Le Rambam face au terrorisme et à la punition collective
Comment Maïmonide, le Ribach et la Torah encadrent la riposte à la violence et refusent la punition collective.
Rav Rony Akrich
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne de la télévision du Maroc de Meyir. Nous allons, bien entendu, parler de quelque chose qui nous agresse au quotidien: je veux parler du terrorisme. Dans ce terme de terrorisme, il y a une sorte de collusion sémantique, parce qu'on peut parler, lorsqu'on parle de terrorisme, de terreur et surtout de terroriser. C'est ce que nous trouvons, bien entendu, comme effet secondaire face à ces événements.
J'ai essayé de voir, d'entrevoir simplement, ce que la Torah et nos sages pouvaient nous dire au sujet de la violence, et de la marche à suivre. La terreur a bien entendu la capacité de ramollir très certainement le moral de la nation et des individus qui composent cette nation.
On peut, par exemple, nous obliger à négocier envers et contre toutes nos certitudes, surtout lorsque la volonté est d'éviter la violence, la souffrance et tout ce qui en est la conséquence, bien entendu. C'est une véritable guerre psychologique, et cette guerre psychologique est d'ailleurs l'objet de la barbarie. Cette atmosphère de crainte, d'intimidation, bien entendu, c'est là qu'est le succès. C'est du terrorisme, bien sûr: eux ne cherchent pas le nombre de tués. S'il y a un nombre de tués important, c'est d'abord et avant tout dans la capacité qu'ils auront eue à attirer l'attention vers eux.
Voyons par exemple ce que dit Maïmonide, le Rambam, dans son Moré Nevouchim. Il est étonnant, d'ailleurs, que nous trouvions tout cela. Regardez, écoutez, enfin, ne regardez pas, écoutez plutôt. Le Rambam recommande l'intimidation dans la réaction à toute agression. Vous voyez, dans le Moré Nevouchim, le Morin et Vourim: l'intimidation dans la réaction à toute agression. Il donne un certain nombre de manifestations relatives à la rigueur. Par exemple, une réaction qui devrait être, de la part d'Israël, proportionnelle à la portée de l'atrocité.
Il faut réagir en fonction de la répétition des choses. Ça nous parle, tiens, en ce moment: la répétition des actes. La réaction est non seulement proportionnelle à la portée de l'atrocité, mais aussi à la répétitivité de l'événement. Et puis, considérer aussi la probabilité qu'ont les meurtriers en question de pouvoir s'en sortir, et donc réagir en fonction des probabilités qui permettraient à ces meurtriers de s'en tirer.
Un autre point chez le Rambam: essayer de comprendre et d'entendre la puissance des instincts qui conduisent ces criminels à agir. Du point de vue médical, on vous dira de ne pas simplement vouloir traiter la maladie, mais de traiter bien entendu les causes de la maladie. Pour ceux que ça intéresse, c'est dans le Moré Nevouchim, au troisième livre, chapitre 41, si ça intéresse certains.
Je suis absolument étonné de voir le Rambam réagir ainsi. J'avais écrit dans l'un de mes livres que ces hommes doivent alors, au vu et au su de ce que dit le Rambam, chasser leurs organisations interdites: les réseaux de mantelés, les frontières contrôlées, les transferts de fonds empêchés. Encore une fois, ne pas combattre simplement les symptômes, mais aller à la source.
Dans le cadre de cette guerre à outrance contre le terrorisme, il faut que nous nous interrogions aussi sur autre chose. J'ai trouvé, et je vais vous les rapporter bien entendu, un élément absolument étonnant, par rapport au fait que certains parmi nous pensent, quelquefois, que les mesures de punition collective seraient de bonne loi.
Écoutez ce que dit le texte. La Torah nous enseigne un principe totalement opposé à cette opinion de punition collective: « Est-ce qu'un seul homme pécherait et tu punirais toute l'Assemblée ? » Ce verset se trouve dans Bamidbar, au chapitre 16. Vous le retrouverez dans le texte.
Et l'on se rappelle comment Abraham va tenir tête à l'Éternel dans sa tentative d'épargner les justes de Sodome et de Gomorrhe. « Il est impossible de punir toute la ville à cause de quelques méchants », avait affirmé notre premier patriarche. Vous voyez, ce sont des questions qui sont d'actualité.
Rabbi Yaakov Barcheshet, un de nos grands sages d'Espagne et d'Afrique du Nord, qui fait référence d'ailleurs dans le Choulhan Aroukh de Rabbi Yossef Caro, dit dans une de ses responsa comment la punition collective est injuste et illégitime. Bien sûr, nous sommes confrontés à ces questions: il faut réagir selon le Rambam du Moré Nevouchim, faire très attention à nos réactions pour que la punition ne devienne pas collective, car il y a un danger dans cela.
Mais, en tout cas, il est clair que lorsque le texte ou le Ribach parlent de prêter garde à ne pas punir collectivement, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas punir les commanditaires de ces actes de violence, les incitateurs qui ont donné champ libre aux terroristes pour perpétuer leurs méfaits.
Il faut que ces hommes, les incitateurs, les commanditaires, les meurtriers, les assassins, paient le prix de leurs actes, ainsi que tous ceux, comme je viens de le rappeler, qui soutiennent le terrorisme.
Autre chose que j'avais vue chez nos sages, et qui est intéressant, à propos du système judiciaire. Cela nous concerne aussi, parce que tous les jours nous sommes confrontés aux décisions des cours de justice et de la haute cour de justice. Nos sages disent que, d'une certaine manière, le système judiciaire et les forces de sécurité, c'est ma traduction bien entendu, doivent être immédiatement mobilisés pour ne pas venir surprendre les incitateurs, c'est-à-dire aller aux sources et les prendre en flagrant délit.
Regardez ce que j'ai trouvé. On nous enseigne que le tribunal qui jugera l'incitateur, le commanditaire, devra être composé de juges impitoyables. C'est Maïmonide, les lois sur l'idolâtrie, chapitre 5, alinéa 3, et les lois sur le Sanhédrin, chapitre 11, alinéa 5.
J'ai l'impression d'entendre ici, à travers ce que dit le Rambam, qu'en situation de guerre il vaut parfois mieux réagir, résoudre le problème, tirer en quelque sorte, et questionner ensuite. Nos sages ont d'autres propos, bien entendu, mais peut-être à une autre occasion.
C'est tout à fait intéressant de voir chez eux un dernier point, je ne peux m'empêcher de vous le dire: le rejet de la possibilité d'une miséricorde globale qui serait valable pour tous les êtres. Dans le cas de ces criminels, de ces assassins, le Rambam dit: « La miséricorde à l'égard des gens cruels se transforme inévitablement en un sentiment de cruauté envers les miséricordieux. »
Je crois que nos sages n'étaient pas, comment dire, en retrait de l'événement, de l'histoire, de ce qu'ils ont certainement vécu à leur manière, à leur époque, et de ce que nous vivons aujourd'hui. Il est toujours bon de prendre le temps de prendre connaissance, ce qui seul peut nous permettre la prise de conscience.
À très bientôt. Chalom, chalom.
Cours de Machon Meir
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