Le Rav Kook et la place de l'homme dans le cosmos
Comment l'esprit relie l'homme au processus d'amélioration du monde, à travers la volonté et le choix.
Rav Rony Akrich
Ensuite : L'homme, partie du cosmos selon le Rav Kook, 8 min
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Chers amis, Shalom, Boker Tov à nos chers téléspectateurs de la télévision du Machon Meir. Nous allons, pendant un certain temps, essayer de partir à la rencontre de nous-mêmes, de notre raison d'être, ou plutôt de notre devoir d'être, à travers la littérature essentielle du Rav Abraham Yitzhak HaCohen Kook, zikhrono livrakha.
Et puis aussi de notre maître disparu. C'est un hommage à sa mémoire que je voudrais faire au professeur Binyamin Gross, zikhrono livrakha, disparu il y a quelques semaines. Voilà, nous allons essayer de parler de l'homme, de ce que nous sommes. Et comme je vous le disais en introduction, surtout, non seulement de l'être, mais du devoir-être.
L'homme, dit le Rav Kook, à plusieurs reprises, non seulement dans son Orot HaTechouva, Les Lumières du Repentir, si connu comme littérature, mais dans l'ensemble de son œuvre, nous pouvons retrouver ce genre de propos, qui dit que l'homme fait partie du cosmos.
Lorsque nous employons le mot cosmos, il faut savoir de quoi nous parlons, car bien sûr, cela nous ramène à un nombre d'auteurs antiques, philosophiques. Le cosmos, qui servira, entre parenthèses, à créer ce terme de cosmétique, bien entendu, vient nous faire entendre l'harmonie. C'est-à-dire comment chaque chose est à sa place. Et comme chaque chose est à sa place, nous parlons d'harmonie, et dans le langage grec, de ce cosmos-là. L'homme fait partie, tout ou partie, de ce cosmos-là. Le Rav dit qu'il a un rôle singulier à l'intérieur de cela.
D'ailleurs, c'est le propre de ce que nous appelons et considérons comme étant harmonieux. C'est-à-dire que l'ensemble des éléments qui composent quelque chose, que ce soit une œuvre littéraire, une œuvre symphonique, un tableau, l'ensemble des parties, aussi singulières soient-elles, lorsqu'elles sont en pleine complétude de ce qui existe, nous obtenons un tableau, une œuvre, une symphonie. Et dans notre cas précis, l'homme, et chaque homme, chaque peuple bien entendu, fait ici tout ou partie de cet ensemble à travers sa propre singularité.
C'est donc qu'il y a chez l'homme un rapport, non seulement par rapport à ce qu'il est lui, dit le Rav, dans son rôle particulier bien entendu, mais aussi, bien évidemment, par rapport à l'ensemble. Et cela, comme nous le disions il y a un instant, l'homme fait pleinement partie de ce cosmos.
Comment est-il conscient de ce lien ? Par un élément essentiel de ce que l'homme est: l'esprit. Et cet esprit, bien entendu, est ici celui qui permet de prendre conscience et connaissance de ce processus cosmique. C'est-à-dire que le processus dans lequel nous sommes, en tant qu'individus, mais aussi en tant que faisant partie de cet ensemble, est quelque chose de perfectible, c'est-à-dire quelque chose qui aspire au bien, au bon, à la vérité. Si cela vous rappelle une partie, ou toute, ou partie de ce que certains appelleront les théories de l'évolution, sans parler des éléments matériels de cette évolution, il s'agit de l'événement spirituel: en ce qui concerne l'événement, c'est-à-dire que l'Éternel améliore ce monde, et permet à ce monde de continuer d'être et de devenir perpétuellement.
Comment le Rav Kook définit-il l'essence du monde ? Il la définit comme volonté générale. La volonté est quelque chose d'essentiel. C'est parce que la volonté divine est telle, dans ce « Chidushma Seberechit », que cette volonté appartient également à l'homme dans son devenir, dans ce à quoi il aspire, nous le rappelions: le bon, le bien et le vrai.
Il y a là, dans cette volonté générale qui définit l'essence du monde, quelque chose qui appartient à l'homme aussi, dans cette volonté de devoir choisir. Car avant la volonté, il y a ce que nous appelons la velléité, le devoir de choisir entre le bien et le mal, entre l'obscur et ce qui est clair, limpide, cristallin.
Eh bien, cette volonté de choisir s'appelle, à travers le choix qui nous est donné, la velléité: le vouloir vient choisir dans cette velléité. Mais il y a la troisième étape, qui est l'abolition, un mot barbare peut-être, mais qui vient nous faire entendre qu'après avoir eu la volonté de choisir entre le bien et le mal, j'ai la volonté de réaliser, de concrétiser le choix qui fut le mien.
Et dans ce choix essentiel, il y a cette volonté qui ne se départ pas de l'homme, et qui est que l'homme est à la recherche foncière de cette amélioration, de ce processus d'évolution perfectible à jamais.
Qu'est-ce que cela vient nous dire ? Prenez par exemple le chemin qui nous emmène, en hébreu derekh, le chemin de Hachem, le chemin de Erets. Ce n'est pas seulement le moyen d'aller d'un point à un autre, c'est aussi le but.
Sur ce chemin-là, il n'y a pas de chemin sans pas, c'est-à-dire sans étape. Et malgré que j'ai conscience qu'il y a un but, il faut que je sois tout aussi conscient du développement, de l'évolution, du processus qui m'emmène vers ce but. C'est-à-dire que dans chacun de mes pas, je dois être capable de rencontrer, de retrouver, de ressentir en mon âme et conscience qu'il y a un tant soit peu du but.
Cela nous évite tout fatalisme, tout pessimisme. Rappelez-vous, dans la Haggada de Pessa'h, la fin de Ayenu: si tu nous avais pris de tel endroit et nous avais amenés à tel endroit, cela nous aurait suffi. Pourquoi ? Tout simplement parce qu'il y a dans le pas généré, dans l'étape générée, tout autant de ce but vers lequel nous allons.
Alors, nul désespoir. Un processus, une évolution perpétuelle vers le bon, vers le bien, vers le vrai, parce que l'homme est à la recherche, dans ce déroulement de son histoire personnelle et collective, vers ce cosmos, c'est-à-dire vers cette harmonie de la création. Ce que nous aspirons tous à entendre dans un monde aussi cacophonique que le nôtre, nous restons persuadés d'être capables de le générer, et de pouvoir entendre un jour l'harmonie du monde, notre harmonie, l'harmonie de la création.
À bientôt. Tadaraba. Il y a quelqu'un qui est là ? Qu'est-ce qu'il fait là ? Yoël ? Ah, il est parti. C'était pas trop compliqué ? Ça a été ? Parce que j'essaye d'être simple, mais... Ah oui, mais il disparaît.
Il faut que j'appuie ? Tu appuies sur début quand vous commencez. Il va s'assombrir, mais il ne va pas descendre.
L'ensemble de notre étude, chers amis, et nous sommes heureux de vous retrouver sur la télévision du Machon Meir, porte sur l'enseignement du Rav Kook de manière générale, et à travers cet enseignement, sur les propos tenus par le professeur Binyamin Gross, zikhrono livrakha.
Quel lien unit ici profondément, dit le Rav, l'esprit et la vie ? Cet esprit et cette vie sont associés dans une psychologie humaine elle-même, insérée dans le processus dont nous parlions précédemment, c'est-à-dire ce processus cosmique, c'est-à-dire la recherche, non pas tendancieuse, mais volontaire, volontariste, de cette harmonie.
Lorsque la vie se dénude de sa conscience, c'est-à-dire de son esprit, de sa réflexion, ce vécu-là atteint des degrés inférieurs. Lorsqu'il y a cette gradation entre le minéral, le végétal, l'animal, l'homme de parole, ou selon Rabbi Yehouda Halevi, l'homme prophétique, il …
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