Confronté à la dure réalité : émotion, volonté et action
Comment passer de la peur et du désespoir à la volonté, puis à l'action, selon la chaîne yedia, dimion, ratson, maassé.
Rav Rony Akrich
Ensuite : DVAR TORAH DES ELEVES 3EME BOUGIE, 1 min
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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.
Chers amis, bonjour, re-bonjour sur la chaîne de la télévision du Machon Meir. Dans ces journées où le deuil, la peine, l'émoi, la frayeur, l'anxiété engagent chacun de nous à une réflexion profonde, à une remise en question, il est bien évident que nous devons essayer de comprendre, surtout lorsque l'information nous approche, lorsque la yédia, c'est-à-dire la connaissance, l'information connue, avec laquelle je me confronte, m'atteint au plus profond de mon être. Je ressens, je sens. Les sentiments m'atteignent, l'émotion me ravage parce que j'ai reçu cette information. Et lorsque l'émotion, le sentiment m'atteint, il me ravage.
Alors, après la yédia et les régachot, il y a le dimion, nous disent nos sages, c'est-à-dire cette imagination, non pas pour simplement rêver, non, bien sûr, mais parce que l'information qui m'est arrivée, qui a généré ces sentiments pluriels, va illustrer dans ma pensée un certain nombre de choses. Il y aura, comme la dernière fois où nous avions parlé des élèves de Rabbi Akiba, une illustration: la reconnaissance du drame et la déflagration qui les atteint en voyant le renard sortir du Temple.
Alors nous sommes confrontés à une réalité, bien entendu, et nous l'illustrons, parce que les sentiments nous atteignent. Alors, illustrer simplement dans la peine et le désespoir. Mes élèves me disaient hier: où fuir ? Entendez-vous ? Où fuir ? Il n'y a pas où fuir.
Dans une comparaison kafkaïenne, nous dirions que, en 68 ans d'existence d'Israël, nous pleurons chacun des 25 000 morts et des milliers de blessés. Mais qu'est-ce à comparer lorsqu'en trois ans, 6 millions de nos hommes, de nos frères, de nos sœurs, de nos parents, de nos enfants ont été exterminés, gazés, brûlés ou fuirs ?
Il faut être capable, bien au-delà du sentiment, de la seule peine, du seul désespoir qui nous atteint. Et je ne critique pas. Carmanes Parver disait que le désespoir chez les Hébreux, c'est l'espoir impatient. Oui, nous sommes impatients de la délivrance. Mais il faut peut-être être de ceux qui chaussent les lunettes de Rabbi Akiba. C'est-à-dire que non seulement dans le dimion, dans l'illustration de l'événement, cette illustration vient me montrer le dommage du présent, la peine que cela provoque et surtout ce désespoir.
Mais il y a aussi cette vision, avec ces lunettes-là, qui me permet non pas seulement de reconnaître la peine, mais de ne pas tomber dans le désespoir. J'ai le droit d'avoir peur, mais la peur n'a pas le droit de devenir la maîtresse de mon être. J'ai le droit d'être en colère, mais je n'ai pas le droit de tomber dans l'œuvre de la haine, bien entendu.
Alors, après, nos sages nous enseignent que vient le moment du ratson, cette volonté. Volonté de quoi ? Vous savez que la volonté, en français, tire son origine dans la velléité, c'est-à-dire le choix possible entre le bien et le mal. La velléité me propose le choix entre le bien et le mal. La volonté devra choisir: ou le bien, ou le mal. Mais il y a plus que la volonté en français. Il y a la volition.
La volition, c'est la capacité que nous avons à réaliser ce que notre volonté a choisi dans la velléité. Ce n'est pas philosophique, croyez-moi. C'est la réalité dans laquelle nous sommes confrontés. Et cette volition m'oblige à réaliser, volontairement, ce que nos sages appellent, après la yédia, les régachot, le dimion, le ratson: le maassé. Qu'allons-nous faire ? Allons-nous rester pantois ? Allons-nous ne rien faire ?
Parce que, emprisonnés dans la peur, dans l'angoisse, dans l'anxiété, dans l'insécurité, ce que nous apprennent nos sages, c'est émouna et bitachon. Émouna, vous m'avez déjà entendu le dire, dont la racine sémantique est Aleph Mem Noun, Amen, Néeman, Emet, comme disent nos sages, c'est-à-dire la confiance, la fidélité, la vérité. Soyons confiants, soyons fidèles à ce à quoi nous croyons.
Soyons de ceux qui veulent affirmer, envers et contre tout, la vérité du projet divin sur terre. Rappelez-vous: chaque fois que l'information m'atteint, je réagis par des sentiments et des émotions.
Cela illustre dans mon imagination soit la crainte et la peur, soit pas seulement la crainte et la peur, mais aussi l'espoir de pouvoir entreprendre quelque chose. Pourquoi ? Parce que je le voudrais par mon ratson, et cela m'amènera automatiquement à devoir agir, à devoir faire. Qu'est-ce que l'homme qui ne saurait que l'étude ? Qu'est-ce que l'homme qui ne saurait que l'étude ? Rien. Absolument rien, si l'étude ne devait pas devenir le maassé, c'est-à-dire l'acte et l'action.
Je vous y engage. Avec nous, à très bientôt. Shalom, shalom.
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