Pourquoi la Tefila se fait debout et dans le jugement
La Mishna Berakhot : la prière ne se fait qu'à certaines conditions, et l'expression « covedroche » expliquée par Rachi.
Rav Oury Cherki
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Nous avons donc la photocopie d'une page du Masséhet Berakhot qui concerne la tefila, puisque notre étude porte sur la tefila. Nous allons donc voir ce texte. Comme vous voyez, dans la partie basse du texte, vous avez la Mishna: Ein omdin lehitpalel, n'est-ce pas ? Ein omdin lehitpalel. C'est fini là-bas ? Bon.
On ne se lève pour la prière que dans certaines conditions. Cela veut dire quelque chose. Quand on dit ein omdin, cela veut dire que la tefila ne se fait que dans certaines conditions, et que si ces conditions ne sont pas réalisées, la prière est interdite.
Je disais que si la Mishna dit « on ne fait la prière que », cela veut donc dire qu'il y a certaines conditions nécessaires à la tefila, et que si les conditions ne sont pas remplies, la tefila est interdite. Est-ce bien clair ? D'accord ?
Contrairement à l'opinion selon laquelle la prière est un processus naturel et en fait obligatoire, la tefila est au contraire autorisée dans certaines conditions. D'accord ? Si les conditions ne sont pas remplies, on ne peut pas faire la tefila, quelles que soient les conditions en question.
À part cela, regardez le deuxième mot. Après ein, vous avez le mot omdin, puis lehitpalel. C'est-à-dire qu'on se lève, que la prière se fait debout. N'est-ce pas ? Pourquoi se fait-elle debout ? Il y a une autre situation dans la vie où l'on doit se tenir debout: quand on se fait juger. Exactement. Quand on est accusé, on se lève. Cela veut donc dire qu'il y a un rapport entre la prière et le jugement.
Comment dit-on prier en hébreu ? Lehitpalel. D'ailleurs, c'est même le troisième mot de la Mishna: ein omdin lehitpalel. Quelle est la racine grammaticale de lehitpalel ? Palal, qui veut dire juger, jugement. Lehitpalel, c'est donc se mettre en jugement. Parce que nous avons défini la prière comme une demande: si je demande, je suis jugé pour savoir si je le mérite ou non. Je me mets donc en jugement du fait même de la prière. Lehitpalel, c'est là-dessus. Oui ?
— Est-ce que tu étais présent dans les derniers cours sur la tefila ? Nous en avons donné une définition. Laquelle ?
— Non, demandée. Et je crois que c'est la… Il me semble que nous avons expliqué, je ne vais pas le refaire, je vais le faire maintenant, que le texte du rituel dans lequel on demande, c'est la Amida. C'est-à-dire que lorsque les Hachamim disent dans la Mishna le mot tefila, dans 95 % des cas il s'agit de la Amida. D'accord ?
Il y a des cas exceptionnels, mais en principe la prière se fait au moment de la Amida, et non pas ce qui vient avant ni ce qui vient après.
— Oui, c'est se mettre en situation de jugement.
Cache-toi. Donc on ne se lève pour la prière que dans… Alors là, l'expression devient très difficile.
C'est-à-dire de l'intériorité, kovèd rosh, la lourdeur de tête. Qu'est-ce que la lourdeur ? La lourdeur, ça je connais, mais la lourdeur de tête ? Non, qu'est-ce que c'est que la lourdeur de tête ? Kovèd rosh, je crois qu'il y a… Ah non, ce n'est pas pour répondre. Non, non, la réponse, c'est moi qui la donne. Le mot kovèd en hébreu moderne signifie sérieux. Quand on dit qu'il faut voir cela sérieusement, on dit kovèd. L'expression vient de là.
Mais ce n'est pas exactement ce que cela signifie dans la Mishna. Essayons donc de voir ce que dit Rashi. Quand un mot n'est pas clair, on regarde dans Rashi. Que dit Rashi ? Vous avez devant vous, dans la colonne de gauche, il est écrit kovèd rosh. Que dit Rashi ? Hakhna'a. Hakhna'a veut dire en hébreu soumission. Cela signifie que la prière se fait dans un état de soumission. Pourquoi la soumission ? C'est très simple: demander quelque chose, c'est être en situation de manque. Il me manque quelque chose. Ce manque me met dans un état inférieur à celui de la plénitude. Quand ce que je veux, je l'ai, je suis mieux; quand ce que je veux, je ne l'ai pas, je suis moins bien. Cette situation est donc une situation d'infériorité par rapport à l'état idéal.
C'est ça, hakhna'a. Je suis donc en situation de soumission. Le problème, c'est que c'est très joli, ce que dit Rashi, mais c'est insuffisant. Pourquoi ? Parce que la soumission, on peut y accéder par de nombreuses voies, et donc ce n'est pas très clair, pour l'instant, ce que dit ici la Mishna.
La Mishna ajoute que les hassidim harishonim s'installaient pendant une heure et priaient. La Guemara nous dit que non seulement ils avaient une heure de préparation, mais aussi une heure de prière et une heure pour redescendre. Et comme on fait la tefila trois fois par jour, ils consacraient donc neuf heures par jour à la tefila. Question de la Guemara: quand est-ce qu'ils étudiaient et quand est-ce qu'ils gagnaient leur vie ? D'accord ?
Il y a ici deux problèmes: il faut pouvoir étudier, il faut pouvoir gagner sa vie. Quand le faisaient-ils ? D'accord ? Question de la Guemara, qu'est-ce qu'il y a ?
— Oui.
— Et même si c'est deux fois par jour, c'est énorme. D'accord ? Et pourquoi faisaient-ils cela ? La Mishna nous dit: « Qu'ils orientent leur cœur vers leur Père qui est aux cieux. »
Cela a de quoi orienter leur cœur vers leur Père qui est aux cieux. Reprise par les chrétiens, évidemment, mais l'origine vient de chez nous. D'ailleurs, dans les prières de Kippour, on dit Avinou Chebachamayim. D'ailleurs, dans la bénédiction pour la prière pour l'État d'Israël, cela commence aussi par Avinou Chebachamayim. Donc ce n'est pas du tout chrétien, ce sont les chrétiens qui l'ont pris. D'accord ?
— Dans quoi ?
Oui, bien sûr. Mais là aussi, c'est un chapitre de Berakhot. C'est ce que nous lisons: nous lisons ici une Mishna dans Berakhot. Donc, de toute évidence, c'est dans la Mishna de Berakhot. D'accord. Bon, oui. Donc ils orientent leur cœur vers leur Père qui est aux cieux. C'est bizarre, parce qu'orienter son cœur veut dire que j'ai oublié. J'ai oublié mon Père qui est au ciel, et là on me dit: « Ah non, non, souviens-toi de lui. »
Et combien de temps cela doit-il prendre ? Une heure. Et à qui dit-on cela ? Aux hassidim. Mais les hassidim, je suppose que ce qu'ils ont dans la tête, c'est le Bon Dieu. Alors pourquoi ont-ils besoin d'une heure ? Je sais que nous, qui ne sommes pas des hassidim harishonim, en général la préparation à la tefila demande trois secondes et quart, et dans certains cas six secondes. Et Chemah Israël, combien de temps cela prend-il ?
— Pour ceux qui le disent, d'accord ?
Pas énorme. Et eux, ils ont besoin d'une heure. C'est quelque chose d'absolument inconcevable. Ce que dit la Mishna semble a priori absolument absurde. Apprenez une chose: quand vous étudiez un texte, il faut toujours vous demander si c'est …
Cours de Machon Meir
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