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Ayéka : où en es-tu avec toi-même ?

Une lecture de Rony Akrich sur la question d'Adam après la faute, et sur l'écoute de soi.

6 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le tout et le détail dans l'âme d'Israël, 12 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## La question posée à Adam

Chers amis, bonjour, heureux de vous retrouver durant ces trois semaines entre le 17 Tamouz et le 9 du mois d'Av. Si la semaine dernière je vous avais entretenu avec ce texte d'Adin Steinsaltz, dans la rose aux 13 pétales, où il nous emmenait à travers cette question: qui suis-je aujourd'hui ? je voudrais vous lire un tant soit peu de Où es-tu ?, écrit par ce maître très intéressant, que je vous conseille.

En fait, cette question apparaît déjà, quoique sous une forme différente et quelque peu surprenante, dans l'histoire du premier homme. Après avoir commis la transgression, Adam et Chava prennent peur et se cachent au milieu des arbres du jardin d'Éden. Ils entendent alors la voix de l'Éternel demandant à Adam: Ayéka. On peut traduire bien sûr par « Où es-tu ? », mais c'est certainement « Où en es-tu avec toi-même ? »

Cette question, comme ce récit tout entier, constitue l'une des structures fondamentales de toute vie individuelle et collective. Si seulement chaque homme en particulier, bien sûr, et l'espèce humaine tout entière, pouvaient éviter la transgression de ce symbole de l'arbre de la connaissance, c'est-à-dire chercher à savoir ce qui ne correspond à aucun besoin de l'âme, ils éviteraient la faute.

Parce qu'il y a, je le rajoute, et c'est mon commentaire que je fais habituellement sur les textes que je vous lis, il y a continuellement cette confrontation de l'homme entre ce qu'il veut et ce qu'il a besoin. En hébreu, tout ce que nous voulons ne répond pas toujours à un réel besoin.

Nous éviterions ainsi la faute qui consiste à répondre à une question qui n'a pas été posée, à en savoir plus qu'il n'en faut, à se livrer à des études et à cumuler des informations fragmentaires et banales qui finissent par devenir une barrière à la connaissance lucide de la nature de son être.

Sans toutes ces occultations, l'homme pourrait aller comme instinctivement dans la simplicité naïve de son être, à la rencontre de son moi authentique. Faites-y attention: continuellement, lorsque nous parlons, c'est « je » qui s'exprime, « je ceci, je cela ». Mais combien de fois sommes-nous à l'écoute de ce moi ? qui se rapprocherait donc du véritable besoin, du véritable tsorekh, et celui qui parle « je », qui n'est que dans la simple volonté.

Mais depuis la faute d'Adam, l'homme a perdu, dit le Rav Adin, la lumineuse simplicité de la voie qu'il devait suivre, le sens instinctif qu'il en avait.

Et vous savez comme moi que le doute a la même valeur numérique qu'Amalek, c'est-à-dire le peuple de la destruction, ou de la destruction seule. Il vous est permis de douter un temps, il est interdit de douter tout le temps. Aussi bien n'ose-t-il pas, de prime abord, se poser cette question: où suis-je ? où vais-je ? que fais-je ? Il l'entend comme une voix extérieure, la voix de Dieu demandant à Adam ce qu'Adam n'ose pas se demander à lui-même.

Et vous avez fait attention, d'ailleurs, que bien souvent, lorsque nous ne nous posons pas la véritable question, eh bien, l'environnement, et l'environnement-événement, fait en sorte que la question nous soit posée. Et tout ce que l'homme peut répondre, c'est qu'il s'est égaré et qu'il se cache. Le point capital ici, c'est le résultat de la transgression. Qu'elle soit objective ou qu'elle découle d'un sentiment conscient ou refoulé de culpabilité,

sa conséquence immédiate, c'est que l'homme se cache de Dieu. En fin de compte, l'homme, comme vous l'avez compris, se cache de lui-même, bien évidemment. Au lieu d'avoir émouna en lui, de le rechercher, il est contraint, parce qu'il se sent coupable d'abord et avant tout, de s'enfermer dans une situation dont il ne peut sortir qu'en prêtant l'oreille à la question « Où es-tu ? »

Je vous rappelle que prêter l'oreille, en hébreu, n'existe pas. Il y a différents verbes, mais dont le principal est celui que nous disons de la naissance à la mort: Chéma, « entends ». Et Chéma, « entends », c'est cette oreille interne, donc aux sources de l'équilibre, du centre de gravité, de l'équilibre de l'homme. Donc répondre à la question « où en es-tu avec toi-même ? », c'est bien évidemment être en quête de cet équilibre foncier. La voix qui retentissait dans le jardin d'Éden résonne encore dans le monde. Ne vous y trompez point !

L'homme n'en a pas toujours conscience, mais d'une manière ou d'une autre, il l'entend dans son âme lorsque nous prenons le temps, bien entendu, je vous avais déjà entretenus de cela, lorsque l'homme prend le temps d'avoir rendez-vous avec lui-même. Quelquefois, il ignore qu'il s'agit de la voix de Dieu, mais la question elle-même, il est toujours capable de l'entendre.

Cette écoute peut aussi bien résulter d'une quête consciente que du fait que, non seulement il se cache de Dieu, mais qu'il ne sait même pas qu'il se cache de Dieu, comme nous l'avons dit. Elle peut surgir pour lui, elle peut surgir pour celui qui, comme lui, vit une existence dépourvue de tout but, sans finalité, et cherche désespérément, comme pour celui qui s'imagine que tout est clair et intelligible, que les choses peuvent surgir à tout instant.

Écoutez, mes amis, cessons de prendre nos rêves pour des réalités. Mais par contre, à travers ce propos, nous entendons qu'il est possible de faire de notre réalité un rêve au quotidien.

A très bientôt, depuis les studios de Meir TV, la yeshiva du Machon Meir. Shalom, shalom.

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