Comment s'améliorer (partie 2 l'écoute)
Rav Yossef David
Ensuite : Le service militaire, une mitsva au cœur d'Israël, 5 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chalom Rabotaï, nous continuons donc notre série sur le Tikkoun Midot pour l'amélioration des qualités morales et de la personnalité. Je vais vous raconter une histoire qui se passe dans le Gan Eden. Le Rambam raconte qu'Adam et Ève, avant de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, n'avaient que la connaissance du vrai et du faux. Et après avoir mangé le fruit de l'arbre interdit, ils vont acquérir de nouvelles connaissances, celles du bien et du mal.
C'est une histoire un peu compliquée, on va essayer d'expliquer certaines choses. Qui a convaincu Ève de manger de cet arbre interdit ? C'est le Nachash, le serpent. J'aimerais expliquer un peu ce qu'est le Nachash. C'est une voix, puisqu'il s'agit d'une partie de l'homme, une partie plus basse de l'homme, qui va parler avec l'homme et le convaincre, la femme puis l'homme, de manger de ce fruit interdit. Le Nachash lui-même appartient au monde du bien et du mal. Il appartient à ce monde-là, et c'est là qu'il vient parler à l'homme. Il parle à la femme jusqu'à réussir à la convaincre. Les Mekoubalim, les kabbalistes, nous disent que ce Nachash, cette voix intérieure qui existait dans l'homme et dans la femme, continue d'exister. Nous avons toujours en nous cette voix intérieure qui vient parler pendant qu'on écoute, et pendant qu'on parle.
Je voudrais expliquer la manière dont elle parle. On a dit d'où vient le Nachash. Le serpent vient du monde du bien et du mal. Il ne vient donc pas du monde de la vérité, ni du monde de la réalité, mais d'un autre monde, un monde du jugement: c'est bien, c'est mal, c'est beau, ce n'est pas bien, c'est vrai, ce n'est pas vrai, ça me plaît, ça ne me plaît pas. Ce monde du jugement vient accompagner le dialogue de l'homme, et il est là tout le temps. On est tout le temps dans cette voie.
D'ailleurs, quand on écoute quelqu'un, et qu'on ne l'écoute pas bien, au lieu de l'écouter, on écoute le Nachash en nous, c'est-à-dire ce que nous avons à dire, nos jugements sur cette personne. C'est pour cela qu'on ne s'est pas vraiment écouté. Au lieu d'écouter la personne. Or les gens, ce dont ils ont le plus besoin, vous le verrez sur terre, c'est d'être écoutés. Parce que lorsqu'ils sont écoutés, c'est là qu'ils existent. Lorsqu'ils ne sont pas écoutés, ils ont l'impression de ne pas exister.
Et quand nous écoutons mal, au lieu d'écouter, on écoute avec son Nachash, qui vient nous dire ce qu'il pense de ce qu'on est en train d'entendre. Au lieu d'écouter la personne, ce qu'elle est en train de dire: « Ok, je vois ce que tu dis, je comprends, oui, je vois que tu dis ça. » On écoute plutôt ce que nous avons à dire: « Oh non, ce n'est pas vrai », ou pire, on lui dit: « Ah non, moi ce n'est même pas comme ça, moi ça m'arrive autrement », « Ah, moi ça me rappelle quelque chose. » Mais ce n'est pas ce qu'il veut. Il veut juste qu'on l'écoute. Et si vous ne l'écoutez pas, il n'est pas important, il n'existe pas.
La seule chose que vous écoutez, c'est vous-même, c'est votre Nachash, c'est votre écoute intérieure, votre jugement sur ce qui est en train d'être dit. Et c'est tout sauf une véritable écoute. Si vous écoutez quelqu'un vraiment, c'est ainsi que vous le rendez grand. Et si vous voulez aller encore plus loin: si vous cherchez dans le corps l'organe de la générosité, il ne se trouve pas dans le cœur, il se trouve dans l'oreille. La manière dont vous écoutez quelqu'un, c'est votre générosité envers lui. Si vous l'écoutez de manière grande, vous le rendez grand. Si vous l'écoutez de manière petite, vous le rendez petit.
Et vous verrez vous-même que vous ne supportez pas d'être avec des gens qui vous trouvent petits. Et quand vous êtes avec des gens qui vous trouvent grands, vous devenez grands, parce que nous sommes tous le produit de l'écoute des gens qui sont avec nous. Avec cette générosité, cette grandeur de l'écoute: quand vous renoncez au Nachash en vous, quand vous renoncez à vos jugements sur la personne qui parle, et que vous êtes simplement en train de l'écouter, vous pouvez ensuite lui dire ce que vous pensez, si elle le demande. Mais vous l'avez d'abord écoutée, et vous avez réussi à mettre en sourdine ce Nachash, ce serpent.
Vous avez alors fait un très grand hessed avec cette personne, une très grande élévation, car vous lui avez donné la possibilité d'être ce qu'elle est, sans ajouter sur elle ce monde du bien et du mal. Et tout d'un coup, elle commence à exister, à être elle-même. Écouter, en ayant renoncé à cette voix intérieure, en se Nachash, c'est lui rendre grandeur. C'est ce que je vous invite tous à faire: adopter ce nouveau type d'écoute, l'écoute sans Nachash.
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