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Le signe de la Gueoula dans la Guémara de Sanhédrin

Pourquoi le Rav Salant et les sages du XIXe siècle voyaient dans la fertilité de la terre d'Israël un signe de l'approche de la fin.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Ramène nos juges : la 11e bénédiction de la Amida, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Voilà, où est-ce qu'on en était ? Oui, donc à la dixième bénédiction. C'est là que commence la série des demandes qui concernent la collectivité d'Israël, et tout le processus de la Gueoula commence là, n'est-ce pas ? Le problème, c'est de savoir s'il y a un rapport entre la neuvième et la dixième.

La neuvième parle de l'abondance économique, essentiellement liée à la pluie. C'est donc une abondance agricole. Et juste après cette abondance agricole, il y a la bénédiction qui demande la délivrance, la Gueoula. Or il y a un autre sujet qui a un rapport avec cela, et vous allez voir tout de suite pourquoi. Il y a un texte dans la Guemara, dans le traité Sanhédrin, à la page, je crois. Non, non, vous allez voir qu'il y a un rapport, mais pour l'instant ce n'est pas très clair.

À propos de ce passage de la Guemara dans Sanhédrin, après un long débat entre Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua pour savoir si la Gueoula dépend, oui ou non, de la techouva, la Guemara arrive à la conclusion que Rabbi Yehoshua gagne. Rabbi Eliezer se tait à la fin. Or se taire, dans ce cas, veut dire qu'on consent: qui ne dit mot consent. Et finalement, c'est Rabbi Yehoshua qui l'emporte en disant que la Gueoula ne dépend pas de la techouva.

Juste après, intervient un enseignement de Rabbi Abba. Remarquez que Rabbi Abba est de la troisième génération des Amoraïm, tandis que Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua sont de la troisième génération des Tanaïm. Entre eux, il y a six générations. Et pourtant, la Guemara amène Rabbi Abba juste après la défaite de Rabbi Eliezer.

Qu'est-ce qu'il dit, Rabbi Abba ? Il dit: quand est-ce que nous savons que la fin de l'exil est proche ? C'est quand s'accomplit le verset d'Ézéchiel qui dit: « Et vous, montagnes d'Israël, vous pousserez vos branches et vous donnerez vos fruits à mon peuple d'Israël, car ils sont proches de revenir. » C'est dans Ézéchiel, au chapitre, je ne me trompe pas… Enfin bon, c'est là-bas.

Et dans Sanhédrin, Rachi explique: lorsque ce verset s'accomplira, c'est que la fin est proche. Rachi dit là-bas: lorsque la terre d'Israël donnera ses fruits en abondance, c'est alors que se rapproche la fin. Et il n'y a pas de signe de fin plus évident que celui-là. Alors pourquoi est-ce que c'est amené là ?

Il y a un enseignement du Rav Yosef Zundel de Salant, appelé le Tsadik de Salant, qui vécut à Jérusalem au XIXe siècle. Il a expliqué que Rabbi Abba a été placé juste après Rabbi Eliezer et Rabbi Yehoshua parce que, à partir du moment où nous savons que la Gueoula ne dépend pas de la techouva, nous voulons savoir quand elle est proche. Si la halakha était comme Rabbi Eliezer, c'est facile de savoir quand le Machiah arrive: il suffit de voir si le peuple d'Israël fait de plus en plus de mitsvot, et alors nous savons que c'est très bientôt. Mais si la Gueoula ne dépend pas de la techouva, comment savoir si elle est proche ? C'est là qu'intervient l'enseignement de Rabbi Abba: lorsque la terre d'Israël donne ses frondaisons.

Et sur la base de cet enseignement de Rabbi Abba, de grands hachamim du XIXe siècle, quand ils ont vu les premières implantations en Erets Israël, Rosh Pina, Petah Tikva et tout le reste, ont dit: voilà, c'est le signe. C'est le signe indiqué par la Guemara. D'accord ?

Maintenant, certains ont essayé de réfuter cet enseignement en disant: cette règle selon laquelle, quand il y a abondance agricole en Erets Israël, c'est l'approche de la fin, n'a pas été consignée par le Rambam dans son code de lois lorsqu'il parle des règles de la Gueoula et du Machiah. C'est donc que ce n'est pas la halakha. D'accord ?

Non, le Rambam traite bien des lois du Machiah, et il ne dit pas cela. Mais ce n'est pas tout. Les opposants disent: étant donné qu'aucun des commentateurs du Rambam n'a fait de remarque à ce propos, c'est donc qu'ils sont d'accord avec le Rambam. Et donc, qui pourrait aujourd'hui oser dire que nous sommes au commencement de la Gueoula sur la base de ce texte de la Guemara, alors que ni le Rambam ni ses commentateurs ne l'ont relevé ? C'est un comme ça, il n'y a que des gens qui sont pour. N'importe quoi, il n'y a jamais une chose pareille.

Le Rambam amenait les règles concernant les rois, le Beth Hamikdash, le Sanhédrin, le Machiah, les prophètes. Bien sûr qu'il amène des lois. Où est-ce que tu as trouvé une chose pareille ? Non, non, non. Désolé, ce n'est pas personnel.

— Juste, le Rambam n'a pas concilié toutes les…

Non, ça veut dire que s'il n'a pas amené un texte, c'est qu'il pense que ce texte n'est pas la halakha. C'est-à-dire qu'il a compris mieux que nous ce que dit la Guemara dans sa netiva.

J'amène l'argument des opposants. Qu'est-ce qu'on répond aux opposants ? Qu'ils se trompent complètement. Et comment je sais qu'ils se trompent complètement ? Parce que le Rambam lui-même a fixé cette halakha. Où ça ? Dans les règles sur la tefila.

En effet, le Rambam dit que si on n'a pas dit les dix-huit bénédictions dans l'ordre, on ne s'est pas acquitté de son devoir, il faut refaire la prière. Et il n'est pas le seul: tous les décisionnaires le disent. Si vous avez inversé l'ordre des bénédictions, vous n'êtes pas acquitté de la tefila.

Et pourquoi ? Parce que la Guemara, dans le traité Meguila, page, explique, sur la base de versets, pourquoi les bénédictions ont été instituées dans cet ordre. Elle demande: pourquoi la bénédiction de Tekaa bechofar gadol vient-elle après celle de Mevareh Ha'chanim ? Et la Guemara répond en se basant sur le verset d'Ézéchiel.

Elle dit: « Mikoum… » Donc c'est une erreur de penser que le Rambam ne tient pas compte de cette Guemara. Ce qui réfute donc l'objection du Rabbi de Loubavitch à ce propos.

— Il n'a pas mis ça parce que ça parle de…

Ce n'est pas une halakha, c'est un signe. Et il faut bien comprendre une chose: un signe, ça veut dire que la chose est proche, n'est-ce pas ? Mais une fois que la chose s'est produite, tu n'as plus besoin de signes. Une fois que ça s'est passé, c'est passé. Il y a eu la délivrance d'Israël. D'accord ?

Bon. Ça, c'est simplement pour comprendre l'ordre des bénédictions. Maintenant, pourquoi cette bénédiction est-elle en dixième place ? Il y a une différence entre le chiffre neuf et le chiffre dix. Neuf, c'est neuf fois une unité: ce sont neuf unités. Tandis que dix est un ensemble. Le chiffre dix n'est pas une unité de plus, ce n'est pas neuf plus un, c'est le clal. Donc, quand on passe au clal, on passe au chiffre dix. Le chiffre dix représente toujours quelque chose de complet.

Cours de Machon Meir

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