Guerre et morale : le Manishtana de notre époque
Pourquoi cette guerre diffère des autres : une lutte entre le bien et le mal, et ce que le peuple juif doit en faire.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Le chofar, le souffle originel de la vie, 1 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Shalom tout le monde. Vous connaissez Ma Nichtana ? Oui. Alors, en quoi est-ce différent, n'est-ce pas ? En quoi cette guerre est-elle différente des autres guerres ? C'est le Ma Nichtana des événements actuels. Laura Fartouche m'a demandé de vous parler des événements, et donc je vais vous en parler, tout simplement. Il y a une grande différence, en tout cas au niveau visible, entre...
Quoi, tu veux mettre la clim, c'est ça ? Oui, d'accord, mais dans ce cas-là, pourquoi ne pas mettre la clim ? Oui, c'est une bonne idée, n'est-ce pas ? Bon, c'est tout, pour qu'on ne traite pas de chaleur. On est déjà assez cuits comme ça. Génial. Bon, donc...
En quoi cette guerre était-elle différente ? C'est que toutes les autres guerres, si on est réductionniste, on peut les réduire à des guerres de survie. Nous voulons survivre, et donc nous faisons la guerre pour nous défendre, pour être tranquilles, etc. La guerre actuelle est différente en ce sens qu'elle est une guerre entre le bien et le mal. C'est de cela dont il est question. Alors d'abord, analysons en quoi...
Ceux contre qui nous luttons sont le mal. Vous savez que dans le déchaînement de la barbarie, il y a deux modes possibles. Il y a la barbarie purement sauvage, on la trouve chez les bêtes féroces. Et il y a une autre barbarie, froidement organisée, planifiée, programmée dans des bureaux, avec des statistiques et des modes d'emploi. Qui n'entend pas ?
Les Français, ils n'entendent pas ? Pourquoi ? Ils ont les oreilles bouchées ? Ah, c'est ça, bon. Et donc, comme je disais, il y a deux formes de barbarie: celle qui est purement sauvage et celle qui est froidement organisée. Dans le cas de la confrontation avec nos ennemis actuels, il y a eu les deux à la fois, une conjonction de barbarie sauvage — c'est d'ailleurs insultant, disons, pour les bêtes féroces, de dire qu'ils étaient comme des bêtes féroces, puisqu'ils étaient pires.
Et d'autre part, c'était bien organisé, avec des listes des maisons et des habitants et la manière de s'y retrouver, etc. Donc c'est programmé. Ce genre de conjonction entre la sauvagerie et l'organisation, on ne l'avait pas vu depuis les nazis. D'accord ? Et donc on peut dire qu'il y a ici un comportement extrêmement exceptionnel, qui nous engage à comprendre que nous représentons quelque chose. Alors là, il y a un problème. Il y a un problème de morale.
Un problème de morale: savoir comment on réagit face à la barbarie la plus sauvage. Ça, c'est le problème. Certains vous diront que c'est la même chose que d'habitude. On fait la guerre, on tue ceux qui nous combattent, on épargne ceux qui ne sont pas impliqués dans le conflit, on reste dans les conventions humanitaires.
Nous pourvoyons à la subsistance de la population civile, et on a le calme pour quelques années. Voilà. C'est comme ça que ça a été jusqu'à présent, et c'est ça qui risque, si on ne fait pas ce qu'il faut, de se reproduire. Oui ?
Bien, et le mal, oui. [Question d'un élève inaudible dans la transcription.] Non, toutes les autres guerres aussi ont été entre le bien et le mal, seulement, elles pouvaient être réduites par l'observateur à une guerre simplement de survie. C'est-à-dire que l'ennemi était comme une sorte de catastrophe naturelle contre laquelle il faut se protéger. Ça serait la même chose. Mais là, c'est...
C'est ouvertement conçu comme ça. Tous ceux qui jusqu'à présent pensaient que c'était simplement une guerre de survie se rendent compte que c'est une guerre de type moral. Et donc ça nous engage à quelque chose. Il est probable donc que Akadosh Baruch Hu attende de la part des juifs quelque chose de particulier. Pas seulement Akadosh Baruch Hu, pour tout vous dire. Dans la communauté internationale, de manière diffuse et pas toujours bien formulée, mais ça existe, il y a une attente: savoir ce que Israël va faire.
Ce que le peuple d'Israël va faire, pour une raison très simple: le peuple d'Israël est un phare moral pour l'humanité. Et étant donné que l'humanité est confrontée effectivement à cette violence, parfois de manière, disons, lente, parfois de manière violente, aujourd'hui l'Europe ne sait pas quoi faire face au flot d'islamisation agressive.
Et les États-Unis ne savent pas quoi faire face aux dangers de catastrophes nucléaires de la part de pays comme la Corée du Nord, et tant d'autres choses. Donc les yeux sont tournés vers le peuple juif, pour savoir si le peuple juif a un message particulier, une manière à lui de régler ce genre de conflit. Alors pour bien le comprendre, à mon avis, il est important de revenir aux origines de la violence.
La première fois qu'il y a une violence exercée dans l'histoire des hommes, selon la Torah, c'est l'épisode de Caïn et Hével. Caïn et Hével, génial. Je vois que vous êtes très bien informés. Et donc, c'est quoi, l'histoire de Caïn et Hével ? On l'étudierait d'ailleurs probablement cette année, mais ce que je veux dire, c'est que le texte de la Torah est très long à propos de l'histoire de ce meurtre. Ce n'est pas un ou deux versets: il y a là-bas au moins 15 versets, assez longs, dans lesquels la Torah donne énormément d'informations.
Mais je voudrais m'arrêter sur un seul mot seulement. D'accord ? Si vous voulez bien, un mot suffit. Un mot de la Torah, vous savez ce que c'est, c'est énorme. Il est dit: Et Caïn se leva. Le verset dans son ensemble, c'est comme ça: Et Caïn dit à Hével son frère. Et c'était lorsqu'ils étaient dans le champ.
La formulation du verset n'est pas très claire au niveau de la syntaxe. En tout cas, les Chachamim se sont demandé: s'il s'est levé, c'est qu'il était allongé ou assis. Nous préférons dire qu'il était allongé, étant donné que le contraire d'être debout, c'est d'être couché. Et donc, les Chachamim ont conclu dans les Midrachim que Caïn était allongé.
Où est-ce qu'il était allongé ? Non. Si, bien sûr, c'est dans le champ. Mais il était allongé sous son frère. Oui, c'est-à-dire que Hével, qui était très fort, l'a plaqué au sol. Parce que, quand il a vu que Caïn voulait le tuer, il s'est dit: bon, je vais me défendre. Donc il le jette au sol. À partir de ce moment-là, il est en état de légitime défense, il a le droit de tuer Caïn. Peut-être même le devoir.
Et le Midrach introduit dans la bouche de Caïn les paroles suivantes: Mon frère, si tu me tues, que diras-tu à nos parents ? Alors Hével lâche prise, Caïn se lève et tue Hével. Il faut analyser ce Midrach, qui est très profond, parce qu'il veut dire quoi ? D'abord, il y a plusieurs choses. Tout d'abord, quand Hével entend Caïn employer son discours à lui, celui de Hével, avec les valeurs de Hével, la fraternité et les parents, alors il est persuadé que Caïn a intégré le message, donc il lui fait confiance.
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