'il retrouve le droit chemin, et on doit vérifier s'il a réussi. Et ensuite, une fois qu'on a vérifié que oui, il s'est transformé et qu'il est devenu une meilleure personne, on peut de nouveau le ramener au beth hamidrach, au centre d'études, pour connaître et apprendre la Torah.

Voilà une chose étonnante. Nous pensions jusqu'à maintenant que tout le monde avait le droit d'étudier la Torah, et qu'est-ce qu'on découvre ? Qu'une personne qui n'est pas convenable n'a pas le droit d'étudier la Torah. Comment est-ce possible ? La Torah est-elle réservée seulement aux personnes convenables ? Oui. Mais alors, si la Torah est réservée seulement aux personnes convenables, de quelle façon va-t-on pouvoir ramener une personne vers le droit chemin ?

Et là, nous allons faire la différence entre deux sortes d'enseignements. Lorsqu'on enseigne la Torah, il y a tous les enseignements des lois, les compréhensions profondes de la Torah, les secrets de la Torah, les raisonnements logiques de la Torah, etc. Le deuxième sort d'enseignement, c'est tout ce qu'on appelle la morale de la Torah: comment se comporter, comment être, comment devenir une personne droite, une personne bonne. C'est ce qu'on appelle sous le titre de moussar, de morale.

Ces enseignements de moussar non seulement sont permis à une personne qui n'est pas convenable, mais ce sont les premiers sujets d'étude que nous allons traiter avec une telle personne. Lorsqu'une personne se présente et n'a pas encore réglé le problème de la colère, lorsqu'une personne se présente à la maison d'études et n'a pas encore réglé le problème de son rapport avec les autres, de son rapport avec elle-même, n'a pas encore réglé le problème de son humilité, il n'est pas assez humble, alors nous allons prendre cette personne. La première étape, avant de lui enseigner les connaissances profondes, parfois même les lois, est de nous occuper, avant tout, de changer et de parfaire la personnalité qui est en face de nous.

Je vais vous raconter une histoire à ce sujet. Une fois, dans une yeshiva, un étudiant grandissait, on avait l'impression qu'il progressait énormément dans ses connaissances. Un soir, à une heure du matin, celui qui s'occupe de surveiller les élèves, le mashguia'h, se promène dans l'internat. En passant, il entend de la musique. Il s'approche d'une chambre, la musique est de plus en plus forte: quelqu'un joue de la guitare à une heure et demie du matin. Il frappe à la porte, et se retrouve face à un joueur de guitare, la fenêtre ouverte sur les voisins.

Le mashguia'h lui dit: « Attends, je ne comprends pas. Tu ne vois pas que ta fenêtre est ouverte ? Tu joues de la guitare, tu empêches non seulement tes colocataires de dormir, mais aussi les voisins. Comment est-ce possible ? » Et l'élève répond: « Non, maître, ce n'est pas comme ça, j'ai le droit de jouer de la guitare. » Le maître demande: « Ah oui, tu as le droit ? Mais d'où vient ce droit ? » L'élève explique: « Maître, nous avons construit en premier l'immeuble

de l'internat dans ce quartier. Quand nous l'avons construit, nous étions les premiers ici, personne n'habitait là. Puis sont venues des personnes qui ont construit un bâtiment en face de l'internat. Elles sont venues habiter ici, mais elles savaient qu'il allait y avoir des étudiants dans l'internat. Elles savaient qu'il y aurait des étudiants qui allaient jouer de la musique et parler fort le soir. Malgré tout, elles ont acheté leur maison. Cela veut dire qu'elles nous pardonnent, et elles étaient prêtes à subir ce dérangement. Et si elles sont

prêtes à subir ce dérangement, cela ne les dérange pas. Par conséquent, j'ai le droit de faire ça. »

Le maître voit, face à lui, une personne qui réfléchit, qui se casse la tête, comme ce qu'il fait le matin lorsqu'il étudie le Talmud. Et il lui dit la chose suivante: « Tu sais, mon fils, c'est très grave. La Torah, lorsqu'on l'étudie, est comparée au Sam Haïm, l'élixir de vie. Mais chez toi, mon fils, la Torah devient Sam Mavet, un poison qui entraîne la mort. Lorsqu'une personne qui n'a pas une bonne personnalité étudie la Torah, elle va prendre toute cette science pour l'utiliser vers le mal. Donc, forcément, il faut faire très attention à qui l'on enseigne la Torah. »

Mais je pense que cet exemple est encore facile et léger par rapport à ce que la Torah elle-même nous donne comme exemple, au quatrième chapitre de la Genèse. Au quatrième chapitre de la Genèse, nous avons l'histoire de Caïn et Abel, les enfants d'Adam et Ève, du premier homme et de la première femme. Tout le monde connaît l'histoire: Caïn a tué Abel. Et si je vous demande pourquoi Caïn a tué Abel, certaines personnes diront que c'est très simple. On lit dans la Genèse que Caïn et Abel avaient chacun décidé de faire un sacrifice. Lorsqu'Abel a fait son sacrifice, l'Éternel, béni soit-Il, a accepté ce sacrifice. Mais lorsque son frère Caïn a fait son sacrifice et l'a porté en offrande à Dieu, Dieu ne l'a pas accepté. À ce moment-là, Caïn s'est mis en colère et a tué son frère.

Lorsqu'on raconte l'histoire de cette façon, on a l'impression que Caïn, pris de colère et frustré parce que son sacrifice n'a pas été accepté par Dieu, en est venu au meurtre. Mais une lecture plus profonde du texte nous fera comprendre que la raison pour laquelle Caïn a tué son frère est encore plus profonde. Regardons le texte. On voit que Caïn a eu le premier l'idée d'apporter un sacrifice à Dieu. Qu'est-ce que fait Abel ? Abel voit son frère apporter un sacrifice, et dit: moi aussi, je vais

apporter un sacrifice. Il est écrit de façon explicite que Dieu a accepté l'offrande d'Abel. En revanche, l'offrande de Caïn, Dieu ne l'a pas acceptée. La fin de l'histoire est rapide: Kadoch Baroukh Hou voit que Caïn est triste, et lui dit: maintenant, fais un effort, reprends-toi, ressaisis-toi, ne sois pas influencé par le mauvais penchant. Et si tu réussis, tu dépasseras ton frère. Caïn va essayer de parler à son frère, de faire la paix et d'oublier cette jalousie. Il n'y arrive pas, et il tuera son frère.

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