Le tout et le détail dans l'âme d'Israël
Le deuxième kobetz du Rav Kook : ne pas dédaigner l'âme collective d'Israël, ni séparer les détails de la totalité.
Rav Rony Akrich
Ensuite : Détruire pour reconstruire : le secret des tables brisées, 4 min
Début du cours (texte)
Lire le début du cours
Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver sur la chaîne du Machon Meir, dans cette nouvelle émission En tête à tête, avec mon cher et tendre ami Ariel Benaroche. Bonjour, bonjour, mon ami Roni Krish. De nouveau nous nous retrouvons autour des huit chapitres du Rav Kook, pardon, Zerer Tsadik Livrara, que nous avons entamés la dernière fois. Nous avions expliqué le premier alinéa, voici que nous touchons au deuxième, peut-être au troisième aussi aujourd'hui. Je donne la parole immédiatement à notre cher ami, Rav Yoel, pour essayer de nous donner un petit résumé de ce que nous avons vu.
Rav Yoel: Effectivement, mon ami Roni, nous avons vu dans le premier Kovetz, dans le premier recueil du Rav Kook, que la néchama du peuple d'Israël, qui a été créée avant même la création du monde, et qui a été choisie pour être créée à des fins bien précises, c'est-à-dire diffuser la valeur de l'infini dans ce monde. Eh bien, cette âme qui a été créée par l'éternité a des aspirations. Et nous, une fois apparus dans ce monde, les êtres individuellement parlants qui font partie de ce projet divin
englobé dans cette âme, nous sommes les enfants de cette âme collective créée bien avant le monde. Nous nous appelons les enfants d'Israël. Et pour vivre une vie fidèle à la notion prévue lors de la création de cette grande âme, nous devons en réalité étudier et faire en sorte de réaliser le projet divin qu'il a placé dans cette grande néchama. C'est-à-dire que nos actions doivent être toutes fidèles à cette pensée initiale du Créateur, qui elle-même, encore une fois, est englobée dans l'âme collective du peuple d'Israël.
Je vais lire le deuxième alinéa du Kovetz. Et le Rav écrit:
Je donne une traduction, aussi succincte soit-elle. Quiconque sépare ces chapitres de la totalité diminue leur pouvoir, leur grandeur, leur honneur en quelque sorte, et leur importance pour nous. Ils diminuent l'essence même de nos vies.
Et voilà que nous nous élevons contre tous ceux, et nous nous élevons avec force contre tous ceux qui voudraient contrecarrer un tel enseignement.
Alors tout à fait. Le deuxième Kovetz du Rav vient nous mettre en garde pour ne pas négliger, et ce n'est pas seulement séparer: le mot akots veut dire dédaigner. Cela devient quelque chose que je repousse totalement de ma vie.
Avec des mots simples: si, en tant qu'individu faisant partie du peuple d'Israël, je ne tiens pas compte de l'idée cachée dans la globalité de mon peuple, si je ne fais pas attention à ce qui est basé dans l'âme collective d'Israël, si je m'éloigne, si j'étouffe le potentiel que Dieu a placé dans cette âme, eh bien, je diminue la force, tout simplement, du dévoilement. Pas la force de cette âme, car la force de cette âme, on ne peut pas la diminuer. Elle est. C'est une existence, c'est une réalité. Mais le seul problème, chass véchalom, c'est de ne pas être un canal qui ouvre la possibilité à cette conviction divine, à ce projet divin, de se réaliser dans ce monde.
Et donc il faut donner un poids, il faut donner du kavod, il faut donner un mishkal à cette pensée divine incluse dans l'âme d'Israël. En clair, il ne faudrait pas réduire. Il ne faut pas être réducteur de l'homme juif, c'est-à-dire ne pas tomber dans la religion. Donc je me permettrais de te dire: de l'homme hébreu.
Tout à fait. Je voulais dire « réduire ». Tu as bien fait de dire « essayer de minimiser la grandeur de l'âme intimement liée à ce projet-là ». Effectivement, il y a toujours une tendance à prendre la Torah pour un ensemble de lois et à se suffire de leur application. Et là, on voit qu'il s'agit d'un projet énorme, à l'échelle de l'infini.
Et si nous négligeons ce degré, nous vivons comme des hommes, des êtres individuellement parlants, mais qui diminuent, qui atrophient l'essence même des choses. Je me suis noté pour moi-même cela: si l'on venait à réduire, donc à minimiser cela, dans des domaines comme le judaïsme seul, le nationalisme seul, l'éthique seule, la émouna seule, les commandements seuls, l'identité culturelle seule... Non, c'est un ensemble de toutes ces choses-là. C'est la combinaison du tout au sein de l'ensemble.
Tu es en train de toucher un point essentiel dans la Kabbale, qui traite en fait de la différence entre ce qu'on appelle le monde de l'unicité et le monde de l'explosion des détails. Dans le langage du Zohar: Alma dé-Yihouda face à Alma dé-Peroudah. Et là, justement, il s'agit de revenir à une vision globale, à une vision unitaire, comme si nous étions des milliards de cellules qui œuvrent toutes pour un seul degré, pour la même cause. Le détail n'est que détail quand il rentre en combinaison ou en conjugaison avec le monde immanent.
Je dirais plus que, en fait, le détail n'existe pas réellement, il n'est que la prolongation. L'appréciation que nous avons du particulier ou de la particule, que l'on appellera un détail, mais ce n'est pas un détail bien entendu, c'est dans l'immanence de ce monde-là.
Exactement. C'est-à-dire que c'est l'expression du tout qui se met elle-même en détail, et le détail, par conséquent, doit être fidèle. Donc ce que dit le Rav ici: nous nous élevons contre tout celui qui, avec force, refuserait totalement ce réductionnisme-là.
Tout à fait, ne pas se détacher, en fait, de la pensée initiale qui a précédé la création. Parce qu'il dit que cela diminue l'essence même de nos vies, et l'aspiration fondamentale de la nation doit donc être en rapport direct et intrinsèque
avec ce que nous venons d'expliquer. Tout à fait. Et le terme utilisé ici est encore beaucoup plus que l'essence, c'est l'échèd. L'échèd, c'est la quintessence, la moelle épinière.
La quintessence, nous disons. Et donc, en réalité, c'est se tromper, et c'est en réalité venir contre le projet du divin, si on pouvait le faire. Mais chass véchalom, c'est se soustraire à cette pensée initiale. C'est-à-dire que se fourvoyer dans la non-reconnaissance et l'appréciation de l'essence, c'est provoquer le fait de pouvoir passer à côté de l'essentiel.
Exactement. Il y a une scission, qui d'ailleurs tue celui qui s'en est détaché. Il faut bien comprendre que si j'arrache une feuille d'un arbre, l'arbre, lui, continue sa vie, alors que la feuille en question est déjà en train de mourir.
On commence un petit peu le troisième alinéa. Même si nous ne le terminons pas, nos téléspectateurs nous retrouveront par la suite.
Alors, là, nous sommes en fait dans l'action réelle. Que faut-il faire pour être adéquat, pour rester fidèle à la pensée initiale de la vie ?
Eh bien, je dois tout simplement étudier la Torah. Mais le Rav ici est en train de nous dire de quelle manière je dois l'étudier.
Oui, parce qu'on a toujours l'impression, lorsqu'on utilise le concept « étudier la Torah », qu'il s'agit d'une consécration aux cinq livres de la Torah, en oubliant les 19 livres qui composent le Tanakh. Et même si l'on voulait se combiner à …
Cours de Machon Meir
Dans la même série
128 cours, en direct du Machon Meir (Jérusalem). Thèmes : Pensée juive, Émouna, Rav Kook, Histoire d'Israël, Identité juive.
- 22
29 Novembre 1947🇮🇱 L’ONU vote pour le plan de partage de la Palestine. - 23
Hanouka et l'unité selon le Rav KookLe sens de l'unité d'Israël à travers les étincelles des Hachmonaïm, la tente d'Abraham et les douze pierres de Jacob. - 24
Le secret du mot פסח (Pessah) - 25
Ayéka : où en es-tu avec toi-même ?Une lecture de Rony Akrich sur la question d'Adam après la faute, et sur l'écoute de soi. - 26
Le tout et le détail dans l'âme d'IsraëlLe deuxième kobetz du Rav Kook : ne pas dédaigner l'âme collective d'Israël, ni séparer les détails de la totalité. - 27
Détruire pour reconstruire : le secret des tables briséesLe Midrash sur le temps de briser et le temps de bâtir, et la règle de Chabbat qui fonde le dilemme. - 28
Yaakov rentre chalem : nom, verbe et vêtementComment Yaakov, blessé au Yabok, reste entier en gardant son nom, son verbe et son vêtement. - 29
Yossef, le supplément d'âme de Rachel et de YaakovComment Yossef, enfant aimé de Yaakov, devient le lien qui répare le fratricide et ouvre la voie vers l'Égypte. - 30
Le Hol ça PEUT ÊTRE Kodesh - 31
Machon Ora : un tremplin pour les jeunes filles francophonesPrésentation des deux programmes du Machon Ora pour rejoindre Israël.
— un nom de Rav à ajouter, un problème de son ou d'image ?
Une question sur ce cours ?
La réponse s'appuie d'abord sur ce cours, puis sur les autres cours des Rabbanim, avec le passage exact à écouter.
Commentaires et questions au Rav