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Gadol, Gibor, Nora : les attributs de Hachem

Le sens de Gadol, Gibor et Nora, et pourquoi Hachem est à la fois infini et retiré.

55 min

Rav Oury Cherki

Ensuite : La deuxième bénédiction de l'Amida : Mehayé HaMétim, 59 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Je crois que c'est là-bas que nous sommes arrivés. Et les Lyon. Et les Lyon, oui. Pourquoi tu arrives en retard au cours ? Raconte ça au directeur. Bon, où est-ce qu'on en était ? Oui, c'est ça, Gadol, Gibor et Nora, et les Lyon.

J'avais commencé à m'arrêter un peu sur Gadol, Gibor et Nora. J'avais rappelé Yirmiyahou et tous ces machins-là. Vous vous rappelez ? Non ? C'est trois mois... Disons que tu t'en rappelles. Oui. Dans la Torah, Moshé dit: Haël haGadol, haGibor vehaNora. Il le dit dans le livre de Devarim, dans son discours avant son décès. Et l'expression employée par Moshé, c'est celle-là.

Ce qui veut dire: l'Éternel, votre Dieu, il est le Dieu des dieux et le Maître des maîtres, le Dieu grand, vaillant et redoutable. Alors, c'est quoi cette histoire ? L'Éternel, votre Dieu, Hachem Elohékhem, qui est ce « votre » auquel il s'adresse ? Am Israël, d'accord ? Sur le Pchat.

Ce n'est pas l'option du Rambam, mais disons que selon le Pchat, il s'adresse au peuple d'Israël. Et quand il dit au peuple d'Israël Hachem Elohékhem, Hou Elohé haélohim, il est le Dieu des dieux. Chez qui ? Chez les goyim. Ça veut dire qu'en fait, il y a une différence entre l'expression Elohékhem, c'est-à-dire la relation directe de la providence envers le peuple d'Israël, et la manière dont cette providence est exercée.

Chez les goyim, ça se passe par des intermédiaires. C'est pour ça qu'il dit: celui qui est votre Dieu directement, il est chez les nations, Elohé haélohim; il va donner à Adonim, le Dieu des dieux et le Maître des maîtres. Jusque-là, vous suivez ? Bon. Après, il rajoute: Haël haGadol haGibor vehaNora, celui qui est grand, vaillant et redoutable. Ce qui veut dire qu'il est grand, vaillant et redoutable à la fois. C'est-à-dire que ce qui se révèle, c'est l'unité des valeurs.

Le même Dieu qui est grand est à la fois vaillant, et à la fois redoutable. C'est là qu'il faut un peu comprendre ce que veut dire le mot Gadol. Gadol, ça veut dire grand. Est-ce que vous pouvez m'expliquer ce que c'est que grand ?

— C'est pas petit.

D'accord, mais j'ai un problème avec ta réponse. Tout grand est plus petit qu'un plus grand. C'est-à-dire qu'un mètre est plus grand que 50 centimètres, mais il est plus petit que... un mètre réduit. Donc l'expression « grand », quand tu dis que c'est le contraire du petit, ce n'est jamais vrai, parce que tout grand est à la fois petit, puisqu'il existe plus grand que lui.

— Le plus grand.

Le plus grand. C'est quoi le plus grand ?

— L'infini.

L'infini. Donc l'expression Gadol, quand elle est employée envers Akadosh Baruch Hou, signifie l'infini.

— Je pensais que l'infini, c'était trop...

On ne peut même pas dire qu'il est infini, parce que ça serait le limiter. Tu as tout à fait raison. Donc effectivement, le fait même d'employer des termes est un problème. La Guemara en parle, on va y arriver.

Gibor, vaillant. Quelle est la définition donnée par les Hakhamim de Gibor ? L'expression des Hakhamim dans la Mishna: Ezehou gibor ? Qui est le gibor ? Celui qui domine ses instincts, Kovesh et Yetzro. Celui qui surmonte son être. Pas forcément le mauvais.

Celui qui arrive à se dominer. Donc si je dis que Dieu est Gibor, ça veut dire qu'il domine son instinct. Quel est l'instinct qu'Akadosh Baruch Hou doit dominer ? Pourquoi « nous détruire » ? Qu'est-ce qu'on a fait de mal ? Tout simplement: l'infini ne laisse de place à personne. Si l'infini est véritablement infini, il est absolu. Il n'y a de place pour personne d'autre.

Donc le fait même que Dieu ait créé le monde, c'est une manière pour lui d'être Gibor. Il donne la place à un autre, donc il se retire. Donc il est plus infini. Gibor, ça veut dire le plus petit absolument. Si Gadol veut dire l'infini, et que Gibor est la négation de l'infini, alors si Gadol est le plus grand, Gibor est le plus petit. Donc c'est fini ?

— Plus que fini.

C'est infiniment petit. C'est un point.

— Oui, mais c'est le contraire.

C'est possible, mais c'est le contraire, en effet. C'est-à-dire que si Dieu est infini, il n'y a de place pour personne d'autre; s'il est Gibor, il laisse la place à l'autre, et donc il n'est pas infini. Donc il est tout à la fois: Gadol et Gibor en même temps.

— Hein ?

Exactement.

Et maintenant, qu'en est-il de Nora ? En quoi Dieu est-il Nora ? Il fait l'équilibre entre les deux: l'équilibre entre l'infiniment grand et l'infiniment petit. Et cela se révèle à travers nos trois patriarches, Abraham, Yitshak et Yaakov. Ce que révèle Abraham, c'est l'infinité du Créateur; Yitshak révèle son retrait infini; et Yaakov, le fait qu'il est les deux à la fois.

Donc Gadol, Gibor et Nora, ce sont les extrémités de l'entendement humain.

— Quoi ?

Oui. Bon. Maintenant, la Guemara dit que Moshé a dit Gadol, Gibor et Nora, et puis Yirmiyahou, le prophète, quand il a vu que les assiégeants de Jérusalem allaient bientôt rentrer dans la ville, a dit Haël haGadol vehaGibor. Il n'a pas dit Nora.

Il dit pourquoi ? Parce que si ses ennemis peuvent rentrer dans son sanctuaire, il n'est plus redoutable. C'est quoi, « vouli » ?

— Vouli, ça veut dire ?

Ah, Gvouli... ah, G... d'accord. Oui, bon.

Maintenant, quand Daniel a fait la prière à Babel, il dit Haël haGadol vehaNora. Il ne dit pas Gibor. La Guemara dit pourquoi ? Parce que ses enfants sont dispersés parmi les nations, donc il n'est plus Gibor. C'est ça le grand problème.

Après, il y a eu le retour au temps d'Ezra, et les hommes de la Grande Assemblée, Anshé Knesset Haguedola, ont fait une grande prière dans laquelle ils ont dit que Dieu était Gadol, Gibor, Nora. Pourquoi ? Parce qu'il dit: si une brebis a tenu au milieu de 70 loups, grand est le berger qui l'a sauvée. Donc on pouvait penser qu'il fallait supprimer le mot Gadol. Mais les Anshé Knesset Haguedola n'ont pas supprimé le mot Gadol; ils sont entrés dans la profondeur des choses.

Et donc ils ont redit Gadol, Gibor et Nora. La Guemara, dans le traité Bérakhot et dans le traité Méguila, dit que si ce n'était que Moshé a employé cette expression, et que les Anshé Knesset Haguedola l'ont eux aussi employée, on ne pourrait même pas la dire dans la prière. Parce qu'on ne peut pas employer des mots pour parler de Dieu, comme tu l'as si bien dit.

Et pourtant, comme Moshé et les Anshé Knesset Haguedola l'ont dit, on peut le dire. Alors, j'ai un paquet de questions sur ce que je viens de dire. Première question: pourquoi est-ce que Moshé se permet de le dire ? Gadol, Gibor et Nora. Réponse: non, c'est lui qui le dit, et après Dieu lui dit: tu as bien parlé, écris ça dans la …

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