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Les bénédictions 4 et 5 de la Amida : demander la connaissance

Pourquoi la quatrième bénédiction commence par une demande, et pourquoi elle débute par « Atah honen » avant de demander.

47 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Akhlanou avinou : pourquoi « Avinou » et « Malkénou » dans la Amida, 56 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

## Rappel: où en est-on dans la prière

Shalom tout le monde. Tu avais une question par rapport au dernier cours ? D'abord, laissez-moi expliquer où on en est. On est dans le sidour. Bon, alors Mélenchon, c'est quoi ta question ?

En fait, quand on a fait la deuxième bracha, on a dit, juste avant, Somekh Noflim. Somekh Noflim, c'est celui qui relève ceux qui sont tombés, celui qui soutient ceux qui tombent. Tous ceux qui tombent. Il n'y a pas de lien avec les neuf limes, je crois. On avait vu, dans les régim, que toute la création est tombante. Si tu veux pousser ça au maximum, toute la création est en chute, d'accord ? Et donc Somekh Hachem relève tout. On dit Somekh Hachem Ech Kol Nefalim.

— J'avais une question sur le cours d'avant, sur ce qui était en lien avec Kreata Metin. Pourquoi ne pas avoir, tout simplement, sauté une ligne, enfin, mis…

La première bracha a pour objet de dire à qui la téfila est adressée. La deuxième bracha vient me dire ce qu'il peut me donner. Ce n'est pas du tout la même chose. C'est donc à celui qui fait tehiyat hamétim que la prière est adressée, d'accord ? Bon. Allez, on peut continuer ?

## La quatrième bénédiction: une demande

Alors nous sommes arrivés à la quatrième bracha. Remarquez une chose importante: à partir de la quatrième bracha, ce sont des demandes. Personnelles ? Pas forcément. Elles peuvent être personnelles ou collectives, il y a un peu de tout. Mais elles sont toutes écrites au pluriel: Honénou, donne-nous.

Ces demandes, personnelles ou collectives, sont l'essentiel de la téfila, c'est-à-dire l'objet même de la prière. Il y a une certaine logique à l'ordre des brachot. Entre autres, elles vont en ordre décroissant d'importance. On avait vu, selon le livre de Rabbi David Abou Dharam, que la connaissance est plus importante que la techouva, qui est plus importante que la Gueoula, qui est plus importante que la guérison, et ainsi de suite, jusqu'à la parnassa. On a vu dans la Guemara que… par rapport au Talmid. Qui s'en souvient ?

Pourquoi y a-t-il dix-huit bénédictions ? L'ordre des bénédictions est basé sur un passage des Téhilim. Pour chaque bracha, il y a un autre verset qui est amené, et qui vient à chaque fois d'ailleurs. Tu parles de la Guemara dans la Méguila ?

Oui, d'accord, mais ça ne marchera pas pour toutes les brachot. Bon, tout d'abord, il y a cet ordre de décroissance d'importance: le plus important, c'est la connaissance. Ensuite, en remontant, on arrive aux brachot collectives, au retour en Israël, à la royauté [malkhout] et au reste. Maintenant, j'ai un petit problème.

La quatrième bénédiction est donc la première à être une demande. Elle devrait commencer comment ? Par une demande. Alors, comment commence-t-elle ? Par une louange. Elle continue à décrire qui est celui à qui la prière est adressée, d'accord ? Ce n'est que plus loin qu'on dit Vehonénou, « et gratifie-nous ».

Mais on devrait commencer par le mot Honénou, comme par exemple Refaénou. Pour Refaénou, on ne dit pas Ata rofé, ou Rofé. On commence tout de suite par demander ce que l'on veut. Tandis que dans Ata honén, on commence d'abord par décrire, et seulement après on dit Vehonénou. Vous avez compris la question ? Vous voulez la réponse ?

Pourquoi est-il obligatoire que le premier mot soit une demande, puisque les bénédictions sont des demandes ? Alors il faut demander. C'est-à-dire que la louange a déjà été dite dans les trois premières bénédictions. Donc, si on passe aux brachot intermédiaires, c'est là qu'on demande.

La Guemara dit: pourquoi faut-il faire la première bracha ? Parce qu'il n'est pas poli de demander sans faire d'abord la louange, n'est-ce pas ? Donc on l'a fait. Si on l'a fait, on peut maintenant faire la demande, d'accord ? Je pense que c'est clair.

Donc pourquoi cela commence-t-il par Ata honén ? Tout simplement parce que pour demander quelque chose, il faut avoir un minimum de connaissance. Si je n'ai pas déjà un point de départ de connaissance, je suis une bête, et donc je ne peux rien demander. Il faut d'abord reconnaître, même quand je viens demander la connaissance, que je ne demande qu'un surplus de connaissance. J'ai déjà un minimum, qui m'a été donné gratuitement au départ: Ata honén le'adam da'at, « Tu donnes gratuitement à l'homme la connaissance ».

Alors, Kadoch Baroukh Hou me dit: « Puisque je t'ai donné gratuitement la connaissance, qu'est-ce que tu viens me demander ? » Je lui dis: « Je viens demander un surplus, Vehonén », d'accord ?

Cela veut dire aussi quelque chose de très important, qui n'est peut-être pas populaire: un homme sans connaissance n'est pas un homme. Ata honén le'adam da'at. C'est en donnant de la connaissance que tu fais de l'homme un homme.

Vous vous rappelez le péché du premier homme: c'était l'arbre de la connaissance. Il aurait dû attendre que cette connaissance lui soit donnée, par l'intervention, par l'initiative de Kadoch Baroukh Hou, et il s'en est emparé lui-même. Mais effectivement, ce que Kadoch Baroukh Hou lui donne, c'est là qu'il reçoit Da'at. Ata honén le'adam da'at.

Qu'est-ce qui manque donc à l'homme ? Da'at, c'est ce qu'il reçoit en tant qu'Adam. Et comment dit-on « homme » en hébreu ? Adam, ou bien ? Enosh. Oui, Enosh. Oumlamed le Enosh… Bina. Qui est Enosh, historiquement parlant ? C'est le fils de Chet, le fils de… d'Adam. Donc c'est le petit-fils d'Adam. Enosh. Et qu'est-ce qui manque à Enosh ? Bina.

Exactement. Ce qui a manqué à Enosh, c'est Bina. Bina, c'est le discernement, faire la différence. Or il n'a pas su faire la différence entre les créatures et le Créateur. C'est pour ça qu'il est tombé dans l'idolâtrie. Donc il faut lui enseigner Bina. Bina et Da'at sont deux compléments.

La Mishna, dans le traité de la Vote, nous dit: Imen da'at en bina, imen bina en da'at. S'il n'y a pas de Da'at, il n'y a pas de Bina; s'il n'y a pas de Bina, il n'y a pas de Da'at. Or, qui a plus de Da'at, l'homme ou la femme ? L'homme, n'est-ce pas ? Parce qu'on dit Nashim da'atan kala, le Da'at chez les femmes est léger. Par contre, qui a plus de Bina ? La femme: Bina yétera natan ba'isha, il y a plus de Bina chez la femme. Conclusion: il faut se marier.

Non, pour avoir l'accord entre Da'at et Bina. Puisque la Mishna nous dit: sans Da'at il n'y a pas de Bina, sans Bina il n'y a pas de Da'at. Donc chacun a besoin de l'autre. C'est pour ça qu'il faut se marier.

— Dans toutes les générations, c'est valable ? Les générations évoluent, il y a peut-être une évolution aussi dans la répartition du Da'at et de la Bina ?

Cours de Machon Meir

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