Les cinq parties de l'âme selon le Rambam
Pourquoi l'âme est une matière qui attend sa forme, grâce à la connaissance intellectuelle.
Rav Oury Cherki
Ensuite : Les cinq parties de l'âme selon Maïmonide, 19 min
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Shalom. C'est à nouveau le Chemoné Pérakim de Maïmonide, les huit chapitres, et nous avançons à pas de géant dans le premier chapitre. C'est le chapitre dans lequel Maïmonide nous enseigne les cinq parties de l'âme. Nous avons déjà vu les quatre premières, c'est déjà beaucoup. Nous avons vu la partie nutritive, zan, la partie sensitive, marguish, en hébreu khushim, en hébreu moderne khushim, puis la partie imaginative, medamé.
Et puis la partie émotive, mitoré. Nous passons maintenant à la cinquième partie, la partie intellectuelle, qu'on appelle en hébreu sikhli. Je lis ici: Ve-hélèka sikhli, quant à la partie intellectuelle. C'est-à-dire que l'homme est capable de quelque chose que les animaux ne sont pas capables de faire. Il est capable de réfléchir, de penser. Il existe une pensée humaine qui est particulière. Maïmonide dit ici: c'est la partie particulière à l'homme, au genre humain, qui lui permet d'acquérir une connaissance, qui contient la réflexion, et qui lui permet d'acquérir la sagesse, ou plus précisément les sagesses.
Par elle, il distingue le blâmable du louable dans les actions. C'est-à-dire qu'il s'agit de ce qui est capable de jugement. Le jugement selon lequel telle chose est bonne ou mauvaise appartient à la partie intellectuelle. Voici maintenant les actions de la partie intellectuelle. Il y a une action intellectuelle, et il y a une action intellectuelle abstraite. C'est-à-dire que je peux réfléchir à des choses concrètes, pratiques, et je peux réfléchir à des choses abstraites, philosophiques.
La partie concrète se subdivise elle aussi. Il y a une partie tournée vers le pratique, vers le métier, et une partie qui est dans la pensée. Que veut dire cela ? Il va l'expliquer par la suite. Même lorsque je m'occupe de choses pratiques, il y a deux manières de penser aux choses pratiques. Il y a l'immédiat, et il y a ce qu'on appelle la mise en plan. Par exemple, je veux construire une maison. Je réfléchis à la manière dont cette maison sera construite, à ce à quoi elle ressemblera. Et puis, lorsque je dois construire, il y a une autre réflexion: combien de ciment faut-il mettre, et combien de briques.
Et ça, c'est une autre manière de réfléchir. Quant à la partie abstraite dont nous avons parlé tout à l'heure, ve-iyouni, c'est avec elle que l'homme connaît les choses immuables. Par exemple les anges, les sphères d'en haut, et même la divinité. Connaître Dieu se fait à travers cette partie qu'on appelle iyouni. C'est cette partie-là qu'on appelle sagesse tout court. La partie pratique de la pensée, en revanche, est la force dont on se sert pour apprendre les métiers: la menuiserie, l'agriculture, la médecine, la navigation.
Et la partie de mise en plan, de projection. C'est la force avec laquelle l'homme réfléchit à ce qu'il veut faire: si la chose est faisable ou non, et, s'il veut la faire, comment il faut la faire. Pour Maïmonide, la partie intellectuelle se divise donc en deux grandes branches, maassi et iyouni, c'est-à-dire pratique et abstraite. La partie iyouni, la partie abstraite, nous permet de connaître des choses immuables, entre autres Ribono Shel Olam, le Maître du monde. Dans la partie pratique, maassi, il y a deux parties. L'une s'appelle mélékhet mahchévet, et l'autre mahchavah. Mélékhet mahchévet, c'est ce qui nous permet d'apprendre des métiers pratiques, et mahchavah, c'est ce qui nous permet de faire des prévisions, la partie qui nous permet de prévoir comment agir.
Voilà donc l'ensemble de la partie intellectuelle, sikhli. Nous avons vu les cinq parties de l'âme, et Maïmonide ajoute: voilà ce que nous devons savoir présentement de la nature de l'âme. C'est-à-dire ce que nous devons savoir de la nature de l'âme. Maïmonide n'entre pas dans toutes les considérations autour de la définition de l'âme et de ses différentes parties. Il nous dit ce dont nous avons besoin pour arriver à des conclusions morales. C'est ce que nous avons étudié. C'est-à-dire qu'au niveau de Massékhet Avot, au niveau de l'enseignement moral des hakhamim et de l'enseignement moral en général, il est nécessaire de savoir ce que nous avons étudié jusqu'à présent.
À savoir, tout d'abord, que l'âme est une, qu'elle a différentes actions, que nous parlons ici de l'âme humaine et non pas de l'âme animale, et que dans l'âme humaine il y a cinq parties: le zan, le marguish, le medamé, le mitoré et le sikhli, la partie nutritive, la partie sensitive, la partie imaginative, la partie émotive et la partie intellectuelle. Voilà ce qu'il faut savoir. À quoi cela va-t-il nous servir ? Il faudra étudier la suite du livre pour le savoir. Mais c'est ainsi que cela commence.
Et là, nous avons un petit paragraphe extrêmement important. Jusqu'à présent, nous avons appris que l'âme était une. On peut donc imaginer que, si on vous pose la question à ce stade de l'étude, combien d'âmes y a-t-il en l'homme selon Maïmonide, la réponse sera: une. Et là, nous allons brusquement apprendre qu'il y en a une deuxième, dont Maïmonide n'a pas parlé jusqu'à présent. Nous allons la voir.
Sache que cette âme unique, c'est-à-dire qui est une dans sa nature, dont nous avons exposé les forces et les parties, est comme une matière, c'est-à-dire comme un substrat, et que l'intellect est sa forme. Que veut dire cela ? On peut à nouveau se tromper à cause de l'hébreu. Il y a ici le mot sekhel, qui signifie l'intellect, à ne pas confondre avec la cinquième partie qu'on appelle sikhli. Le sikhli, c'est la partie intellectuelle, mais ce n'est pas l'intellect. Qu'est-ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu'il y a dans l'âme humaine ce qu'on appelle une capacité d'apprendre des choses. C'est la force intellectuelle. Mais les choses elles-mêmes que l'on apprend grâce à l'intelligence sont autre chose.
Cela, c'est ce qu'on appelle l'élément éternel qui s'introduit dans l'âme humaine, ce qu'on appelle l'intellect. Chez les philosophes, on disait même l'intellect actif. Peu importe comment cela s'appelle. En hébreu ancien, il y a donc dans l'homme deux parties: une partie qui est naturelle, à laquelle appartient par exemple la force intellectuelle, le sikhli, et puis une autre partie, qui est éternelle, qu'on pourrait dire divine, et qui habite l'homme.
Cette partie-là, qu'on appelle souvent nechama, bien que ce ne soit pas la terminologie employée par Maïmonide, est la partie éternelle de l'homme. Or, cette partie éternelle, il faut, d'après Maïmonide, la mériter. Il faut faire des efforts. On peut dire que tout ce que nous avons en nous, le nefesh, qui possède ces cinq parties, est comme une matière. Mais cette matière attend d'être formée par une forme. Matière et forme sont des notions tirées de la philosophie d'Aristote. C'est comme si l'on disait le potentiel et l'acte.
Tant que je n'ai que mes cinq forces qui composent mon nefesh, je suis quelque chose de potentiel. Imaginez par exemple que je sois doué d'un corps très grand, que je mesure 1,97 m. Ce n'est pas le cas, mais enfin, imaginez. On me dit alors: tu peux être un bon joueur de basket. C'est possible, mais si je ne fais rien pour …
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