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Ramène nos juges : la 11e bénédiction de la Amida

Pourquoi le retour des bons juges conditionne la joie, puis la prophétie, selon Maïmonide.

56 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La prière pour Jérusalem et le Machia'h ben Yossef, 58 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je crois que nous en sommes dans la Amida. Nous sommes arrivés à la onzième bénédiction, celle qui commence par Hacheiva Shofteinu, « ramène nos juges ». Nous avions expliqué, au début de l'étude, que cela veut dire que nous voulons retrouver le système judiciaire de l'origine. Il ne s'agit pas des juges eux-mêmes: il y a parfois, de nos jours, des juges très bons.

Le problème est l'autorité. L'autorité législative, si on peut dire, dépend du Sanhedrin. Dans son sommet, c'est quand le Sanhedrin siège dans la salle de la pierre taillée, ce qu'on appelle en hébreu Lishkat HaGazit. Il n'y a pas eu, pour l'instant, de restauration de cette institution, bien qu'aussi bien au XVIe siècle qu'à divers moments du XXe siècle, et même aujourd'hui, il y ait des initiatives qui tendent à rétablir une sorte d'autorité centrale de la halakha. Et évidemment, si elle est rétablie, c'est également une inspiration particulière sur les membres de cette institution, Roua'h HaKodesh, et tout ce que vous voulez. C'est cela que nous demandons dans Hacheiva Shofteinu KeVarishona.

Ensuite, nous avons une suite. Le mot Yoetz, dans le sens restreint, veut dire un conseiller. Mais dans le sens large, surtout dans le Tanakh, le mot Yoetz veut dire un homme politique. Nous demandons donc le retour de la politique telle qu'elle était pratiquée au temps du roi David, par exemple.

Il y a ici différentes versions. Il y a Tsara, Yagon et Anakha, ou simplement Yagon et Anakha. Tsara veut dire le malheur. Yagon, c'est la détresse. Anakha, le soupir.

Certains ne mettent pas le mot Tsara et ne mettent que Yagon et Anakha, essentiellement pour des raisons kabbalistiques, parce que cela correspond: Yagon et Anakha, c'est-à-dire la détresse et le soupir, c'est l'aspect négatif du vécu. L'aspect positif, c'est la joie, et l'aspect négatif, c'est la tristesse. Un grand encouragement général dans la Torah, c'est la joie.

Nous demandons donc que disparaissent l'anxiété, ou la détresse, et le soupir. Quel est le rapport entre cette élimination des soupirs et de la détresse, et le retour des juges ? La réponse est que c'est la même chose. Quand il y a de bons juges, il y a la joie. Quand il y a de mauvais juges, il n'y a pas de joie.

Maïmonide, dans le Guide des égarés, explique pourquoi il n'y a pas de prophète de nos jours. Quand il dit « de nos jours », cela veut dire de ses jours à lui. D'accord ? Et il dit, c'est très simple: c'est parce qu'il n'y a pas de joie. Or la joie est une condition indispensable à la prophétie. S'il n'y a pas de joie, il n'y a pas de prophétie. Et pourquoi n'y a-t-il pas de joie ? C'est parce qu'on ne peut pas être dans la joie quand on est dominé par des imbéciles, dit-il. Le fait que des imbéciles dominent l'État, c'est ce qui fait que nous ne sommes pas en état de joie, donc pas de prophétie. Et il dit: lorsque reviendra la royauté à Israël, lorsque reviendra l'indépendance, alors reviendra la joie, et aussi la prophétie.

Maintenant, nous avons quitté l'exil, nous ne sommes plus dominés par les nations, et il est donc tout à fait plausible que la joie soit revenue, car il est certainement évident que les juifs ne vont pas mettre à leur tête des personnages politiques qui n'en sont pas dignes. Donc c'est probablement réalisé. Et la question se pose: puisque la joie est revenue, pourquoi n'y a-t-il pas de prophète ? La réponse est qu'il y a probablement encore d'autres empêchements.

Tu voulais dire quelque chose ? Oui ?

— La joie, c'est d'être rempli. C'est-à-dire que quand on a accédé à la réalisation de ses désirs, c'est la joie.

— Comment la prophétie dépend-elle de la joie ?

Ah, pourquoi la prophétie dépend-elle de la joie ? Parce que la prophétie est une connaissance qui est accordée à l'homme entier, pas à un demi-homme. L'homme entier est un homme qui est heureux. Un homme qui n'est pas heureux n'est pas véritablement un homme. Et donc la prophétie ne lui revient pas. Pourquoi ? Parce que si les prophètes pouvaient être des gens malheureux, cela créerait l'idée que la prophétie est faite pour les malheureux. C'est-à-dire que si quelqu'un est malheureux, on lui dit: voilà, va manger un sandwich, prends un falafel, tu peux arrêter de prophétiser. Alors qu'en fait, puisqu'il s'agit de la relation entre Dieu et la créature, il est évident qu'il s'agit d'une créature réussie.

— Oui ? Mais...

— Moi je pense à un avis qui justement était un peu pressé, stressé, etc.

Ah oui ? Le fait que tu penses comme ça est la preuve que j'ai tort. C'est ce que tu dis. Moi, j'ai dit que le prophète, c'est quelqu'un d'heureux. Tu me dis: oui, mais moi je pense autrement. C'est intéressant, mais... Il y en a par exemple. Oui.

— Quand il était sous tension, etc.

Il était sous tension quand ?

— Au moment de l'épisode avec la baleine.

Le poisson, quand il est englué dans un poisson, et alors ? Il ne devait pas être le plus joyeux du monde.

— C'est vrai, c'est pour ça qu'il ne prophétisait pas à ce moment-là.

Mais pourtant Dieu lui a parlé avant et après.

— Avant et après, oui, pas pendant. D'une manière assez légère, d'une manière assez... dure, vous voyez, alors ?

Mais alors ? Ok, donc ce n'est pas en lien avec la joie, du coup.

— Mais si, c'est en lien avec la joie. Le contenu de la prophétie n'a rien à voir avec la joie.

Par exemple, le prophète Jérémie était tout content au moment de prophétiser, puisqu'il ne pouvait pas prophétiser sans être dans la joie. Mais après avoir reçu le contenu de la prophétie, il était déprimé. D'accord ? Oui.

Alors, cela se discute. En tout cas, Rabbi Yehouda Halevi, dans le Kuzari, dit que les prophètes ne prophétisaient qu'en Erets Israël ou en faveur d'Erets Israël. Il dit: pour elle, vous êtes en elle et pour elle.

— J'ai une question. Vous avez dit qu'il y avait des tentatives de... Ça, on en a parlé la dernière fois.

Oui, on en a parlé la dernière fois.

— Est-ce que c'est un juge qui fait la chaîne de l'air, ou c'est la même chose ?

C'est nous qui faisons. Les juges, ce sont des hommes.

— D'accord, mais donc c'est à nous d'instaurer.

Oui. Alors pourquoi... Ah, il y a deux conditions minimales pour rétablir le Sanhedrin. C'est très facile. Il faut que l'ensemble des rabbins soit d'accord sur une personne. Ce n'est pas difficile: on met un candidat, tout le monde est d'accord, et donc il est sa mort. D'accord ? C'est facile. Il faut mettre d'accord tous les rabbins. Deuxièmement, il faut être du niveau du Sanhedrin, c'est-à-dire être capable de s'y retrouver dans toute la Torah, de nager dans toute la Torah. La deuxième condition est relativement difficile, mais la première est très facile: faire la paix entre les rabbins. …

Cours de Machon Meir

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