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Pourquoi Israël a besoin d'un lieu, d'une terre

Rav Uri Cherki explique pourquoi la terre d'Israël est indispensable à l'identité juive, de la sortie d'Égypte à l'alia d'aujourd'hui.

11 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : Pourquoi l'aveu de la faute fait partie de la techouva, 1 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Bonjour à tous et bienvenue pour une nouvelle émission de la télévision du Machon Meir, diffusée depuis Jérusalem et enregistrée aussi depuis Jérusalem. Nous recevons aujourd'hui le Rav Uri Cherki. Shalom. Shalom.

— Aujourd'hui, on va parler de la terre d'Israël. Depuis la destruction du Second Temple en 70 de l'ère chrétienne, les Juifs dispersés à travers le monde maintiennent leur tradition à travers le temps, c'est-à-dire les fêtes, le Chabbat, les jours de jeûne. Et depuis plus d'un siècle, avec ce mouvement de retour des Juifs sur la terre d'Israël, et surtout depuis l'indépendance de l'État d'Israël, un élément pas nouveau, et de nouveau à Paris plutôt, c'est le lien entre les Juifs et la terre d'Israël. Celle-ci est sainte, et nous avons un comportement particulier à adopter avec elle. Nous avons de nouveau ouvert les livres des lois concernant la terre d'Israël. L'identité juive, Rav Uri Cherki, n'est complète que lorsque l'hébreu s'inscrit à la fois dans le temps mais aussi dans l'espace.

Rav Uri Cherki: C'est très simple. Vous savez qu'il faut de l'histoire et de la géographie, c'est ce qu'on enseigne au lycée, et on a souvent dit que les Juifs avaient trop d'histoire et pas assez de géographie. Effectivement, la géographie, comme vous l'avez si bien dit, c'est l'insertion dans l'espace. Or on a l'habitude de penser que l'espace, c'est le domaine des nations, tandis que le temps serait le domaine d'Israël, si l'on reprend par exemple la thèse d'Abraham Echel dans son livre Les bâtisseurs du temps.

Et en fait, quand on voit le projet tel qu'il est présenté, en tout cas dans le Sefer de la Torah, il est question d'un Créateur du monde qui crée l'humanité pour qu'Israël apparaisse, et que cet Israël qui reçoit la Torah entre en héritage et construise le Beit Hamikdach. Si vous voulez, j'ai résumé de manière très rapide l'ensemble de la Torah. On pourrait donc dire que l'enjeu de la sainteté, c'est justement l'espace. Cela ne veut pas dire que cela soit évident: du pot d'oeufs comme point de

départ, on sait très bien que lorsque les nations accèdent à l'espace, il y a également une chute morale, qui souvent se produit dès l'entrée des parcelles. Mais justement, Israël n'a pas peur de prendre cet espace-là, même s'il a une certaine crainte au moment de commencer. C'est ce que dit le prophète Isaïe: « Alors tu verras, tu illumineras, et ton cœur aura peur au moment de s'ouvrir, au moment de s'élargir. »

Le mot rachav, qui veut dire l'élargissement, est également le nom de la femme qui a reçu les explorateurs au temps de Josué, lorsqu'on entre en Erets Israël. Or cette femme était une femme de mauvaise vie, et cela veut dire qu'il y a toujours un danger dans l'élargissement. Ce qui crée une certaine réticence chez les autorités spirituelles par rapport à cet enjeu.

Mais c'est justement là qu'intervient le problème de la émouna. La émouna, justement, est d'admettre que le Créateur sait ce qu'il fait lorsqu'il nous demande d'entrer en Erets Israël. Il sait également, dès le départ, les chutes morales et spirituelles que cela peut entraîner, et pourtant il a confiance en l'homme. Si Dieu a confiance en l'homme dans sa capacité de sanctifier l'espace, pourquoi l'homme n'aurait-il pas confiance dans le Dieu qui lui a donné ce commandement ?

— Entre le premier et le second Temple, Rav, il y a eu 70 ans d'exil. À la fin, les Juifs ne sont pas montés en masse en Israël. On peut comprendre qu'après 2000 ans d'exil, la question se pose toujours de l'intérêt de faire ça, dire.

Rav Uri Cherki: Écoutez, il faut se demander où se passe l'histoire. L'histoire se passe en Erets Israël aujourd'hui, non pas seulement l'histoire du peuple juif, mais l'histoire du monde entier. Décider de ne pas participer à cette histoire, c'est en fait décider de revivre dans les marges de l'histoire et de manquer l'événement crucial. C'est comme si vous disiez: « Bon, c'est vrai que la sortie d'Égypte, c'est pas mal, c'est même très important, mais j'ai trouvé quand même mon travail et ma synagogue en Égypte, donc je vais rester, avec mes souvenirs, auprès des pyramides. » Mais est-ce que c'est ça que le Créateur attend de son peuple ?

Vous savez, il y a souvent cette idée que l'alyah est très important, mais qu'il faut bien la préparer. Or vous savez qu'au moment de sortir d'Égypte, on ne vous a pas demandé si vous étiez prêts ou pas. On vous a demandé: est-ce que vous venez, ou est-ce que vous ne venez pas ? D'accord ? Ou bien, par exemple, il y a cette idée que l'alyah est très important, mais qu'il faut que ce soit aussi une alyah spirituelle. En fait, c'est mal comprendre ce qu'est Erets Israël. Le fait de faire son alyah est une ascension spirituelle, quel que soit le comportement de celui qui fait son alyah.

Vous allez me dire: oui d'accord, mais on risque de devenir hiloni. Oui, mais vous savez qu'en Golah, vous risquez d'épouser une goya, soit vous, soit votre fils. Donc il faut bien comprendre qu'il y a un moment de l'histoire où l'exil est achevé. Rester en exil, c'est finalement décider de ne plus participer à l'histoire, de ne plus participer au projet du Créateur.

Mais il y a un problème identitaire chez bon nombre de personnes, puisque, de génération en génération, on aurait pu se trouver dans un pays. Il y a donc une certaine attache à une nation, on se sent aussi concerné par l'histoire de la nation dans laquelle on a grandi. Évidemment, vous savez qu'une grande partie des mitsvot sont en souvenir de la sortie d'Égypte, c'est-à-dire que nous portons l'Égypte en nous. Nous portons en nous des traces des exils que nous avons traversés, de même que, par exemple, les noms des mois viennent de Babylone et que notre écriture est assyrienne. Et nous sommes ashkénazes ou séfarades parce que nous avons vécu justement en Allemagne ou en Espagne. Cela veut dire qu'il y a une vocation d'Israël: ramener les traces des 70 nations.

Mais justement, si votre rôle est de ramener ces traces et que vous restez dans le lieu où on les récolte, vous allez en fait contre le projet. Le projet est justement de restituer l'identité humaine originelle, avant son éclatement. Or cela se produit justement dans le retour des différentes communautés juives en Erets Israël. C'est là que se crée, en fait, est en train de se créer, en tant que synthèse, l'unité des différents apports que chacun amène. Si par exemple vous venez de France et que vous avez porté en vous la trace de la civilisation française, vous contribuez, par votre participation, à l'élaboration de quelque chose de nouveau. Si vous restez en France, vous devenez tout simplement français.

Exil ou non, présence divine ou non, la terre d'Israël, en soi, est tout le temps sainte. Disons qu'elle a été élue depuis l'origine du monde. Elle est à l'origine du terreau du monde, disent les prophètes. …

Cours de Machon Meir

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