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La Torah comme Nature : quand l'étudiant devient Torah

Pourquoi l'étude orale exige un maître, et comment la Torah du Sinaï devient une Torah vivante dans l'homme.

13 min

Rav David Partouche

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Shalom à tous, nous continuons notre cours. Par rapport à l'étude de la Torah, nous avons vu que l'enseignant de la Torah doit être une personne exemplaire. Nous avons vu que l'étudiant aussi doit être une personne prête à devenir meilleure, à vouloir devenir meilleure. C'est seulement une fois que la personne sera morale, convenable, que nous pourrons lui enseigner la Torah, l'enseignement général de la Torah et les secrets de la Torah. Aujourd'hui, nous allons voir une halakha, une loi tout à fait particulière.

Vous savez qu'à l'époque, jusqu'en l'an 200, nous n'avions pas le droit, et nous n'avons pas fait ça, d'écrire la loi orale. Vous savez que nous avons reçu la loi écrite par Moïse au Sinaï, au mont Sinaï. On a reçu toute la loi écrite, qui s'appelle la Torah shebiktav, la Torah écrite. Et toute la loi orale, ce sont les explications qui ont été données, pas les commentaires, il faut faire très attention. Ce ne sont pas des commentaires lorsqu'on parle de la Torah orale.

Et là, on sait que Moïse, par prophétie, non seulement a écrit la Torah, mais a aussi reçu de Hachem tous les commentaires, toutes les explications. Toutes ces explications n'avaient pas le droit d'être écrites. Et on s'est posé la question suivante: comment se fait-il que nous n'ayons pas le droit d'écrire les enseignements oraux ?

Ce n'est qu'en l'an 200, lorsque le peuple d'Israël commençait à s'éparpiller dans le monde à cause de durs exils, et de la destruction que les Romains sont venus apporter dans nos pays, conquérir, prendre, voler, nous détruire, brûler notre Temple, etc., que nous avons vu que la Torah allait peut-être se perdre. Rabbi Yehouda HaNassi, qui était le grand maître de la génération de l'époque, a pris sur lui l'interdit pour sauver la Torah et a commencé à écrire toute la Torah orale dans ses détails, de façon concise. Concise, pas surconcise, mais de façon concise, de façon à pouvoir garder et protéger la Torah orale.

Or, l'interdit existait. Mais pour sauver la Torah, nous avons permis d'écrire la Torah orale. Ce que nous essayons de comprendre, c'est pourquoi la Torah demandait de ne pas écrire la Torah orale. Ce qui veut dire, si on résume: si nous n'avions pas le droit d'écrire la Torah pendant près de 2000 ans, que faisaient les juifs pour étudier la Torah ? Ils allaient voir le maître. Le maître avait reçu de son maître, il avait discuté avec d'autres maîtres, etc. Il connaissait tout par cœur, dans sa bouche. Il récitait aux élèves, il parlait avec les élèves, mais pas à travers les livres. On avait juste le rouleau de Torah écrite, et tous les commentaires se transmettaient de bouche à oreille.

Une personne qui n'avait pas la possibilité de rencontrer un maître était dans l'incapacité de comprendre les secrets de la Torah. Pourquoi est-ce que je répète à chaque fois « les secrets de la Torah » ? Parce qu'une personne, lorsqu'elle lit la Torah, a l'impression de comprendre ce qui est écrit. Si la personne ne connaît pas les explications, elle est incapable de comprendre ce qui est écrit dans la Torah. C'est pour ça que je répète à chaque fois les secrets de la Torah. Ce ne sont pas des secrets profonds que personne ne peut découvrir. Au contraire, c'est une personne qui n'a pas reçu l'enseignement sur la manière de comprendre la Torah, et qui est donc dans l'incapacité de la comprendre.

La Torah veut que l'élève ne rencontre pas une bibliothèque. La Torah veut que l'étudiant n'aille pas chercher un document. La Torah veut que l'étudiant en Torah rencontre un homme de Torah. Un homme de Torah ? Qu'est-ce que ça veut dire, un homme de Torah ? Un homme qui connaît la Torah ? Non, un homme de Torah.

Pour vous exprimer cela, nous allons prendre le traité Kiddouchin, qui raconte l'histoire suivante. Vous avez ici le traité Kiddouchin. Si le père dit à ses enfants: « Vous pouvez vous asseoir à ma place… » Vous savez qu'il y a le respect du père, la crainte du père et de la mère, le respect du père et de la mère, et nous n'avons pas le droit de nous asseoir à la place de nos parents. Mais, dit la loi, si le père accepte que l'enfant s'asseoie à sa place, alors l'enfant a-t-il le droit ou non ? Oui, il a le droit. Pourquoi ? Très simplement, parce que le respect du père appartient au père, et il peut en faire ce qu'il veut. Il peut permettre à ses enfants de le respecter comme de ne pas le respecter.

La Guemara continue et dit: mais par contre, le Rav, l'enseignant de Torah, le Talmid Hakham, à qui nous devons du respect, dit à ses élèves: « Ne me respectez pas, vous pouvez vous asseoir à ma place. » Là, non. Nous n'avons pas la permission de nous asseoir à sa place. Nous devons continuer à respecter le maître. La question est de savoir: mais pourquoi ?

Un autre avis vient et dit tout le contraire: même le Rav, qui refuse d'être respecté, on peut ne pas le respecter. Un Rav qui dit « tu peux t'asseoir à ma place », alors on peut s'asseoir à sa place. La question est de savoir quelle est la philosophie, la raison, les causes qui se cachent derrière chaque avis.

## Le respect du maître

Le premier avis pense que la Torah appartient à Hakadosh Baroukh Hou, à Dieu. Le Talmid Hakham n'est que le passeur de la Torah de Dieu. Il est le représentant de la Torah de Dieu. Les personnes qui lui doivent du respect parce qu'il est érudit en Torah, c'est parce qu'il détient la Torah de Dieu. Est-ce que la Torah de Dieu lui appartient ? Non. Peut-il dire « ne me respectez pas », sous-entendu « ne respectez pas la Torah de Dieu » ? Il ne le peut pas, parce que ce n'est pas à lui. C'est comme un objet emprunté au roi: je ne peux pas dire aux autres personnes de ne pas respecter l'objet du roi. L'objet n'est pas à moi. On doit du respect à cet objet parce que c'est l'objet du roi.

L'autre opinion pense que la Torah appartient à l'homme qui l'a étudiée. Comment est-ce possible ? Au début, c'est la Torah de Hakadosh Baroukh Hou, c'est la Torah de Dieu. Comme le dira le roi David dans les Tehillim, dans les Psaumes: s'il désire la Torah de Dieu, c'est dans sa Torah qu'il étudiera jour et nuit. Qu'est-ce que cela veut dire ? Au début, on commence en parlant de la Torah de Dieu, et on finit le verset par « sa propre Torah ». De là, les sages de la Guemara nous enseignent un grand enseignement: une personne qui étudie la Torah, au début de son chemin d'études, étudie la Torah de Dieu. Plus elle étudie, plus cette Torah devient sa propre Torah.

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