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Avraham Avinou, qui est-il ?

Le père de la nation, son dessein universel et la Akédat Its'hak qui scelle l'alliance avec son fils.

6 min

Rav Eytan Fiszon

Ensuite : Sarah, la mère d'Israël, et le caveau de Marpéla, 6 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Roch Hachana approche, dans quelques jours nous arrivons à ce grand moment de renouveau. C'est pour cela que nous avons décidé de commencer une nouvelle série d'études, sur les personnages qui ont façonné l'identité d'Israël. Nous allons commencer par, évidemment, le père de notre nation, Avraham Avinou, tel que le Rambam le décrit, Eïtana Ezrahi, le puissant par excellence.

Pour commencer l'histoire d'Abraham, il faut bien comprendre que ce n'est pas un commencement, mais bien une fin. Abraham n'est pas le premier hébreu, le premier juif, si on veut. En vérité, quand on regarde le texte de la Torah, dans le livre de la Genèse, on se rend compte qu'Abraham est le dernier rescapé d'une grande dynastie, la dynastie des fils d'Ever. Ever a donné naissance à un peuple, les ivrim, en français les hébreux. Abraham est donc le détenteur de cette identité.

C'est peut-être pour ça que HaKadosh Baroukh Hou décide de le choisir. Il ne le choisit pas pour faire une grande religion, une religion où celui qui pratique fait partie de la religion, est relié, religious, et celui qui ne fait pas partie de cette religion est celui qui ne pratique pas. Au contraire, lorsque Dieu s'adresse à Abraham, il lui dit: je ferai de toi ce que tu as toujours été, un grand peuple. À ce moment-là commence une joute, un bras de fer, entre Abraham et le Créateur.

Abraham avait un plan. Ce plan était de construire une religion cosmopolite monothéiste, parlant à toute l'humanité d'un Dieu unique. Toute similitude avec une religion actuelle serait purement fortuite et involontaire, évidemment. Mais Abraham voulait répandre le message du Dieu unique. D'abord, il l'a fait à Babylone. Ensuite, petit à petit, en arrivant sur la terre d'Israël, sous l'ordre de Dieu, Dieu lui a dit: « Pars.

Pars de tout ce que tu as fait et va dans le pays que je t'indiquerai. » C'est très compliqué pour un Abraham qui a déjà 75 ans, qui a travaillé, d'après nos sages, depuis l'âge de 3 ans, il est en contact avec l'Eternel. Alors pendant toutes ces années, 72 ans, il a travaillé, il avait un projet, et ce projet, finalement, Dieu lui dit: ce n'est pas ça le projet. J'ai un projet pour toi. Mais Abraham ne va pas accepter tout de suite. Il est, comme je l'ai dit, en relation avec Dieu, tout en voulant amener son idée.

Il va aller en Égypte, là-bas aussi il va essayer de répandre son idéologie, et il revient avec Agar. Lorsque finalement Abraham et Sarah n'arrivent pas à avoir d'enfants, Sarah lui propose de faire une descendance avec la servante égyptienne. D'après nos sages, Agar était la fille de Pharaon, elle est devenue la servante d'Abraham. Il se dit: pourquoi pas ? C'est un idéal fantastique, c'est une pshara, un compromis entre l'idéal de Dieu de créer un peuple, c'est-à-dire quelqu'un qui sortira de moi, et, d'un autre côté, quelque chose qui est fait avec la culture mondiale.

Et ce n'est que finalement, alors que HaKadosh Baroukh Hou lui a déjà expliqué que ça ne passerait ni par son serviteur Eliezer, en d'autres termes qu'Abraham ne devait pas devenir le maître d'une religion qui passerait de Rav à élève, ni par le fils de la culture mondiale, l'Égypte étant la plus grande culture de l'époque, que Dieu lui dit: tu n'as pas compris, ça sera avec Sarah. Ça sera avec Sarah, d'ailleurs. Sarah, il va falloir lui changer son nom, à toi aussi. Ça passera par une famille. Et c'est là que Its'hak naît.

Pour véritablement sceller l'alliance entre Avraham et son fils Its'hak, il va y avoir la Akedat Its'hak. Dans la Akedat Its'hak, Dieu lui a bien fait comprendre qu'il fallait prendre Its'hak: ce sera lui le successeur. Mais Avraham n'est pas certain. D'après nos sages, il va prendre avec lui chnei naarim, deux adolescents, comme il est écrit dans la Torah. Nos sages nous disent qu'il s'agit d'Eliezer et d'Ichmaël. On ne sait pas qui va suivre: Eliezer, l'élève, Ichmaël, le fils de la culture mondiale, ou Its'hak, le fils du peuple juif.

Et finalement, nos sages nous apprennent que lorsqu'ils arrivent près du lieu, vayar et hamakom mérahok, il voit l'endroit de loin, il a bien compris qu'Eliezer et Ichmaël ne voyaient pas plus loin que le bout de leur âne. Il a dit à Its'hak: toi, tu vois quelque chose ? Il a répondu, évidemment: je vois la nuée accrochée à la montagne. À ce moment-là, Avraham lui a dit: Tov, toi, tu viens avec moi.

Ils termineront en disant que lorsque, finalement, Abraham accepte Its'hak comme son successeur, il prend conscience de tout le poids de son héritage. Et c'est là, sur le Mizbéa'h, que l'ange vient lui dire: n'envoie pas ta main sur ton fils. Abraham va lui répondre, dans le Midrash Tanchouma, c'est expliqué de manière extraordinaire: tu sais quoi ? Toi, tu n'es qu'un ange. Lorsque Dieu voulait que je sacrifie Its'hak, il est venu en personne.

Alors viens en personne me parler, Dieu, si tu veux que je le retire. Et finalement, après des discussions avec le premier et le deuxième ange, HaKadosh Baroukh Hou vient en personne. Et là, Abraham lui dit: je ne bougerai pas tant que je n'ai pas dit ce que j'ai à dire. Dieu lui dit: parle. Il dit: voilà, j'aurais pu discuter avec toi, tu m'avais promis que j'aurais un fils, Its'hak, et finalement tu me demandes ça. Je n'ai rien dit.

Et de la même façon que je n'ai rien dit, lorsque les enfants de Its'hak, car, ça y est, j'ai accepté que Its'hak soit mon successeur, lorsque les enfants de Its'hak, peut-être, partiront dans le mauvais chemin et que tu voudras peut-être leur faire quelque chose, de la même façon que moi je me suis retenu et que je n'ai rien dit, retiens-toi et ne leur fais rien. Et Dieu lui a dit: Bini, Chabbat, néoum Hachem, je te le promets.

Et juste avant de le laisser partir, il lui a dit: Ah, Abraham, reste là ! Tu sais comment tu vas me rappeler cette promesse ? Dis à Its'hak de dire à ses enfants qu'à chaque nouvelle année, tu vois le bélier ? Tu vois la corne du bélier ? Qu'il prenne cette corne et qu'il sonne du chofar. Ça me rappellera, à moi, l'alliance que j'ai passée avec toi.

Le chofar de Roch Hachana est totalement lié à Abraham. Ce n'est pas un chofar de techouva pour nous, tel qu'il est pendant le mois d'Eloul, mais c'est un chofar qui yachil, si on peut le dire, pour réveiller Dieu de la promesse qu'il nous a faite avec Abraham et Its'hak, d'être toujours avec nous.

Toda rabba.

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