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Akhlanou avinou : pourquoi « Avinou » et « Malkénou » dans la Amida

La bénédiction du pardon : pourquoi Avinou pour la faute par négligence, Malkénou pour la révolte.

56 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Le signe de la Gueoula dans la Guémara de Sanhédrin, 55 min

Début du cours (texte)

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bon, allez, shalom à tous. Nous sommes en plein Sidour, je crois. On est arrivé à la sixième bénédiction, oui, c'est ça, la sixième. C'est Sélah lanou. Pardonne-nous.

Il y a une différence entre la bénédiction de la téchouva et celle de la sélihah. La téchouva est un mouvement naturel, inné, qui n'a fondamentalement rien à voir avec le péché, mais qui peut servir aussi à réparer le péché. La téchouva est un retour à partir de l'éloignement. Quand on fait téchouva, on se rapproche. Si on a péché, on s'est éloigné encore plus, mais l'éloignement est tout à fait naturel, c'est un point de départ. Si on a péché, on s'est éloigné encore plus, donc il faut faire une téchouva qui va nous permettre de réparer le péché et d'être pardonné.

Pardonne-nous, notre Père, car nous avons péché. Pardonne-nous, notre Roi, car nous avons péché. Quelle est la différence entre les deux expressions ? C'est très simple: Avinou quand il s'agit de ḥèt, et Malkénou quand il s'agit de pécha. Il y a trois formes de péché, comme vous le savez: ḥèt, avon, pécha. Ḥèt, c'est par négligence. Avon, c'est consciemment. Pécha, c'est par révolte.

Donc ḥèt, c'est par négligence. Pécha, c'est par révolte. Entre les deux, il y a avon: c'est consciemment, mais sans esprit de révolte.

Il devrait donc y avoir ici trois expressions: une pour ḥatanou, une pour avinou, la troisième pour pachanou. Or le texte de la téfilah n'amène que la première et la troisième forme, pas la deuxième. Pourquoi ? Tout simplement parce que s'il y a pardon pour la première et pour la troisième, implicitement cela vaut également pour la deuxième. Donc, comme la téfilah est courte, on dit: Sélah lanou Avinou ki ḥatanou. Quand on n'a fait qu'un péché par négligence, Hakadosh Baroukh Hou est encore notre Père. Quand on se révolte, il se manifeste comme notre Roi. C'est donc Avinou et Malkénou.

Nos frères ashkénazes ont l'habitude, dans cette bénédiction, de faire un mouvement avec le poing sur le cœur quand ils disent ḥatanou et pachanou. Nos frères séfarades ne le font pas; ils ne le font que pour le vidouï proprement dit.

— Oui, quoi ? Ça nous aurait arrangés, en soi, qu'en réalité notre Père ne soit plus tendre avec nous ?

— Exactement. Ça aurait été mieux si on avait dit « notre Père ». Oui, le problème, c'est que, comme on s'est révolté, on s'est révolté contre son attribut de Roi. Donc nous réacceptons son attribut de Roi. C'est la méthadine, oui.

— Ah, c'est une manière de dire que, quand on frappe sur le cœur, on en veut à son cœur d'avoir prémédité le péché. Voilà, on lui en veut, alors on lui montre de quoi il s'agit.

Le Rabbi Yossef disait qu'on frappe pour qu'il y ait plus de place pour mettre encore d'autres péchés. C'est comme dans un sac que l'on frappe: s'il est plein, on ne peut plus rien y mettre, mais si on frappe, il y aura encore de la place.

— Oui, c'est le sens de l'humour du Rav Ovadia.

— Oui, quoi ? Si seulement j'avais, moi, son sens de l'humour.

— Ah, oui, quoi ? La différence entre pécha et avon, je ne vois pas pourquoi ce que j'ai dit jusqu'à présent ne te satisfait pas. J'ai expliqué deux fois dans ce cours la différence. Avon, c'est consciemment: je fais la chose, par exemple, j'ai envie de manger du cochon, et je le fais parce que j'aime le cochon. Je n'ai pas du tout envie de me révolter contre mon Créateur, mais j'aime le cochon. Par contre, il peut y avoir quelqu'un qui mange du cochon parce qu'il ne veut pas de l'autorité de la Torah. Il en mange alors qu'il n'aime pas tellement cela; en fait, ça le rebute, mais il le fait quand même, parce qu'il se révolte. D'accord ?

— J'ai une question.

— Non, pas possible.

— Oui ? C'est quoi, ta question ?

— C'est en dehors du sujet, mais ça me fait penser…

— Tu sais que tu te mets en danger là.

— Enfin bon, oui. C'est un risque, oui. Vous voyez cette gourde ? Quand je fais chéhakol dessus, sur l'eau qu'il y a dedans, est-ce que j'ai besoin de refaire chéhakol à chaque fois que je bois, si je ne bois pas d'affilée ?

— Ah ! Bon.

— Tu sais quoi ? C'est un rapport au cours, étant donné que ça se passe pendant le cours. D'accord ? Bon, donc je vais quand même répondre. Un aliment, quand il est entièrement digéré, on ne peut plus faire la bénédiction dessus. Si on mange un sandwich, il faut compter environ 72 minutes; au bout de ce temps, la digestion est déjà opérée, donc tu ne peux plus faire birkat hamazon dessus. Pour ce qui est d'un liquide, c'est beaucoup moins de temps: entre 2 et 3 minutes. Et si 2-3 minutes sont passées, tu ne fais plus, tu dois refaire la bénédiction. Voilà.

— On mange tout le temps dans une séouda.

— Non, mais tu as déjà fait la motsi. Même si tu n'as pas fait la motsi, il y a des aliments que tu manges entre-temps, etc.

— Un cocktail, alors, quel est le problème ?

Dans un cocktail, il y a des choses comme ça: des concombres, des carottes qu'on met à tremper. Tu croques et tu dis: c'est extraordinaire. Bon, sans parler des crevettes. Quelqu'un m'a dit aujourd'hui, quelqu'un qui est venu d'Amérique et qui suit mes cours, qu'on lui pose souvent la question: est-ce que la clim marche ?

C'est bon. Dans la version ashkénaze, c'est Mohel, qui pardonne. C'est la même chose. La différence, c'est quand même que mohel est comme une qualité permanente, comme un attribut permanent, tandis que sélah parle du cas précis où il y a eu péché.

Mais en fait, cela revient à peu près au même. Ḥanoun veut dire gracieux, c'est-à-dire qui donne la grâce. On avait vu, à propos de Noa'h je crois, que le ḥèn est le mérite de l'être, qui n'est pas toujours apparent. On se demande pourquoi il a pardonné, alors qu'il n'y a pas eu une téchouva totale, que les actes ne semblent pas justifier cela, etc. Mais il y a le ḥèn, la grâce, c'est-à-dire la valeur de l'être dans son intériorité.

Dans les anciennes versions, il y avait écrit ki Hou marbé lislo'ah, qui abonde en pardon. C'est ainsi qu'on a fait une bénédiction composée de deux choses. Quand il abonde en pardon, il y a toutes sortes de manières de pardonner pour des tas de manières de péché. C'est donc marbé lislo'ah. Tout cela est clair.

— Dans certaines versions anciennes, il y avait écrit oumarbé, « et qui abonde ». Ha Marbé, qui abonde. D'accord ?

Nous allons donc passer directement de la sixième à la septième. — Ce qui est totalement faux. J'ai voulu dire « la septième », mais tu as eu une question. Oui, d'accord. Bon, c'est bon. Passons à la septième …

Cours de Machon Meir

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