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Orot : les trois forces de la nation, Kodesh, Uma, Enoshihut

Le Rav Kook y montre comment religion, état-nation et humanisme doivent se compléter dans la vie du peuple revenu sur sa terre.

23 min

Rav Rony Akrich

Ensuite : Le Rav Kook et la place de l'homme dans le cosmos, 10 min

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Début du cours, mis en texte automatiquement d'après l'enregistrement : des erreurs sont possibles, surtout sur les mots hébreux.

Nous avons choisi aujourd'hui de parler de ce texte du Rav Kook dans Orot HaTechiya, les Lumières de la Renaissance, au chapitre 18 qui s'intitule Shloshet HaKochot HaMerkazim, ces trois forces principales de l'Ouma israélite qui sont en mouvement au sein de la nation d'Israël. Trois forces que le Rav intitule de cette manière: Kodesh, Uma et Enoshiout.

Si je traduis en français, mon cher Yoël, je dirais « sainteté ». Mais ce n'est pas la véritable traduction, dans le sens où nous voulons parler des mouvements de l'histoire au sein du microcosme de l'homme, comme du macrocosme de la nation. Alors nous dirons « Kodesh » la religion, nous dirons « Uma » l'État-nation, et nous dirons « Enoshiout » nous parlerons de l'humanisme, dans cet universalisme, ou l'universalisme dans cet humanisme.

Enfin, ce sont ces trois forces dont le Rav parle. Il y a ici, bien évidemment, dans la leçon du Rav, dans un texte écrit il y a presque 100 ans, une volonté de nous faire entendre que ces forces existent bien, qu'elles sont disparates, il est vrai, mais qu'elles ne peuvent avoir de viabilité foncière.

Si elles ne se rencontrent pas, je dirais même plus, que se rencontrer. Premièrement, en amont, prendre conscience qu'elles ont une seule et même origine. Et deuxièmement, en aval, essayer de comprendre qu'il y a là une nécessaire liberté pour l'ensemble de ces forces à devoir se réunir, se rassembler pour pouvoir faire valoir cette singularité qu'il y a dans le pluriel de la religion, de l'humanisme universaliste et de l'État-nation. C'est-à-dire que chacune de ces forces est un véritable sucre pour la meilleure digestion, dirais-je, de l'histoire à venir.

— Tout à fait, mon cher Rony. Avec cette introduction magistrale, tu as raison de dire une chose importante, que nos téléspectateurs doivent savoir: il s'agit en réalité du peuple lorsqu'il revient sur sa terre. C'est-à-dire que ces trois forces, certes, existent en potentiel dans la nation d'Israël, mais, étant donné que cette nation ne peut se révéler que lorsqu'elle est réellement sur sa terre, ces trois forces sont en réalité une guerre intérieure, une confrontation au sein du peuple revenu sur sa terre pour savoir vivre en tant que nation, en insérant ces trois degrés. C'est-à-dire le côté que je dirais la droite aujourd'hui, avec les termes d'aujourd'hui, la gauche et la centralité. La droite va être le côté individualiste, la gauche va être le côté universel, et la centralité va être en réalité le degré de la Torah.

Tu vois, j'ai pris exactement les termes du Rav, mais je les ai transformés pour qu'ils soient un petit peu plus compréhensibles à nos téléspectateurs aujourd'hui. On peut leur dire qu'il y avait deux forces ici présentes et que l'une est venue être le complément de l'autre. C'est bien ce dont nous voulons parler.

Tout à fait, puisque le texte du Rav, qui est assez long, se termine dans la capacité de faire ce qu'on appelle en hébreu une hachlama, c'est-à-dire compléter les uns les autres, sans perdre son identité. C'est-à-dire que si j'ai des idées qui sont X, je ne dois pas pour autant perdre mes idées pour plaire à celui qui n'a pas les mêmes idées que moi. Je dois défendre, d'ailleurs le Rav définit cette puissance comme une guerre, milhama.

Il y a une réelle guerre. Autrement dit, je ne dois pas perdre, je ne dois pas faiblir lorsque j'ai une façon à moi d'appréhender mon judaïsme, tout en respectant, bien entendu, la liberté d'expression, de différentes expressions, puisque tout vient de l'unité divine.

Mais lorsqu'elle se dévoile, cette unité, dans la pluralité de la création, je dois savoir que tu es légitime, comme moi je suis légitime, et comme je ne contiens pas le tout, et toi non plus tu ne contiens pas le tout, nous nous complétons. Et cette complétude, c'est le chalom. Talmidei ḥakhamim marbim chalom baolam: les sages, ce sont ceux qui savent se compléter les uns les autres dans le savoir de la Torah et dans l'accès à l'infini, à l'absolu dans ce monde-là.

— Si je te suis bien, il serait nécessaire pour nos téléspectateurs de prendre chacune de ces forces et d'essayer, toi et moi ensemble, chacun dans un domaine qui lui est plus proche, de comprendre ce dont on parle. Religion, humanisme, universalisme, nation, État-nation: des sujets qui sont quand même les titres de chapitres de nombre d'ouvrages philosophiques, depuis le siècle des Lumières jusqu'à nos jours. On traite de ces sujets parce que, comme je le disais précédemment, ils font partie de l'homme à part entière, comme ils font partie de la société humaine à part entière.

Alors prenons le premier. Si les uns et les autres tentent à se combattre, parce que chacun, en fin de compte, voulant faire référence, voudrait affirmer qu'il est l'unique et l'essentiel. Prenons par exemple: est-ce que la religion, si elle ne comprend pas, ou si elle pouvait le comprendre en tout cas, serait à même de donner un sens plus grand à l'État-nation, à l'humanisme, en essayant de comprendre d'abord ce que la religion est venue faire dans le monde ?

Le Rav ne l'appelle pas religion, il ne l'appelle pas dat, il l'appelle Kodesh. Donc je parle de religion parce que je traduis en français. La traduction de Kodesh, c'est « sainte », nous l'avions dit dans ce studio. Même selon l'ésotérisme de nos sages, il est question d'esprit de la vie, Ruah Ḥayim, d'esprit de la vie dans le Kodesh. Mais en quoi la formule « religion » est-elle venue être un pas qui blesserait autant les humanistes que les étatistes et les nationalistes ?

On croit. D'abord la définition. Je pense que le Kodesh ne doit pas être traduit comme la sainteté, car la sainteté, c'est la kedousha. Le Kodesh, c'est la source. C'est le Saint béni soit-Il. C'est-à-dire que le Saint béni soit-Il, l'Absolu, crée ce monde. Lorsqu'Il se dévoile dans ce monde, Il emprunte tous les éléments qui sont dans ce monde. Et les éléments qui sont dans ce monde sont des éléments disparates, parce que la création est telle que tous les éléments sont disparates. C'est-à-dire que nous sommes dans une multitude de détails.

Et si je m'arrête seulement au genre humain, le genre humain se présente, comme dit l'Aggada, de la même manière que leurs visages sont différents les uns des autres: leurs idées, leurs idéaux apparaissent d'une manière différente. Et moi, toute la force qui... Je répète un petit peu ce que j'ai dit tout à l'heure. Lorsque nous étions dans cette période de l'exil, nous n'avions pas ce genre de problème. Pourquoi ? Parce qu'en réalité, nous n'étions occupés qu'à la survie, à une seule chose: survivre, même pas vivre, puisque la nation est considérée comme morte pendant l'exil d'après les prophètes.

La résurrection sur notre terre, la résurrection des morts, c'est le retour sur notre terre, nous fait en réalité confronter différents aspects du même absolu. C'est-à-dire que lorsque l'absolu descend dans ce monde et se véhicule dans ce monde par les différentes formes humaines qui existent, qu'Il a créées Lui-même, il faut …

Cours de Machon Meir

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