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La Torah comme nature selon le Maharam

Pourquoi le Talmud place le service des sages au-dessus de l'étude seule, et ce que la Torah orale exige de nous.

18 min

Rav David Partouche

Ensuite : Qui peut étudier la Torah ? Le préalable du caractère, 15 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Continuer à étudier la Torah

Shalom à tous. Aujourd'hui nous allons continuer à parler du grand sujet de la Torah, le rapport que nous avons avec la Torah et avec l'étude de la Torah. Nous allons lire un extrait de la Guemara de Massekhet Berakhot. Berakhot est l'un des premiers traités du Talmud, dans lequel est rapportée une citation de Rabbi Hanan au nom de son maître Rabbi Shimon Bar Yochaï. Tout le monde connaît l'histoire de la Méarah, de la caverne dans laquelle il s'est caché pour fuir les Romains. Là-bas, il a étudié

pendant douze ans, et encore une autre année, la treizième. Lorsqu'il est sorti la treizième année, c'était une étude très intense, où il a découvert énormément de secrets de la Torah. On dit qu'il a écrit le Zohar, qu'il a enseigné les enseignements du Zohar, les secrets de la Torah. Ce même Rabbi Shimon Bar Yochaï apparaît énormément dans le Talmud, et ici nous avons un extrait de ce qu'il dit.

## La rencontre vivante de la Torah

Rabbi Yochanan nous dit, au nom de Rabbi Shimon Bar Yochaï, qu'il est énormément plus grand, la rencontre vivante de la Torah, que l'étude elle-même de la Torah. L'expression qui est utilisée ici dans le traité de Berakhot est « chimoush de la Torah », l'utilisation de la Torah, le service de la Torah. Et je viens de vous traduire par « la rencontre vivante de la Torah ». Qu'est-ce que ça veut dire ?

Le verset qui est rapporté comme preuve au dire de Rabbi Yochanan est le verset suivant, comme il est dit dans le Livre des Rois, dans la deuxième partie du Livre des Rois. Que veut dire ce verset ? On se trouve dans une situation très difficile au sein du peuple d'Israël. On est à l'époque d'un roi. Le roi cherche à être guéri, et on lui demande: est-ce qu'il y a quelqu'un qui peut me guérir ? On lui répond: « Ici se trouve Élisha. » Élisha, c'est le

prophète. Qui est cet Élisha ? Qui est cette personne-là ? Qui est ce prophète ? Réponse du verset: « Ici Élisha fils de Shafat,. C'est lui qui versait l'eau à Eliyahou, le prophète. » Et la Guemara dit: tu vois, dans ce verset, il y a quelque chose de très particulier. Il n'est pas marqué qu'Élisha était celui qui avait appris chez le prophète Eliyahou. Mais par contre, c'est lui qui versait l'eau à Eliyahou, le Navi.

## Élisha, serviteur d'Eliyahou

Pourquoi ? De là, Rabbi Shimon Bar Yochaï avait l'habitude de dire: elle est plus grande, la rencontre, le service de la Torah, plus que l'étude de la Torah elle-même. C'est-à-dire qu'on arrive à comprendre qu'Élisha, qui était aussi un très grand prophète, avait lui aussi de grandes connaissances de Torah, et avait lui aussi toujours cet attachement à l'étude de la Torah. Mais on peut dire: oui, mais de qui a-t-il appris la Torah ? Où est-ce qu'il rencontrait cette Torah ? Pas une Torah dans les livres, pas une Torah dans les lettres, mais une Torah portée par le vivant. Alors le verset nous dit: c'est lui qui versait l'eau à Eliyahou Navi. Il n'est pas marqué qu'il a appris d'Eliyahou Navi. Il est marqué qu'il servait Eliyahou Navi, qu'il vivait avec lui, qu'il était tout le temps présent auprès d'Eliyahou Navi.

Alors on peut être sûr que ce prophète-là, Élisha, n'avait pas une Torah détachée de l'être, détachée de la vie, détachée du devenir. Au contraire, c'est une Torah vivante, une Torah qui est venue d'en haut jusque dans les détails, les moindres détails de la vie, parce qu'il a vu ça chez son maître. On voit qu'ici la Torah exige des étudiants de Torah un niveau totalement différent de ce qu'on attend d'un étudiant en droit, ou d'un étudiant en sciences, ou d'un étudiant en médecine.

## Le maître et la séparation entre savoir et vie

Pourquoi ? Je me souviens très bien que, à l'école d'ingénieurs où j'ai étudié, nous apprenions chez un professeur, que ce soit l'électronique, l'informatique, la physique ou toute autre science. Jamais on ne s'intéressait à savoir qui était notre professeur. L'essentiel, c'est qu'on voulait savoir s'il avait le titre, s'il avait les connaissances qui allaient nous permettre d'acquérir ce dont nous avions besoin pour devenir ingénieur. Est-ce qu'à un moment donné nous nous sommes posé la question: lui qui nous enseigne la loi de la gravitation, comment utilise-t-il dans sa vie la loi de la gravitation ? Jamais ! Nous ne pensions pas à ça un seul instant. Pourquoi ? Parce qu'il y avait un écart énorme entre ce qu'il nous enseignait et ce qu'il était.

C'est ce qu'Aristote dira à ses élèves. Après avoir écrit un livre de morale, l'Éthique, ses élèves vont voir qu'il se comporte de façon très peu humaine dans les mœurs. Ils vont trouver leur maître, Aristote, et ils vont lui dire: « Aristote, comment toi, notre maître, tu écris un livre de morale, alors que dans ta vie de tous les jours, ce n'est pas sûr que tu sois moral ? » Réponse d'Aristote: « Mais attendez, je ne comprends pas. Comment peut-on demander à un professeur de géométrie d'être un triangle ? Il y a ce qu'il enseigne, ses connaissances, ses réflexions, ses conclusions intellectuelles. Et d'un autre côté, sa vie. Il y a une séparation entre les deux, entre la tête et tout le reste du corps. »

Chez nous, dans la Torah, la Torah et l'étude de la Torah viennent à l'encontre de ça. Elle dit ḥass veshalom qu'il y ait une séparation entre notre tête et notre corps. Et là, notre tête est bien sûr en haut du corps, mais c'est elle qui doit diriger le corps. C'est elle qui doit tout le temps rester en rapport avec le corps, jamais être soumise au corps. Mais de l'autre côté, elle ne doit jamais se détacher du corps. Parce qu'une tête qui se détache d'un corps, c'est un ordinateur, c'est une machine. Or on veut un organisme, on veut un être vivant, on veut un homme. Et cet homme est construit d'une tête, et cette tête est attachée au corps et doit diriger le corps, et doit permettre au corps de réaliser tous les idéaux qui ont été compris grâce à la tête.

## Rabbi Meïr et l'am haaretz

C'est ce que Rabbi Shimon venait nous enseigner. Rabbi Shimon Bar Yochaï nous dit: tu peux être le plus grand des élèves, avoir lu des livres, avoir fini toutes les bibliothèques, mais sache que la rencontre avec le Maître est essentielle. Plus que ça, on retrouve dans ce même traité de Berakhot l'enseignement de Aḥerim omrim, nous dit la Guemara à la page 47. Aḥerim: qui est Aḥerim ? Aḥerim, ce n'est autre que Rabbi Meïr. On a l'habitude de l'entendre, Rabbi Meïr Baal HaNess. Ce qui est très important, en passant: il est intéressant de voir que les mêmes rabbanim que nous avons l'habitude d'entendre parler, comme Rabbi Shimon, comme …

Cours de Machon Meir

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